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Des plantes et des bêtes : D’un pôle à l’autre

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Des plantes et des bêtes : D’un pôle à l’autre

Les ours.Si l’on mettait un ours en Antarctique, est-ce qu’il survivrait ? Et des manchots survivraient-ils dans l’Arctique ?

Des ours blancs survivraient probablement en Antarctique, et tout autour de l’océan Austral, mais ils y détruiraient la faune sauvage. Dans l’Arctique, les ours blancs se nourrissent essentiellement de phoques, surtout des bébés nés sur les plages ou la banquise. De nombreuses différences observées chez les phoques de l’Arctique et de l’Antarctique, en matière d’élevage des petits, tiennent certainement à la présence ou à l’absence des ours.

Les ours trouveraient quantité de mammifères et d’oiseaux se nourrissant de poissons sur les côtes antarctiques. Les manchots seraient particulièrement vulnérables car ils ne volent pas et vivent en terrain découvert; il leur faut plusieurs mois pour élever un seul bébé. Les ours courent vite mais peu. Ils pourraient cependant attraper les plus gros bébés manchots et voler les œufs sans difficulté.

Dans l’Arctique, les ours chassent surtout en bord de ban­quise, là où la glace est suffisamment épaisse pour les sup­porter, et suffisamment fine pour que les phoques puissent y creuser des trous afin de respirer. Les nombreuses îles du nord du Canada, de l’Alaska et de l’Europe du Nord constituent des habitats parfaits. L’Antarctique étant plus froid et quasiment dénué d’îles, les ours vivraient sans doute à des latitudes plus basses dans l’Antarctique que dans l’Arctique.

A ma connaissance, personne n’a jamais été assez bête pour introduire des ours en Antarctique; mais il y a eu au moins deux tentatives pour introduire des manchots dans l’Arctique.

Ces manchots n’ont aucun rapport avec ce qu’on appelle communément «pingouin» (Pinguinus impennis), espèce autre­fois abondante sur les côtes de l’Atlantique Nord. Pour autant, ils se ressemblent beaucoup, spécialement le manchot empe­reur, et occupent des niches écologiques voisines.

Lors de l’introduction d’une espèce nouvelle, il doit exister une niche écologique disponible. Or, la plupart des niches occupées par les manchots antarctiques étaient prises par les pingouins arctiques. Ces derniers, cependant, se sont consi­dérablement raréfiés au milieu du XIXe siècle, suite aux mas­sacres perpétrés par les baleiniers. Les niches laissées vacantes convenaient parfaitement aux manchots empereurs, dont la viande riche en graisses et les œufs très protéiques avaient, de surcroît, un réel potentiel économique.

C’est sans doute ce dernier point qui a inspiré deux projets d’introduction de manchots antarctiques dans les eaux norvé­giennes, à la fin des années 1930. Le premier, sous l’impulsion de Cari Schoycn de la Société norvégienne de protection de la nature, a lâché des groupes de neuf manchots empereurs à R0st, Lofoten. Gjesvaer et Finnmark en octobre 1936. Deux

ans plus tard, la Fédération nationale de protection de la nature refit la même erreur en lâchant plusieurs gorfous macaroni et manchots du Cap dans la même région, alors qu’il était évident que ces animaux, plus petits que les empereurs, se trouveraient directement en concurrence avec les pingouins et les grands oiseaux de mer locaux.

Le résultat fut désastreux pour tout le monde, surtout pour les manchots. Parmi ceux dont le sort est connu, un empereur fut abattu par une femme qui l’avait pris pour un démon, et un gorfou macaroni fut attrapé à la ligne en 1944, ce qui montre qu’il avait tout de même survécu six ans.

Il apparut finalement que la vraie raison pour laquelle il s’avérait impossible de remplir les niches écologiques du pin­gouin disparu est précisément ce pourquoi les niches étaient vides: des oiseaux aussi gros ne pouvaient s’accommoder d’une population humaine trop développée. De fait, c‘est l’ac­croissement de la présence humaine dans le Grand Sud qui menace les manchots dans leur habitat actuel.

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