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Le bruit et la santé

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Le bruit et la santé

De l’insomnie aux troubles cardiaques

Comme la plupart des grandes pollutions actuelles, qui ont des ef­fets perturbateurs à long terme, le bruit agit insidieusement sur la santé. Il empêche de dormir, diminue les facultés de concentration, d’attention, est à l’origine de fatigue. Il est un facteur de stress recon­nu, c’est-à-dire de cet état où le corps et l’esprit vivent dans un état permanent d’alerte, comme dans une situation de danger, et réagis­sent par des changements hormonaux, eux-mêmes responsables de troubles physiques aujourd’hui bien répertoriés, comme l’hyperten­sion artérielle, les troubles digestifs, voire dans certains cas, les mala­dies cardiovasculaires, sans oublier la longue gamme des troubles psychiques (anxiété, dépression), qui sont parfois des réactions au stress. Des études ont montré par exemple qu’il existe un nombre si­gnificativement plus élevé de maladies cardiaques chez les personnes habitant dans des rues bruyantes, en comparaison avec celles qui ha­bitent dans des rues tranquilles.

On le voit, les conséquences du bruit sont loin d’être anodines.

L’OMS reconnaît d’ailleurs qu’un sommeil dans un niveau de bruit su­périeur à 35 dB n’est pas réparateur. Et ceci est d’autant plus important 11ue l’organisme ne s’habitue pas au bruit, même si les personnes sou­mises à un niveau de bruit en permanence trop important ne s’en ren­dent pas compte. Ce qui signifie que les troubles qu’il engendre persistent et s’accentuent au fil du temps. Ainsi, pour beaucoup d’en- I re nous, le bruit est très probablement responsable d’une grande par- I ie de notre fatigue. Mais nous l’ignorons et nous ne le prenons pas , i :;sez en compte. Par exemple, les personnes mangeant dans une at­mosphère très bruyante, ont une perception du goût modifiée. Les ali­ments paraissent plus fades voire franchement mauvais quand le niveau de bruit augmente. Donc, si votre cantine ne vous semble pas bonne, ce n’est peut-être pas la faute du cuisinier mais plutôt de l’architecte !

Un problème de santé publique

Plus embêtant, l’état de fatigue que le bruit engendre peut être fa­cilement attribué à d’autres causes comme un rythme de vie soutenu, ou le stress de la vie professionnelle. Ainsi, cette pollution dont les conséquences sur la santé sont immédiates et importantes, peut faci­lement être sous-estimée. Pourtant, le bruit a des conséquences con­sidérables sur la société tant du point de vue des dépenses de santé, que du point de vue des pertes économiques. D’après l’OMS le bruit est responsable de 11 % des accidents du travail, de 15 % des journées de travail perdues, de 20 % des internements psychiatriques. N’oublions pas cependant les conséquences directes sur l’audition. Le bruit intense et répété blesse l’oreille interne qui finit par subir une di­minution de ses capacités auditives.

Le rôle des cellules ciliées

L’oreille interne possède des cellules sensorielles, que l’on appelle les cellules ciliées qui sont au nombre de 15 000 par oreille à la nais­sance. Ces cellules ne se régénèrent pas et meurent progressivement tout au long de la vie. La capacité auditive est donc très forte dans l’enfance, en termes de fréquences perçues, puis diminue avec l’âge. Ces cellules ciliées sont extrêmement fragiles. Si le message sonore est trop fort, les cellules sont détruites, soit de façon immédiate (dé­tonation violente, coup de fusil), soit de façon progressive. La détério­ration progressive de l’acuité auditive se manifeste d’abord par la perte de la compréhension de la parole dans le brouhaha, jusqu’à la surdité plus ou moins complète.

Les effets sur l’audition

Dans l’ordre d’importance, le premier effet sur l’audition est le traumatisme acoustique, provoqué par un bruit bref de très forte in­tensité, puis l’acouphène (tintement ou bourdonnement dans l’oreille).

Le stade suivant est le déficit auditif temporaire, qui se manifeste im­médiatement après une exposition à un niveau sonore élevé avec ré­cupération graduelle de la capacité auditive. Un rétablissement complet peut prendre plusieurs heures.

Enfin, le déficit auditif permanent se manifeste peu à peu, lorsque l’exposition au bruit se prolonge (par exemple : lors d’une exposition professionnelle). À ce stade, le déficit est définitif. Aucun traitement médical ne peut guérir les dommages sur le système auditif dus au bruit, et ceux-ci s’aggravent si l’exposition continue. Lorsque la per­sonne cesse d’être exposée au bruit, la capacité auditive perdue ne re­vient pas. Lors du vieillissement, la capacité auditive de l’employé peut empirer, la perte auditive due au vieillissement s’ajoutant à la perte auditive due au bruit.

De même que nous possédons un capital soleil que nous détruisons tout au long de notre vie en nous exposant inconsidérément au soleil, nous possédons un capital auditif qui se détruit inéluctablement lors de l’exposition au bruit, et qui de toute façon se détruit peu à peu, na­turellement, avec le vieillissement. Mais la surdité frappe un peu au hasard : le risque concerne certaines personnes plus que d’autres, sans raison apparente. De même, la capacité auditive a tendance à di­minuer avec l’âge, mais de façon très inégale selon les personnes.

La surdité

L’exposition à un volume sonore intense provoque une surdité, ou hypoacousie (diminution de l’audition). Les sons d’intensité élevée dé­truisent les cellules ciliées, responsables de la perception du son. Les sons aigus sont les plus dangereux pour le système auditif et sont aus­si les premiers dont la perception diminue : en cas de troubles de l’audition, celle des sons aigus disparaît en premier, alors que celle des sons graves est préservée. Si la baisse de l’acuité auditive atteint les fréquences de l’ordre de 4 000 Hz, la compréhension de la parole est altérée.

L’atteinte auditive provoquée par le bruit est à l’origine d’une lésion irréversible de l’oreille interne, qui se manifeste par une diminution de l’acuité auditive, accompagnée au non d’acouphènes.

Les acouphènes

Les acouphènes sont des sifflements ou des bourdonnements d’oreilles, entendus dans une ou deux oreilles, ils peuvent aussi être d’origine psychosomatique, en l’absence de source sonore dans le mi­lieu environnant. Dans la grande majorité des cas, les acouphènes sont subjectifs, c’est-à-dire qu’ils ne sont entendus que par la seule personne qui en souffre. Leur origine est située le plus souvent dans l’oreille interne. Les acouphènes peuvent survenir à n’importe quel âge. Ils s’accompagnent habituellement d’une perte auditive sur les fréquences aiguës liée au vieillissement (presbyacousie), mais sont également provoqués par l’exposition au bruit d’origine profession­nelle (tôleries, chaudronneries, filatures, verreries, etc.) ou durant les loisirs (concerts et orchestres, discothèques, chasse, tir, etc.). L’acouphène n’est pas une hallucination auditive. Il est la conséquen­ce de la production d’un signal nerveux anormal à un quelconque ni­veau des voies auditives qui est interprété comme un bruit lorsqu’il atteint le cortex auditif.

Les acouphènes peuvent prendre différentes formes : sifflements, ronronnements, souffleries, etc. Ils peuvent être diffus ou très vio­lents, être localisés à l’oreille ou être entendus dans toute la tête, et ils peuvent être très bruyants.

L’hyperacousie

Une des conséquences de l’exposition au bruit est l’hypersensibi­lité sonore, que l’on appelle encore hyperacousie. Souffrir d’hypera- cousie, c’est percevoir les sons plus forts qu’ils ne le sont en réalité. Certaines cellules cillées de la cochlée ont pour fonction d’atténuer les sons trop forts. Ces cellules peuvent être endommagées ou déréglées (hyperacousie), ou encore détruites. Certaines personnes souffrant d’hyperacousie ne supportent plus certains bruits, comme par exem­ple le bruit d’un appareil particulier ou le timbre d’une voix. Certaines sont excédées par tous les bruits extérieurs qui dépassent le murmu­re. D’autres ont l’impression d’entendre trop bien, même si la perte auditive mesurée chez eux écarte cette possibilité. On peut présenter une hypersensibilité sonore sans perte d’audition. L’hyperacousie peut également s’accompagner de douleur.

Les maladies professionnelles

Les troubles de l’acuité auditive d’origine professionnelle se rencon­trent dans de nombreux métiers, et sont considérés comme des mala­dies professionnelles, donnant droit à des indemnités d’invalidité.

Les professions les plus exposées sont celles qui travaillent sur les mé­taux (décolletage, emboutissage, etc.), qui utilisent des marteaux pneumatiques, réalisent des travaux de verrerie, le tissage sur mé­tiers, ou encore des branches telles que l’industrie des propulseurs et réacteurs, la menuiserie (machines à bois, scieries), les métiers de la pierre, les métiers qui utilisent des explosifs, l’industrie alimentaire et, bien sûr, tous les métiers effectués à proximité d’avions (métiers de l’aéroport).

Si l’exposition professionnelle au bruit est bien connue, et fait l’objet de mesures préventives répertoriées, il n’en va pas de même pour l’ex­position aux bruits dans la vie courante, en particulier chez les jeunes. On estime que la perte auditive en relation au bruit est en augmenta­tion alarmante, en raison principalement de l’intensité sonore des ac­tivités de loisir (musique, concerts, discothèques, motos). Il y aurait en France quelques 4 millions de malentendants, dont 10 % de moins de 18 ans. Selon une enquête, 27 % des jeunes de 20-24 ans reconnais­sent avoir des difficultés à suivre une conversation dans certaines si­tuations (bars, réunions familiales, restaurants).

Se protéger du bruit

Inconsciemment, nous utilisons des mécanismes de protection contre le bruit : soit par le stress, avec les conséquences sur la santé que l’on connaît, soit par de subtils moyens socio-économiques. Dans la plupart des grandes villes, il existe par exemple un rapport très étroit entre le prix d’un appartement ou d’une maison et le silence. Plus la rue est calme, et plus le prix du mètre carré augmente.

Consciemment, on peut lutter contre le bruit par des moyens très simples : le plus important est de privilégier la pièce dans laquelle vous dormez. Celle-ci doit être la plus éloignée possible du bruit de la rue, car le bruit a des effets nocifs, même lorsque nous sommes pro­fondément endormis. On peut se protéger également par un double vitrage et des rideaux, qui sont un bon moyen d’atténuer le bruit.

La lutte contre le bruit doit et devrait être davantage à l’origine de me­sures préventives, lors de la construction des projets d’urbanisme. La plupart des axes routiers qui traversent les villes a été imaginée à une époque où le trafic automobile était nettement moins intense, et en dépit de l’amélioration des moteurs, l’automobile est à l’origine de 80 % du bruit urbain. Le reste des bruits est lié à l’industrie qui, de ce point de vue, a une importance relativement mineure.

Il est à noter que l’importance et la reconnaissance du bruit comme nuisance est de plus en plus reconnue. Il suffit d’observer aujourd’hui le nombre de projets d’urbanisme visant à recouvrir les autoroutes et axes de grande circulation à proximité des habitations ou la concep­tion actuelle des grands centres commerciaux prévus pour être moins bruyants.

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