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Gymnophiones

Vous êtes ici : » » Gymnophiones ; écrit le: 10 avril 2012 par chayma

GymnophionesLes gymnophiones, ou cécilies – du nom de genre Caecilia (du latin caecus : aveugle) , sont également appelés apodes ou vermiformes. D’aspect homogène, toutes les cécilies ont un corps cylindrique, allongé, marqué seulement, sur toute son étendue, d’une succession de sillons transversaux et d’anneaux. Chacun des anneaux correspond à une vertèbre, dont le nombre peut dépasser 300. Chez certains genres, chaque anneau est ceinturé par un à trois sillons secondaires.

Généralement grisâtre, avec des nuances roses ou bleuâtres, la peau, d’aspect luisant, montre une structure complexe; épaisse et robuste, elle possède de nombreuses glandes muqueuses ainsi que des glandes à venin, qui jouent certainement un rôle protecteur vis-à-vis des prédateurs éventuels. Renforcée par des strates de kératine, la peau peut inclure des os dermiques formant un réseau plus ou moins dense d’écailles analogues à celles des poissons. Seul le poumon droit est fonctionnel, et la langue est soudée à la voûte palatine.



Un crâne massif et aveugle

Comme chez d’autres vertébrés fouisseurs, le crâne est massif et robuste, la tête faisant office de soc pour progresser et pour fouiller. En revanche, les membres et les ceintures scapulaire et pelvienne sont absents ; la queue elle-même est vestigielle ou tout à fait inexistante, l’ouverture du cloaque étant alors à l’extrémité du corps. Ce squelette singulier témoigne d’une spécialisation certainement ancienne, que confirme la découverte récente de quelques formes fossiles.

Comme les lombrics, les gymnophiones se déplacent dans les substrats meubles par des ondulations progressives du corps. L’une des familles (typhlonectidés) regroupe des espèces aquatiques qui, dans la vase, avancent de la même façon. Les représentants des autres familles connues habitent exclusivement dans l’humus des zones forestières, le plus souvent à proximité des cours d’eau.

Abritées pendant le jour dans leurs galeries souterraines ou sous un tronc d’arbre mort, les cécilies ne peuvent quitter leur refuge qu’au crépuscule. Leurs yeux, devenus inutiles, sont atrophiés. Recouverts par la peau ou même par le crâne, et donc difficiles ou impossibles à distinguer extérieurement, ils ont néanmoins conservé un nerf optique fonctionnel et semblent encore posséder une certaine sensibilité à la lumière. En revanche, d’autres structures, musculaires ou glandulaires, normalement en rapport avec l’œil, se sont en quelque sorte reconverties : elles sont associées à un appendice céphalique très sensible qui est en relation avec les fosses nasales.
Les cécilies sont carnivores ; elles happent brusquement, au cours de leur discrète progression, des invertébrés (vers, insectes et leurs, larves) et de petits vertébrés (amphibiens, reptiles, etc.). Les dents, disposées sur un ou deux rangs (parfois sur le palais), sont tranchantes et dirigées vers l’arrière, assurant ainsi le maintien puis le découpage des proies.

Malgré la protection que leur offrent leur vie hypogée et leurs glandes cutanées, les cécilies sont elles-mêmes les proies de nombreux vertébrés : poissons, reptiles (tortues, serpents), oiseaux et mammifères ; il ne semble pas qu’elles soient consommées par l’homme.

Une classification controversée

La systématique de l’ordre des gymnophiones n’est pas stabilisée : on reconnaissait naguère une, puis trois familles et certains auteurs en distinguent dix aujourd’hui, rangées en deux sous-ordres.

Une hésitation qui témoigne, d’une part, de la mauvaise connaissance que l’on a du groupe, et, d’autre part, de la probabilité toujours forte de rencontrer, dans des lignées anciennes et spécialisées, apparemment homogènes, des phénomènes de convergence. Cependant, on s’accorde pour admettre l’existence d’environ 35 genres et de près de 200 espèces actuelles.

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