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La rhinite et la conjonctivite allergique

Vous êtes ici : » » La rhinite et la conjonctivite allergique ; écrit le: 24 janvier 2012 par Mahfoudhi modifié le 15 avril 2018

La rhinite et la conjonctivite allergiqueLa rhinite allergique, que l’on appelait autrefois rhume des foins, parce qu’elle était principalement une maladie saisonnière liée à l’émission de pollens, a perdu depuis longtemps son caractère printanier. Il s’agit d’une maladie en franche expansion, urbaine, invalidante, et dont la fréquence, comme l’asthme, est en rapport avec la pollution atmosphérique.

Comme dans le cas de l’asthme, les individus souffrant de rhinite ont un terrain génétique qui les prédispose à ce type de maladie. Cette prédisposition génétique, longtemps méconnue, explose aujourd’hui : on estime que 30 % de la population est touchée, contre 3 % dans les années 1960. Bientôt un être humain sur deux sera allergique à un pollen, un acarien ou un produit chimique. Comme il est impossible d’imaginer une variation génétique d’une telle ampleur en si peu de temps, les facteurs environnementaux sont certainement en cause. Comme l’asthme, la rhinite allergique est déclenchée par les allergènes de la maison (acariens, chats, poussières), les pollens, les fruits et autres facteurs alimentaires, et est favorisée par le tabagisme, le confinement, le stress, la pollution automobile.



Reconnaître la maladie

La muqueuse nasale et la muqueuse conjonctivale sont les premiers lieux de contact entre l’organisme et les allergènes aériens. Il

n’est donc pas surprenant que la réaction soit quasi immédiate lors du contact. La rhinite et la conjonctivite mettent en jeu un mécanisme d’hypersensibilité immédiate, qui se manifeste par une vasodilatation (les yeux deviennent rouges) et une hypersécrétion (rhume). Quelques minutes après le contact avec l’allergène survient une salve d’éternuements avec une sensation de picotements dans le nez, puis un écoulement nasal incolore parfois très abondant fait que le malade se mouche fréquemment.

Enfin survient un œdème de la muqueuse nasale qui donne une sensation d’obstruction nasale, de nez bouché. À ce stade, il peut y avoir également un œdème des muqueuses sinusales et une sinusite. Il est donc assez fréquent que la crise d’éternuements se termine par un de mal de tête.

La conjonctivite peut survenir en même temps ou être totalement isolée. Le malade ressent des picotements des yeux comme s’il avait du sable à l’intérieur. L’œil est larmoyant et rouge. La conjonctive, c’est- à-dire la mince pellicule transparente qui recouvre l’œil et qui est normalement invisible, devient épaisse et semble se décoller.

En règle générale, le patient a tendance à se frotter les yeux, ce qui aggrave encore l’inflammation et l’irritation locale.

Habituellement, les symptômes disparaissent en quelques heures si le contact avec l’allergène est supprimé. Parfois la conjonctivite peut prendre une allure beaucoup plus inflammatoire, de même que la rhinite peut évoluer vers une obstruction nasale permanente. La rhinite qui au début peut sembler une maladie peu grave devient avec le temps une maladie réellement handicapante, avec des conséquences souvent sensibles sur le comportement, le sommeil, les capacités intellectuelles, ou, dans le cas des enfants, sur les résultats scolaires.

Comment se protéger des pollens ?

Les pollens sont partout, invisibles, et présents en quantités astronomiques. Ces petits éléments de 10 à 200 microns, indispensables à la reproduction des végétaux, transportés par le vent, sont émis à la fin de l’hiver. On en compte alors plusieurs milliers par mètre cube d’air. Un hectare de pins, par exemple, produit de 20 à 80 kg de pollens par an. Lorsque vous passez à proximité, il est difficile d’y échapper.

Les espèces allergisantes

Nous vivons donc dans un environnement chargé de pollens. Il y en a pour tous les goûts, à toutes les périodes de l’année : les arbres à la fin de l’hiver jusqu’en juin, puis différentes familles d’herbes, jusqu’’en octobre.

Et pour ne rien arranger, l’homme choisit en général des espèces particulièrement allergisantes lorsqu’il s’agit de décorer le paysage : le bouleau, qui pendant longtemps a bénéficié des faveurs des paysagistes urbains, et le cyprès, qui sévit dans le sud de la France. Mais il faut citer également le platane, le chêne, le frêne, le châtaignier, le noisetier, le saule et, pour ce qui est des herbes, l’armoise, le plantain et l’ambroisie, que l’on rencontre surtout dans la région Rhône-Alpes. Cette dernière est si fortement allergisante (de la même manière que le cyprès), que pratiquement tout le monde peut déclencher une réaction allergique à son contact.

Il est donc bien difficile de se protéger des pollens, d’autant plus qu’avec le réchauffement de la planète, la saison de la pollinisation dure désormais de plus en plus longtemps.

En cas d’allergie invalidante, l’idéal serait de tenter une désensibilisation, qui consiste à injecter régulièrement des petites quantités d’allergènes, sous la peau, afin de créer artificiellement une immunité contre eux. Il s’agit d’un traitement très long, qui peut durer plusieurs années, et qui ne peut réussir que si vous êtes allergique à un petit nombre de produits. Dans le cas contraire, ce qui est malheureusement le plus fréquent, il faut suivre des traitements symptomatiques et surtout éviter le plus possible le contact avec les pollens.

Les gestes à éviter

En cas d’allergie aux pollens, mieux vaut, dans la mesure du possible, éviter par exemple de faire du jardinage ou de tondre la pelouse au plus fort de la saison des pollens. De même, il n’est pas recommandé d’étendre son linge dans le jardin, à la même époque, et pour les mêmes raisons. En effet, le linge mouillé est un véritable piège à pollens. Évitez de vous promener tôt le matin ou en fin d’après-midi, portez des lunettes de soleil. Faites attention aux lentilles de contact et au chlore des piscines qui peuvent irriter les yeux et favoriser le contact avec les pollens. En voiture, évitez de rouler avec les fenêtres ouvertes en pleine saison des pollens, ne fumez pas et ne mettez pas la climatisation au maximum. On dit souvent que les bébés nés au printemps sont plus souvent allergiques aux pollens : limitez donc les jeux dans l’herbe à cette période. Enfin, évitez de mettre des plantes

au pouvoir allergisant connu dans votre jardin ou sur votre balcon. Ne plantez plus de cyprès ni de bouleaux et arrachez l’ambroisie autant que vous pouvez !

Les pollens, en soi, ne devraient pas figurer dans un livre sur les dangers de l’environnement. En effet, il n’y a rien de plus naturel et théoriquement inoffensif. Cependant, comme on a pu le voir précédemment, il existe des agents polluants naturels. D’autre part les allergies augmentent à un rythme redoutable, et il est fort possible que la pollution atmosphérique soit responsable de la plus grande agressivité des pollens. Nous avons déjà mentionné que le réchauffement de la terre bouleversait les périodes normales de pollinisation, et avait tendance à les allonger. Mais on pense également que la pollution urbaine aggraverait le phénomène. Par exemple, les pollens et les particules diesel forment un mélange explosif au niveau des alvéoles pulmonaires, les deux intrus activant leur pouvoir allergisant et inflammatoire.

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