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Histoire du pétrole : Le marché pétrolier après la Première Guerre mondiale

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Le marché pétrolier après la Première Guerre mondiale

Au cours du conflit, les capitales européennes, conscientes de l’enjeu pétrolier, ne sont pas •çscees inactives. Dès 1916, alors que les autorités britanniques ont promis au chérif de La teque la création d’un grand royaume arabe en échange du soulèvement contre les -«ces ottomanes, les Britanniques concluent avec les Français un partage de leurs futures zjnes d’influence au Proche et Moyen-Orient. Le 9 mai 1916 est ainsi signé l’accord Sykes-picot (du nom des représentants britannique Mark Sykes et français Georges Picot) nageant par avance les possessions ottomanes dans la région entre Londres et Paris. à l’ssue de la guerre, lorsque commencent les pourparlers de paix, le Premier ministre 3~annique, Lloyd George, obtient néanmoins une modification de ces accords en obtenant la région mésopotamienne de Mossoul (située dans l’actuel Kurdistan irakien), lenenceau, bien que conscient de l’importance du pétrole, n’avait alors pas mesuré “Dortance des gisements présents dans cette région.
-Wec le traité de Sèvres du 10 août 1920, qui démembre l’empire ottoman, la France et e Royaume-Uni réalisent leurs accords en se voyant confier les territoires revendiqués sous la forme de mandats de la toute nouvelle Société des Nations (SON). Toutefois, ce traité ne sera jamais ratifié et sera remplacé par le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, 3L.S dément pour Istanbul mais qui ne change rien aux mandats européens sur le poche et le Moyen-Orient. Pour les Arabes privés de leur grand royaume, la déception est immense.

La France se voit donc confier la Syrie et le Liban, tandis que le Royaume-Uni obtient la :: estine, la Transjordanie et la Mésopotamie qui devient l’Irak.
Il est dans ce pays, à la tête duquel les Britanniques placent Fayçal (fils du chérif Hussein avec qui ils s’étaient entendus pendant la guerre contre les Ottomans), que Londres : assure une nouvelle concession pétrolière au profit de la Turkish Petroleum.

En1927 sont découvertes de nouvelles nappes de pétrole, au nord de l’Irak, ce qui entraîne une redistribution des bénéfices de la Turkish Petroleum que se partagent équi¬pement les puissances occidentales : 23,75 % à l’Anglo-Persian Company, 23,75 % à e Royal Dutch-Shell, 23,75 % aux compagnies américaines réunies au sein de la Near East Corporation (comprenant la Standard of New jersey, la Standard of Indiana, Sinclair =t Texaco), 23,75 % à la Compagnie française des pétroles, et 5 % à Calouste Sarkis 3-ibenkian pour ses services. C’est la première fois, grâce à l’instigation de Raymond ^incaré, alors président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, que la France dispose de sa propre compagnie pétrolière, créée en 1924, fondée par 90 banques et sociétés de commerce françaises, et dont 35 % des actions et 40 % des droits de vote appartiennent au gouvernement.

Deux ans plus tard, en 1929, est fondée l’Irak Petroleum Company, qui succède à a Turkish Petroleum Company alors qu’augmente la production de Mossoul et de Kirkou< dans le Kurdistan irakien. Les dividendes du pétrole contribuent à cette époque à aigres les appétits. Du côté irakien, les aspirations nationalistes s’accentuent, conduisar finalement à l’indépendance de l’Irak en 1932, mais non sans avoir signé un traite d’alliance avec les Britanniques.

Du côté des grandes compagnies pétrolières, les majors, plusieurs accords particulièrement importants sont passés en 1928 : le 31 juillet, à Ostende, sont signés les accorcs de la Ligne rouge, qui seront appliqués jusqu’en 1948. Le tracé de cette ligne rouge défini par Calouste Gulbenkian, délimite les anciens territoires ottomans, de la Palestine au nord de l’Irak, comprenant également l’ensemble de la péninsule arabique à l’excep¬tion du Koweït, sous protectorat britannique depuis 1899. Par ces accords, les associés de la Turkish Petroleum Company s’engagent à mettre en commun leurs moyens de prospection et à exploiter ensemble les ressources pétrolières existantes dans la périphérie entourant cette ligne rouge qui définit leurs zones de prospection respectives : a- nord, l’Irak Petroleum Company, et au sud, la Standard Oil of California et la Texaco Un nouvel accord vient compléter cette entente lors d’une réunion secrète organisée le 27 septembre 1928 au château d’Achnacarry, en Ecosse, propriété d’Henry Deterding patron de la Royal Dutch-Shell. Un accord auquel, une fois de plus, Calouste Gulbenkiar n’est pas étranger et qui vise à fonder un cartel (c’est-à-dire s’entendre entre entreprises d’une même branche pour se partager le marché et organiser la concurrence en limitant la guerre des prix) appelé à dominer désormais le secteur pétrolier. Cet accord sera suivi de trois conventions en 1930, 1932 et 1934, marquant l’adhésion de nouvelles compa¬gnies. Est ainsi réalisé le carte! des Sept Soeurs, réunissant la Standard Oil of New Jersev la Standard Oil of California, Gulf, Texaco, Socony-Mobil, l’Anglo-Persian Company et la Royal Dutch-Shell.

Outre l’Irak, plusieurs pays du Moyen-Orient sont l’objet de toute l’attention des compagnies pétrolières. Ainsi, en Perse (devenue l’Iran en 1935), les Britanniques ont favorisé la chute de la dynastie des Qadjar par leur soutien au coup d’Etat de Reza Khan en 1921, qui fonde la dynastie des Pahlavi en 1925. Mais ce dernier, après avoir tenté de s’affranchir de la mainmise britannique quelques années plus tard en retirant les concessions de l’Anglo-Persian Company, est finalement contraint de négocier ; les concessions britanniques, bien que réduites, seront maintenues jusqu’au milieu des années 1950 Dans la péninsule arabique où de nouveaux gisements ont été découverts, la Bahrein Oil Company, filiale de la Standard Oil of California (Socal), est fondée en 1932 puis, en 1934, la Koweït Oil Company au sein de laquelle sont associées la Gulf Oil Corporation américaine et l’Anglo-Persian Oil Company britannique.

Mais c’est en Arabie Saoudite que sont réalisés les accords les plus avantageux. -Arabie, initialement gouvernée par les Hachémites, est conquise dans les années 1920 par Abdelaziz Bin Saoud (dit « Ibn Saoud ») qui s’empare de La Mecque en 1925, puis ;e fait proclamer roi du Hadjaz l’année suivante, sans que les Britanniques interviennent :our défendre le chérif Hussein, Or, Ibn Saoud avait pour conseiller un Anglais marginal et peu enclin à soutenir la politique de son pays, Sir john Philby, arabisant et converti à islam.

Ce dernier pousse dès 1928 le souverain à négocier avec les Américains qui manifestent leur intérêt pour l’Arabie, au contraire, semble-t-il, des Britanniques. En 1933, soit un an après la proclamation de l’Arabie Saoudite, du nom de son nouveau souverain, un premier accord de concession pétrolière est conclu avec une compagnie américaine, la Standard Oil of California. Cinq ans plus tard, le pétroie jaillit dans la région de Hassan, à proximité de Daman et à l’ouest du golfe Arabo-Persique ; les réserves s’annoncent prodigieuses… L’Arabie Saoudite est désormais un pays riche et puissant. De nombreuses concessions américaines prennent pied dans ce nouvel eldorado : la Texaco, puis la Standard Oil of New jersey et Mobil Oil.

les compagnies s’unissent à la Standard Oil of California (Socal) pour former un consor- :um, l’Aramco (Arabian and American Oil Company) en 1944, répartis ainsi : Socal, 30 %; Standard Oil of New jersey, 30 % ; Texaco, 30 % et Mobil, 10 %. JSS relations commerciales entretenues par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite vont rapidement se transformer en une alliance majeure. En février 1945, à l’issue de la conférence de Yalta, en Crimée, à laquelle il vient de participer, le président Franklin D. Roosevelt organise une rencontre au milieu du canal de Suez avec le souverain Ibn Saoud à bord du croiseur américain Quincy. A cette occasion, les deux chefs d’Etat concluent un accord liant leurs pays pour une durée de 60 ans : l’Arabie Saoudite consent aux Etats-Unis le monopole de l’exploitation de ses gisements pétroliers, les compagnies américaines étant locataires des territoires exploités pour un bail maximum de six décennies, tandis que Washington promet de garantir la sécurité du royaume saoudien. Cette alliance entre les deux pays devait se renforcer dans les années suivan¬tes en raison de la guerre froide : l’Arabie Saoudite, qui fut inscrite dès la fin de la Seconde Guerre mondiale sur la liste des pays étrangers bénéficiaires de la loi prêt-bail a-néricaine (bien que n’ayant pas été victime des forces de l’Axe), fut ensuite intégrée pans la zone de défense de l’hémisphère occidental et fut dotée de bases militaires géantes.

Les pays d’Amérique latine sont eux aussi l’objet des convoitises occidentales, et plus particulièrement des Etats-Unis.
Ainsi, le Mexique, qui réalise en 1921 le quart de la production mondiale, a vu les Américains prendre pied dans leur pays à l’occasion de la guerre civile survenue entre 1914
et 1917, sous prétexte de protéger leurs ressortissants. Dès février 1918, Carranza, prési¬dent du Mexique de 1917 à 1920, nationalise le pétrole au grand dam des Américains En 1924, le président Calles (au pouvoir de 1924 à 1928) parvient à calmer la colère des Etats-Unis par les accords Calles-Morrow de 1927. Mais en mars 1938, lassé de subir la toute-puissance américaine, le président Lazaro Cardenas (au pouvoir de 1934 à 1940 annonce l’expropriation de 17 compagnies pétrolières étrangères. Le pays devait dès lors connaître de réelles difficultés, notamment en raison du boycott décrété par les Etats- Unis sur le pétrole mexicain, et en dépit de la création de leur propre compagnie, la PEMEX (Petroleos Mexicanos) : le Mexique mettra 25 ans pour retrouver sa production de 1938.
Les compagnies américaines renforcent alors leurs attentions sur le Venezuela, où l’ère du pétrole a commencé en 1922 sous la dictature de |uan Vicente Gomez (au pouvoir de 1908 à 1935) ; la production se répartit entre la MENEG et la Créole, affiliées aux compagnies pétrolières américaines. En 1928, le Venezuela est le deuxième producteur mondial de pétrole.

La Bolivie et le Paraguay sont également au cœur des préoccupations occidentales : en 1933, après que la Standard Oil of New lersey a découvert du pétrole dans la région du Chaco, une guerre éclate entre les deux pays pour le contrôle de cette zone. Ce conflit, directement lié aux rivalités pétrolières anglo-américaines, s’achève en 1935. Il aura provoqué au moins 100 000 morts. Le traité du 21 juillet 1938 accordera au Paraguay la plus grande partie des territoires contestés au nord du Chaco.

 

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