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Les conséquences de Tchernobyl

Vous êtes ici : » » Les conséquences de Tchernobyl ; écrit le: 31 mars 2012 par azza modifié le 15 avril 2018

Les conséquences de TchernobylLes conséquences de Tchernobyl

Vingt ans après le drame de Tchernobyl, ville située près de Kiev, en Ukraine, le bilan sanitaire de cette catastrophe n’a pas encore été établi de façon incontestable, ni incontestée. L’explosion du réacteur s’est produite à la suite d’une incroyable série d’erreurs humaines, consistant à le faire fonctionner volontairement dans un régime instable, puis à enfreindre plusieurs fois les consignes de sécurité, et allant même jus­qu’à court-circuiter les systèmes de sécurité automatiques et à ne pas tenir compte des messages de l’ordinateur de contrôle enjoignant un arrêt immédiat de la machine !

Après l’explosion, les dirigeants de l’URSS ont très vite déclenché une opération d’envergure visant à éteindre l’incendie qui s’était déclaré et à recouvrir le réacteur, dont une partie du toit avait été soufflée, par des tonnes de matériaux (sable, bore, argile, plomb). Six cent mille à un million d’hommes, selon les sources, ont été en­gagés dans cette opération et dans la consolidation de l’enceinte qui a suivi (construc­tion d’un « sarcophage »). Les doses de rayonnement reçues par ces « liquidateurs » ont été officiellement déclarées inférieures à 0,1 Sv pour 70 % d’entre eux, comprises entre 0,1 et 0,25 Sv pour 20 % d’entre eux et supérieures à 0,25 Sv pour les 10 % res­tants. Selon l’origine des informations, ces chiffres sont considérés comme sous-esti­més ou surestimés. Vingt-huit pompiers de Tchernobyl, ayant reçu des doses supérieures à plusieurs sieverts, sont décédés en quelques semaines, immédiatement après la catastrophe. Le suivi médical des liquidateurs est difficile car ils apparte­naient à différentes républiques de l’ex-URSS et ont été éparpillés dans leurs pays d’origine. Sur les bases des observations faites sur les rescapés d’Hiroshima et de Nagasaki, on estime que plusieurs milliers de ces liquidateurs mourront des suites de leur intervention. Actuellement, les chiffres officiels ne font état d’aucune augmen­tation du nombre de cancers dans ce groupe d’hommes qui ont été particulièrement exposés, mais ces informations sont contestées par des organisations non gouver­nementales de plusieurs pays.



L’explosion qui a accompagné la fusion du cœur et l’incendie qui en a résulté ont eu pour conséquence le rejet de 4 % des matières radioactives contenues dans le réac­teur, en un nuage radioactif que le vent a d’abord propagé vers le Nord-Ouest en di­rection de la Pologne et des pays scandinaves. Les principaux isotopes radioactifs contenus dans ce nuage étaient l’iode 131 (46 %), le tellure 132 (36 %), le baryum 140 (7 %) le césium 137 (4 %). Dans un second temps, le nuage, dont les ef­fets s’étaient beaucoup atténués, a gagné une grande partie de l’Europe, y compris l’est de la France et de la Grande-Bretagne. Il en résulte que les pays les plus grave­ment contaminés ont été l’Ukraine, la Russie et surtout la Biélorussie. Six à sept millions de personnes vivaient sur ces territoires les plus gravement contaminés, dont 3,7 millions dans les villes et villages proches de la centrale. Parmi elles, 135 000 ont été évacuées. Les doses reçues au cours des trois années suivant l’accident par les personnes habitant les zones contaminées de l’Ukraine ont été estimées par les orga­nismes officiels à 35 mSv en moyenne, avec des maxima aux alentours de 250 mSv, ce qui les situe toutes dans le domaine des faibles doses. Toujours selon les sources officielles, les seules conséquences clairement établies de la catastrophe de Tcherno­byl seraient un accroissement important du nombre de cancers de la thyroïde chez les personnes âgées de moins de dix-huit ans au moment de l’accident. Ces cancers ont été provoqués par l’ingestion d’iode 131. Leur nombre est évalué à 1 800 et une bonne partie d’entre eux ont pu être soignés153. Un excès de leucémies était attendu, mais n’aurait pas été observé.

Parallèlement à ces déclarations officielles, des études émanant de scientifiques biélorusses et diffusées notamment par des organisations écologistes font état de troubles divers frappant les populations des zones les plus contaminées. Il s’agirait notamment d’un ralentissement important du développement intellectuel des en­fants, et de l’apparition, toujours chez les jeunes, d’affections de certains organes, comme le cœur et les reins, qui ne frappent généralement que les adultes. Ces mala­dies, et en particulier les troubles cardiaques, seraient dues à l’ingestion permanente de faibles doses de césium 137. La santé d’une grande partie de la population de la Biélorussie serait ainsi affectée par les conséquences de l’accident.

Une grande incertitude existe donc actuellement et devrait persister encore long­temps sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl. Le nombre de morts sera prati­quement impossible à évaluer parce qu’il manque deux informations essentielles, d’une part la répartition des doses reçues par les différentes populations concernées et d’autre part l’importance des effets réels des faibles doses. Si l’hypothèse linéaire est retenue, alors toute l’Europe est concernée, et même certaines personnes, faisant partie des millions d’individus n’ayant reçu que quelques millisieverts seront à comp­ter parmi les victimes de Tchernobyl. Selon que l’on utilise des données optimistes ou pessimistes sur ces deux données fondamentales, les chiffres avancés se chiffrent en milliers de cancers mortels (y compris les liquidateurs), ou en centaines de milliers, voire en millions de morts, ces décès devant s’échelonner sur plus de cinquante années !

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