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La radioprotection

Vous êtes ici : » » La radioprotection ; écrit le: 31 mars 2012 par azza modifié le 14 novembre 2014

La radioprotectionLa radioprotection

Quelle que soit l’attitude adoptée vis-à-vis des faibles doses, il est prudent de se protéger des rayonnements ionisants chaque fois que c’est possible, et absolument nécessaire lorsque ceux-ci deviennent intenses. C’est l’objectif de la radioprotection. Les règles de radioprotection en vigueur sont fixées au niveau international par des textes qui sont régulièrement révisés. Au niveau national, le contrôle de leur respect par les entreprises publiques et privées est confié à l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Actuellement, ces règles impliquent notamment que les tra­vailleurs exposés aux rayonnements ionisants ne doivent pas recevoir plus de 20 millisieverts en dose annuelle moyennée sur cinq ans – c’est-à-dire pas plus de 0,1 sievert au cours de cinq années consécutives – et que leur santé fera l’objet d’un suivi particulier, concernant, en particulier, leur formule sanguine. En ce qui concerne le public susceptible de se trouver en présence de ce type de radiations, la dose annuelle admissible a été fixée à 1 mSv (au-dessus de la radioactivité naturelle).

Le développement de la technologie a profondément révolutionné le domaine de la radioprotection, la manipulation des substances hautement radioactives, telles qu’il en existe par exemple dans le cœur des réacteurs nucléaires étant désormais l’apanage des robots et autres dispositifs automatiques.



Lorsque les hommes doivent intervenir sur des sources radioactives, les stratégies de radioprotection diffèrent selon qu’il s’agit d’un risque d’irradiation ou de conta­mination.

En ce qui concerne le risque d’irradiation, deux techniques principales sont mises en œuvre pour se protéger. La première consiste à s’éloigner au maximum de la sour­ce de rayonnements. En effet, pour une source ponctuelle, la dose reçue est inverse­ment proportionnelle au carré de la distance, ce qui fait qu’elle est divisée par cent lorsqu’on s’éloigne de 20 cm à 2 mètres, par exemple. C’est cette méthode qui est uti­lisée quand il n’en existe aucune autre. Par exemple, on ne saisira pas avec la main, ni à l’aide d’une pince ordinaire une source moyennement active pour l’emporter derrière un mur de protection, on utilisera une pince de deux mètres de longueur, et l’on s’efforcera d’effectuer cette manœuvre le plus rapidement possible.

La seconde méthode, la plus utilisée, c’est l’interposition d’une quantité de ma­tière suffisante entre la source de rayonnements et le personnel concerné. Pour les émetteurs alpha, l’épaisseur requise est dérisoire. On se contente souvent de placer les sources dans des capsules de verre ou de plastique. De toute façon, le parcours des particules alpha de radioactivité dans l’air excède rarement la dizaine de centimètres, ce qui rend faible le risque d’irradiation par de telles sources. Des gants spéciaux suffisent à en protéger les doigts. Comme nous l’avons vu plus haut, des épaisseurs de matière plus importantes sont nécessaires pour arrêter les électrons bêta, mais elles se limitent souvent à quelques centimètres de métal léger (Al, Fe) ou quelques milli­mètres de plomb. C’est pour les rayonnements gamma et les neutrons que la notion de blindage anti-rayonnements prend tout son sens. Dans toutes les installations nu­cléaires importantes, des murs de béton dont l’épaisseur est de l’ordre du mètre sépa­rent les régions radioactives des zones de travail. Le béton peut être remplacé avantageusement – du point de vue de l’efficacité – par des métaux lourds comme le plomb. L’épaisseur requise est alors plus faible, mais le coût des protections est plus élevé. Le plomb est donc réservé à des installations de laboratoire où l’homme doit être proche des matières radioactives, voire même les manipuler. Les laboratoires de chimie traitant les substances radioactives sont ainsi équipés de véritables cages de plomb, dont les murs ont 5 à 10 centimètres d’épaisseur. Ces derniers sont munis de trous pour laisser passer les mains ou les télémanipulateurs mécaniques, et la vision s’effectue au travers de verres au plomb dont l’épaisseur atteint couramment la dizai­ne de centimètres.

L’eau constitue aussi un excellent absorbant, à condition d’interposer de grandes quantités de ce liquide. C’est pourquoi les déchets radioactifs en attente sont souvent entreposés dans de véritables piscines, à des profondeurs de plusieurs mètres. L’eau offre également l’avantage de refroidir ces déchets hautement radioactifs, ce qui élève sa température. Malheureusement – ou heureusement, plutôt ! – personne ne se ha­sarde à se baigner dans ces superbes piscines chauffées…

La protection contre la contamination externe et interne s’effectue en utilisant des techniques adaptées. En particulier, le port de gants et de vêtements spéciaux, al­lant de la blouse à la combinaison étanche, est la règle pour toute manipulation de substances radioactives.

Les installations sont ventilées, l’air étant évacué au travers de filtres qui retien­nent les produits polluants pour éviter l’inhalation de gaz ou de poussières radioac­tives. De plus, toute absorption d’aliments, y compris de boissons, est proscrite dans les aires de travail correspondantes.

La radioprotection est absolument nécessaire. On voit cependant se développer actuellement dans ce domaine comme dans d’autres, une tendance à la sur-protec­tion. Soucieux de ne présenter aucune prise à la critique, donc de se protéger eux- mêmes, les responsables de la sécurité ont parfois tendance à édicter des règles si con­traignantes qu’elles en deviennent absurdes et leur application trop scrupuleuse peut conduire à empêcher la réalisation d’expériences ou de projets ne présentant pas plus de risques d’exposition aux rayonnements qu’un banal voyage en avion…

Vidéo : La radioprotection

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