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Pétrole : Les nouveaux risques

Vous êtes ici : » » Pétrole : Les nouveaux risques ; écrit le: 22 mars 2012 par lamia modifié le 17 novembre 2014

Les nouveaux risquesPétrole : Les nouveaux risques

Actuellement, les principaux pays, à la fois producteurs et consommateurs, tendent à adopter de nouvelles orientations quant à leurs choix énergétiques. Il apparaît aujourd’hui clairement que les risques d’ordre sécuritaire sont une préoccupation plus importante que la menace d’un épuisement à terme des réserves d’hydrocarbures. Il est donc indispensable de s’y préparer. L’inquiétude quant aux risques liés au secteur énergétique n’est pas nouvelle : à la suite du premier choc pétrolier, la plupart des pays membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) avaient manifesté leur souci de réduire leur vulnérabilité en ce domaine par la création de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en 1974. Or, si bien des changements sont intervenus depuis cette date, la préoccupation majeure, à savoir assurer la sécurité des approvisionnements de pétrole tout en maintenant le baril à des cours supportables, reste la même.

De nombreux risques sont aujourd’hui susceptibles de menacer les ressources énergétiques et les approvisionnements. Ces risques découlent directement des nouvelles inquiétudes, c’est-à-dire le réchauffement de la planète, susceptible de provoquer des catastrophes naturelles ; le risque politique ou géopolitique, compte tenu de la forte dépendance entre pays consommateurs et pays producteurs ; le risque criminel, voire terroriste.
Les catastrophes naturelles



Il est en effet nécessaire de prendre en compte l’importance des changements climatiques et ses effets sur l’environnement. L’exemple du cyclone Katrina est particulièrement révélateur de ce risque puisque, pour la première fois, un système énergétique a été très gravement touché. Survenu le 29 août 2005, le passage de ce cyclone dans le golfe du Mexique a ravagé une partie de la Louisiane et du Mississipi. Près du quart de la production de pétrole américaine avait alors été suspendue, et les infrastructures furent très endommagées (le montant des dégâts a été estimé à 44 millions de dollars). Depuis cette catastrophe, le golfe du Mexique est devenu une zone à risques… Or, les zones à risques climatiques, en augmentation à travers le monde, peuvent décourager les investisseurs. Il faut donc que les pays industrialisés en prennent conscience et s’engagent à respecter les dispositions du protocole de Kyoto, qu’il s’agirait même de renforcer et d’accélérer (voir plus loin).

Le risque terroriste

Ensuite, le risque de nature criminelle, voire terroriste, est une réalité : il faut tenir compte des faits récents, qui démontrent une augmentation des crimes et des attentats surve¬nus dans le monde, et touchent parfois directement le secteur du pétrole, comme en témoigne le drame du Limburg, un superpétrolier français victime d’un attentat le 6 novembre 2002 au large du Yémen.

La piraterie s’est considérablement accrue, de l’ordre de 20 % d’augmentation annuelle, perturbant de plus en plus le transport maritime, notamment d’hydrocarbures.
Face à ce type de menace, chaque pays dispose désormais d’une réglementation propre à réprimer ce genre de crime. Pour faire face à la piraterie sévissant en Asie, l’ASEAN (Association of South East Asian Nations) a établi en 1999 une unité multinationale afin de faciliter les enquêtes communes à plusieurs pays asiatiques ; de son côté, la Chine a formé des unités de police spécialisées dans la lutte contre la piraterie. Il s’agit aussi d’arrêter les navires clandestins et de récupérer les cargaisons volées : les pays prompts à délivrer des pavillons de complaisance ont été vivement incités ces dernières années à renforcer leurs conditions d’enregistrement des navires pour pouvoir repérer les bâtiments illicites. Enfin, le Bureau international maritime dispose désormais du Shiplock, un instrument de traque des navires par satellite.

L’Afrique est également très concernée. Récemment, le Kenya a pris de nouvelles mesures en créant un centre de secours dans le port de Mombasa pour secourir rapidement les navires victimes de la piraterie dans les eaux somaliennes (en 2005, plus de 40 bateaux avaient été attaqués). Actuellement, tandis que la piraterie tend à diminuer en Asie, grâce à la coopération entre les pays riverains et à l’application d’une stricte réglementation, elle s’accroît dans es eaux africaines, en particulier au large du Nigeria et de la Somalie.

Ensuite, fait bien plus grave, le terrorisme s’étend. Il peut prendre la forme aussi bien de tentatives d’attentats sur des installations énergétiques, comme des centrales nucléaires, que par l’instauration d’une situation de quasi-guerre civile, comme on le voit en Irak depuis trois ans. Les chiffres de la production irakienne témoignent de l’inquiétude des nvestisseurs : alors que la production irakienne était de 2,5 millions de barils avant l’intervention anglo-américaine, au printemps 2003, elle n’est plus que de 1,5 à 1,8 million. Ceci compte tenu des multiples attentats et risques d’enlèvements qui menacent le sersonnel travaillant sur les lieux d’extraction tandis que les oléoducs acheminant la sroduction sont exposés au risque de sabotage. De toute façon, même lorsque les oléoducs ou les autres installations pétrolières ne sont pas touchés par les attentats survenus dans un pays, le marché pétrolier s’en ressent en raison des anticipations de difficultés d’approvisionnement.

Même si le Moyen-Orient est une zone particulièrement sensible depuis plusieurs années, l’Irak est loin d’être le seul pays concerné par ce type de risques : en novembre 2006, une énorme rançon était demandée par les ravisseurs de deux employés de la compagnie norvégienne Petroleum Geo-Service, un Américain et un Britannique, enlevés au sud du Nigeria. Au cours du même mois, un bateau appartenant à une compagnie pétrolière italienne était pris en otage, également au sud du Nigeria. Ce genre d’incident grave est devenu fréquent dans le delta du Niger, où sévissent des groupes armés qui prétendent vouloir redistribuer une part plus importante des revenus pétroliers aux populations locales en difficulté.

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