Boas, pythons et hénophidiens
La famille des boas et pythons (les boïdés) compte environ 70 espèces, présentes dans toutes les régions chaudes du globe. A côté des formes géantes, longues de plusieurs mètres, existent des espèces aux dimensions beaucoup plus modestes certaines n’atteignant pas 1 m de long. Les boïdés se divisent en deux sous-familles : les boïnés, dépourvus de dents sur le prémaxillaire et presque toujours vivipares ; les pythoni- nés, généralement ovipares. Chaque groupe comprend des espèces terrestres, arboricoles, fouisseuses.
Pythons et boas fouisseurs
On admet que les boïdés sont les serpents qui sont restés les plus proches de leurs ancêtrès pourvus de pattes ; de nombreuses espèces montrent encore des vestiges de membres postérieurs, sous forme d’os atrophiés et d’ergots externes. Leur ancienneté se révèle dans la complexité de leur répartition, la variété des modèles écologiques, et l’existence de types relictuels à l’anatomie aberrante, totalement isolés géographiquement. Quel que soit le rang qu’on leur attribue, l’ensemble des formes reconnues appartient à l’infra-ordre des hénophidiens, ou serpents «primitifs».
On connaît quatre groupes d’espèces fouisseuses : le python Loxocemus du Mexique, le python Calabaria d’Afrique tropicale, le python Xenopeltis d’Asie du Sud-Est, et les boas Eryx de l’Afrique occidentale à l’Europe du Sud-Est et à l’Asie méridionale. Une telle variété géographique et systématique montre que l’adaptation à une vie souterraine a été acquise par convergence, indépendamment dans chaque groupe. Toutes les espèces, longues de 1,10 m au plus, ont un aspect trapu, une queue courte, un cou peu marqué, des petits yeux, un museau terminé par une plaque rostrale large et saillante ; elles se nourrissent principalement de petits mammifères.
Des serpents géants
Les plus grands serpents actuels sont tous des boïdés arboricoles ou terrestres, mais tous les boïdés ne sont pas des géants. En Amérique du Sud, le plus commun est le boa constricteur (Boa constrictor), qui atteint exceptionnellement 4 à 5 mètres; il habite les zones forestières, du Mexique à l’Argentine. Le boa de Madagascar, ou do (Acrantophis madagascariensis), est nonchalant et franchement terrestre. Le plus spectaculaire des boïdés africains est le python de Séba (Python sebae), fréquent surtout en savane; il établit son repaire dans un arbre creux ou un terrier, dont il a chassé l’occupant. Redouté des populations indigènes, il est agressif et peut atteindre 7 mètres.
Le plus grand serpent asiatique, le python réticulé (P. reticulatus), assez irritable mesure jusqu’à 9 à 10 mètres; il habite les forêts, de la péninsule indo-chinoise à l’Indonésie et aux Philippines, mais se rencontre aussi dans les habitations et les zones urbaines. Plus court (8 m) mais plus massif, le python molure (P. molurus) vit en Asie méridionale.
Les grands pythons australiens sont généralement classés dans les genres Morelia et Liasis; le plus long, le python améthyste (L. amethistinus), habite le littoral rocheux et les zones de mangrove, des côtes des Philippines à celles du nord de l’Australie ; il peut dépasser 7 mètres. Tous ces boïdés mangent des vertébrés, qu’ils tuent par constriction avant de les engloutir lentement. Les plus grandes espèces, très exceptionnellement, s’attaquent à l’homme.
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