Méthanobactériales
Les méthanobactériales (Methanobacteriales) forment un ordre de micro-organismes méthanogènes, c’est-à-dire capables de produire du méthane. Malgré leur nom, ce ne sont pas des bactéries : elles appartiennent au domaine des archées, un groupe de micro-organismes unicellulaires sans noyau mais distinct des bactéries par sa biochimie et sa génétique. Elles vivent exclusivement dans des milieux privés d’oxygène.
Une place parmi les archées
Le nom de l’ordre date d’une époque où l’on classait tous les micro-organismes sans noyau parmi les bactéries. À la fin des années 1970, les travaux de Carl Woese sur l’ARN ribosomique 16S, menés notamment sur des méthanogènes, ont montré que ces organismes formaient une lignée à part : les archées. Les méthanobactériales sont aujourd’hui rangées dans l’embranchement des euryarchéotes.
Leurs caractères distinctifs sont surtout moléculaires : séquences propres de l’ARN ribosomique 16S et protéines particulières des machineries de la transcription et de la traduction.
Description générale
La forme des cellules varie selon les genres : bâtonnets ou longs filaments chez Methanobacterium, bâtonnets courts ou cellules ovoïdes chez Methanobrevibacter, bâtonnets parfois courbés chez Methanothermus. Ce sont des organismes strictement anaérobies : l’oxygène leur est toxique.
Leur paroi constitue un trait remarquable. Elle est faite de pseudomuréine (ou pseudopeptidoglycane), un polymère qui ressemble au peptidoglycane des bactéries mais en diffère chimiquement. Cette différence les rend insensibles à certains antibiotiques et enzymes qui attaquent la paroi bactérienne, comme la pénicilline ou le lysozyme.
Un métabolisme qui produit du méthane
Les méthanobactériales tirent leur énergie de la méthanogenèse. La plupart oxydent le dihydrogène (H2) en utilisant le gaz carbonique (CO2) comme accepteur d’électrons, ce qui libère du méthane (CH4). Certaines espèces utilisent aussi le formiate ; quelques-unes, comme celles du genre Methanosphaera, réduisent le méthanol. Elles ne dégradent ni les sucres ni les protéines : elles dépendent d’autres micro-organismes qui décomposent la matière organique et leur fournissent dihydrogène et gaz carbonique.
Écologie
On les trouve dans de nombreux milieux sans oxygène :
- le tube digestif des animaux, en particulier le rumen des ruminants, où elles participent à la production de méthane rejeté par le bétail ;
- l’intestin humain, où Methanobrevibacter smithii est l’archée la plus courante ;
- les sédiments aquatiques, les sols gorgés d’eau, les fumiers et les digesteurs de biogaz ;
- des sources chaudes et milieux géothermiques, pour les espèces thermophiles.
Par le méthane qu’elles produisent, ces archées jouent un rôle dans le cycle du carbone et dans les émissions de ce gaz à effet de serre, mais aussi dans la production de biogaz.
Exemples
- Methanobacterium formicicum ;
- Methanothermobacter thermautotrophicus, anciennement nommée Methanobacterium thermoautotrophicum ;
- Methanobrevibacter ruminantium, présente dans le rumen ;
- Methanothermus fervidus, espèce qui vit à haute température.



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