Sarcoptérygiens
Les sarcoptérygiens forment le groupe des vertébrés à « nageoires charnues ». Il réunit des poissons actuels et fossiles dont les nageoires paires sont portées par un axe osseux et musclé, ainsi que tous les tétrapodes, c’est-à-dire les vertébrés à quatre membres. Les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, y compris l’être humain, en font donc partie, comme le rappellent le chimpanzé et la sarcelle illustrant cette page. L’histoire du groupe éclaire le passage des vertébrés de l’eau à la terre ferme.
Le nom et la place dans la classification
Le mot vient du grec sarx, sarkos, « chair », et pterux, « aile » ou « nageoire ». Les vertébrés à squelette osseux, ou ostéichthyens, se divisent en deux grandes lignées : les actinoptérygiens, aux nageoires soutenues par de fins rayons, qui regroupent l’immense majorité des poissons actuels, et les sarcoptérygiens. Dans la classification fondée sur la parenté, le groupe traditionnel des « poissons » n’est donc pas un ensemble naturel : un coelacanthe est plus proche parent de l’être humain que d’une truite.
Un caractère propre : le membre monobasal
Chez les sarcoptérygiens, le squelette interne de chaque nageoire paire, ou de chaque membre, est monobasal : il s’attache à la ceinture par un seul os. Les ceintures sont les ensembles osseux qui relient les membres à la colonne vertébrale, comme l’épaule ou le bassin. Cet os unique correspond à l’humérus pour le membre antérieur et au fémur pour le membre postérieur. Chez un poisson actinoptérygien, au contraire, plusieurs pièces osseuses s’articulent avec la ceinture. Cette organisation, déjà présente chez les poissons à nageoires charnues, a rendu possible l’apparition du bras, de l’avant-bras puis de la main.
Les sarcoptérygiens aquatiques actuels
- Les coelacanthes étaient connus seulement à l’état fossile et passaient pour éteints depuis la fin de l’ère secondaire, jusqu’à la découverte d’un spécimen vivant au large de l’Afrique du Sud en 1938. Une seconde espèce a été identifiée en Indonésie à la fin des années 1990.
- Les dipneustes, ou poissons à poumons, respirent l’air en plus de l’eau. Ils vivent en Australie, en Amérique du Sud et en Afrique ; les espèces africaines peuvent survivre à l’assèchement de leur mare enfouies dans la vase, dans un cocon de mucus.
De la nageoire au membre
Les fossiles du Dévonien, il y a environ 400 à 360 millions d’années, documentent la transition. Eusthenopteron, dont de beaux spécimens proviennent du site de Miguasha, au Québec, possède déjà dans ses nageoires les os équivalents de l’humérus, du radius et de l’ulna. Tiktaalik, découvert dans l’Arctique canadien et décrit en 2006, combine branchies et écailles de poisson avec un cou mobile et des nageoires capables de soutenir le corps. Acanthostega et Ichthyostega, trouvés au Groenland, ont de véritables doigts, plus de cinq par membre, mais restaient largement aquatiques. La conquête de la terre ferme a donc été progressive : les membres sont apparus chez des animaux qui vivaient encore dans l’eau.




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