Un site du réseau encyclopédique Savoir.fr
➔ ENVIRONNEMENT

De la fibre a l’étoffe : L’assemblage des fils en étoffe

Vous êtes ici : » » De la fibre a l’étoffe : L’assemblage des fils en étoffe ; écrit le: 4 mai 2012 par chiraz modifié le 14 novembre 2014

L’assemblage des fils en étoffeDe la fibre a l'étoffe : L’assemblage des fils en étoffe

Une étoffe est une surface textile obtenue par l’assemblage de fils solidarisés par un procédé quelconque (tissage, tricotage, collage, feu­trage…). Cet assemblage confère des proprié­tés d’élasticité et de déformabilité, qui permettent à l’étoffe de s’adapter à des varia­tions de formes, et détermine, pour un même type de fibre, les propriétés du produit final (souplesse, porosité, solidité, etc.). Il existe dif­férents types d’étoffes :

–    les tissus obtenus par l’entrecroisement rectiligne de fils perpendiculaires (tissage) ;



–   les tricots obtenus par l’entrelacement curvi­ligne de fils (tricotage) ;

–    les étoffes mixtilignes formées par l’entrela­cement hexagonal de fils en ligne droite et de fils en ligne courbe ;

–    les non-tissés constitués par un enchevêtre­ment de fibres liées entre elles par différents procédés mécaniques, physiques ou chimiques.

Les tissus

Le tissage est un entrecroisement alternatif de deux séries de fils perpendiculaires, les fils de chaîne longitudinaux et les fils de trame transversaux, selon un dessin nommé « armure ». Le tissage est un procédé qui remonte aux temps préhistoriques : à l’âge de la pierre, l’homme était déjà capable de tisser des lianes entre elles. En Égypte, au temps des Pharaons, appa­raissent les premiers métiers à tisser à main. Ils sont utilisés pendant de nombreux siècles. Au xixesiècle, ils sont remplacés par des métiers à tisser mécaniques automatiques utilisant des navettes. Les plus connus sont ceux de Joseph-Marie Jacquard à Lyon. Actuellement, les métiers à tisser sont progressivement remplacés par des machines à tisser sans navette, très rapides et performantes, permettant une productivité importante.

La préparation au tissage. Avant l’entrecroisement des fils de chaîne et de trame, un certain nombre d’opérations sont nécessaires pour l’un et l’autre.

La préparation de la chaîne L’ourdissage consiste à enrouler parallèlement les fils de chaîne sous une même tension, selon un certain ordre, sur une bobine, appelée « ensouple », qui est ensuite placée sur le métier à tisser. L’encollage, facultatif, permet d’imprégner les fils de chaîne d’une substance collante (cire, glycérine, amidon…) pour les rendre lisses et accroître leur résis­tance. Le rentrage consiste à enfiler dans un ordre défini les fils de chaîne dans les maillons des lisses tendues entre les lames ou cadres du métier à tisser. Le piquage fait passer les fils de chaîne dans les dents du peigne.

La préparation de la trame . Le canetage est l’enroulement du fil de trame, sous une tension déterminée, sur une canette placée dans la navette. Cette opération n’existe plus dans les machines à tisser qui n’uti­lisent pas de navette.

Le tissage. Les fils de chaîne sont déroulés en nappe depuis la bobine, ou ensouple, à l’arriére du métier, sont orientés par le rouleau porte-fil et passent chacun dans les maillons des lisses, puis dans les dents du peigne et s’enroulent à nouveau sous forme de tissu sur la bobine, ou rouleau toilier, située à l’avant du métier. Les lames, ou cadres portant les lisses, se soulè­vent alternativement; il se forme entre les deux nappes de fils de chaîne un espace, appelé «foule», où viennent s’insérer, selon le modèle d’ar­mure, les fils de trame portés par la navette. Après chaque passage de la navette, le peigne, grâce au battant mobile, vient serrer ce fil, appelé « duite », contre le fil de trame précédent. Le tissu ainsi formé vient s’en­rouler sur le rouleau toiIier à l’avant du métier.

Dans les métiers à tisser, la trame, enroulée sur la canette, est insérée par une navette qui parcourt d’un bout à l’autre, la largeur du tissu à l’in­érieur de la foule.

Dans les machines à tisser, la canette est supprimée et l’insertion du fil de trame se fait en continu, à partir de grosses bobines de filature, par l’in­termédiaire de lances flexibles ou rigides, de jets de fluide ou de projectiles.

Les différents tissus

Le mode d’entrecroisement des fils de chaîne et de trame, l’armure, repré­sente le dessin du tissu ; il peut varier énormément. Les caractéristiques du tissage sont représentées sur un schéma appelé « mise en carte ». Il existe trois armures fondamentales qui servent de base à toutes les autres, l’armure toile, l’ar­mure sergé et l’armure satin.

L’armure toile. C’est la plus simple et la plus ancienne ; elle est très utilisée. Le fil de trame passe régulièrement au-dessus et en dessous des fils de chaîne successifs.

L’entrecroisement est inversé d’une ligne à l’autre, créant ainsi de nombreux points de liage (points d entrecroisement des fils, en noir. L’armure toile donne des tissus transparents et fins (voiles, mousselines…), des tissus solides ayant un aspect grenu (linge de maison, toiles de jardin…) ou des tissus à effet de couleur (vichy, écossais, damiers…). Ces tissus ne présentent ni endroit ni envers. Les dérivés de l’armure toile sont les reps, les nattés réguliers ou irréguliers et les cannelés.

L’armure sergé. Elle présente des fils moins liés que dans les toiles. Par exemple, le fil de trame passe au-dessus de deux fils de chaîne créant une bride flottante ou «flotté», puis en dessous du fil de chaîne suivant. L’entrecroisement, décalé d’une ligne à l’autre, crée un effet oblique. Les tissus sergés présentent des côtes saillantes séparées par des bandes obli­ques. L’envers est différent de l’endroit. Un exemple en est donné par le tissu des jeans. Les dérivés de l’armure sergé sont les croisés, les tissus à chevrons, les tissus à nervures, à effet de losanges, de diagonale.

L’armure satin Elle présente une série de flottés de fils (trame) couvrant l’autre série (chaîne) sur une grande longueur, avec une dissémination des points de liage, qui évite tout effet de diagonale. Les différents satins varient par le nombre des points de liage. Ces tissus ont un effet uni et brillant sur l’endroit et mat sur l’envers. À partir de ces armures de base, de nombreux autres tissus peuvent être réalisés :

– les tissus «fantaisie» combinent plusieurs armures ou dérivés (tissus granités, damassés) ;

–    les tissus double face (tissus brochés, piqués) ;

–    les doubles étoffes (tissus matelassés, cloqués) qui permettent de réali­ser de multiples combinaisons (tissus à multiples épaisseurs) ;

–     les tissus à fils relevés sont Illustrés par les velours. Ils présentent sur l’endroit des petits poils très serrés maintenus par les fils du tissu. Les poils sont formés soit par les fils de trame, soit par les fils de chaîne. Les tapis sont fabriqués de façon identique ;

–     les gazes, tissus légers dont l’armure sinueuse présente une certaine transparence.

Les utilisations des tissus. Les tissus sont employés dans tous les domaines du textile : habillement, ameublement, linge de maison, textiles techniques divers.

Les tricots. Le tricotage est un entrelacement de fils repliés en boucles qui s’accrochent les unes dans les autres pour former des mailles. Contrairement aux tissus, qui sont un entre­croisement de fils rectilignes, les tricots sont des étoffes à fils curvilignes. La bonneterie est l’industrie qui produit les tricots. L’art du tri­cotage serait originaire d’Orient, puis aurait gagné l’Europe. L’un des plus anciens ouvra­ges tricotés connus provient de Syrie et date de 250 ans apr. J.-C. environ. La confection de tricots à partir de broches puis d’aiguilles reste longtemps manuelle et artisanale, puis, à la fin du xvie siècle, un pasteur anglais invente le premier métier à confectionner les bas. En France, sous l’impul­sion de Colbert, ce métier va être transformé ; de nombreuses manufactu­res sont créées qui produisent des tricots, des bas, des dentelles et des tapisseries. Au xvme siècle, la ville deTroyes devient un lieu important de la bonneterie. Du xvme au xxe siècle, les métiers sont de plus en plus perfec­tionnés et la bonneterie s’étend. Actuellement, tous les métiers sont infor­matisés. Il existe deux grandes catégories de tricots: ceux à mailles cueillies et ceux à mailles jetées.

Les tricots à mailles cueillies, ou tricots trame. Les mailles sont formées par un seul et même fil, rangée par rangée, les boucles d’une rangée pas­sant à travers les boucles de la rangée précédente. Le fil parcourt le tricot, d’une lisière à l’autre. Les tricots ainsi formés ont une grande élasticité à la fois longitudinalement et transversalement. Un inconvénient existe toutefois: le risque de démaillage; ces articles sont défilables et fragiles. Les armures les plus utilisées sont le jersey, les côtes, l’interlock et les tricots Jacquard.

Les tricots à mailles jetées, ou tricots chaîne. Ces tricots sont formés verticalement par des colonnes de mailles. La machine contient un nombre d’aiguilles formant un ensemble solidaire et solide. Chaque aiguille est alimentée par un fil ; il y a donc autant de fils que d’aiguilles. Toutes les mailles d’une même rangée sont formées, en même temps, avec des fils dif­férents. Chaque fil formant sa maille, il est nécessaire de les relier entre elles : alternativement, une maille est faite par le fil d’une aiguille, puis, pour la rangée suivante, la maille d’une même colonne est faite par le fil voisin, ce qui permet de relier les colonnes de mailles les unes aux autres.

Le tricot formé est moins élastique et peu déformable; il est solide et difficilement défilable. Les principales armures utilisées sont le simple tricot, le double tricot et l’armure charmeuse pour la fabrication de linge­rie. Les métiers, ou machines à tricoter, sont très nombreux: tricoteuses ménagères et tricoteuses artisanales, rectilignes; machines industrielles, rectilignes ou circulaires, très rapides et productives.

Les utilisations des tricots, La bonneterie permet la fabrication d’étoffes qui présen­tent des qualités différentes de celles d’un tissu: extensibilité et souplesse, volume et confort, meilleure perméabilité à l’air. Les domaines d’utilisation sont nombreux dans l’habillement: fabrication de bas, collants, chaussettes, sous-vêtements et lingerie, pull-overs, robes, articles de bain, articles de sport. Les tricots servent aussi en ameublement, dans l’industrie automobile et pour divers textiles techniques.

Les tulles et les étoffes mixtilignes .Les tulles sont des étoffes à fils mixtilignes. Ils résultent de l’association de fils en ligne droite et de fils en lignes courbes qui for­ment des mailles hexagonales .On associe aux tulles des étoffes légères et transparentes variées, telles que les dentel­les et les guipures. À la différence du tissage, où les fils de chaîne et de trame s’entrecroi­sent, la confection de ces étoffes consiste à enrouler les fils de trame autour des fils de chaîne, comme le ferait une dentellière. Les boucles du fil de trame tirent sur les fils de chaîne tendus et créent ainsi les mailles hexagonales caractéristiques.

Pour les guipures et dentelles, l’ajout d’un troisième fil (fil broché, fil brodeur ou fil guipé) permet d’exécuter des dessins. L’industrie des étoffes mixtilignes est récente; elle date du xixe siècle. Les métiers à tulle, guipures et den­telles sont des métiers à torsion.

Vidéo : De la fibre a l’étoffe : L’assemblage des fils en étoffe

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : De la fibre a l’étoffe : L’assemblage des fils en étoffe

← Article précédent: Article suivant:

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles