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Culture et structures de base de la vie sociale

Vous êtes ici : » » Culture et structures de base de la vie sociale ; écrit le: 4 mai 2012 par Samouha modifié le 14 novembre 2014

la famille et les systèmes de parentéCulture et structures de base de la vie sociale

La famille et la communauté locale assurent la transmission d’une part essentielle de la vie sociale. C’est dire l’importance que revêt pour la géographie culturelle la compréhension des systèmes de parenté.

L’individu s’inscrit biologiquement au confluent de deux lignées, celle de son père et celle de sa mère. Cette réalité est repensée au plan de la culture : elle offre à la fois l’image de la hiérarchie (les rapports des parents à l’enfant) et de la communauté (la famille est généralement vécue comme un tout solidaire).



L’ethnologie découvre la diversité des systèmes de parenté lorsqu’au xiiie siècle, Lewis Morgan (1870) se rend compte que les termes employés par les indiens Iroquois du Canada pour désigner leurs parents ne sont pas descriptifs, comme les nôtres (père, mère, sœur, frère, fille, fils et.), mais classificatoires (tous les parents de la génération du père sont par exemple, nommés pères). Quelle est la raison de ces surprenantes désignations ? Des sociétés dont le capital technique est modeste manifestent en ce domaine une surprenante inventivité. W.H.R. Rivers définit en 1910 les méthodes sur lesquelles repose toujours l’analyse des rapports de descendance et d’alliance.

Le domaine devient à la mode dans les années 1940 et 1950 sous l’influence des travaux que Claude Lévi-Strauss consacre aux Structures élémentaires de la parenté (1949). L’ouvrage traite des cultures à systèmes classificatoires. Les recherches sur les cultures où le choix des conjoints n’est pas enserré dans des règles aussi strictes se sont développées indépendamment (Gaudemet, 1963 ; Goody, 1985-b). On connaissait depuis les recherches de Frédéric Le Play, vers 1850, la diversité des systèmes familiaux français et européens. Les recherches récentes d’Emmanuel Todd (1983) ont rappelé que les différences de comportements liés à ces types de familles demeurent plus vivantes qu’on ne le pense généralement.
Les systèmes de parenté impliquent :

  •  des règles à respecter pour le choix du conjoint ; elles codifient les rapports entre les lignages que le mariage rapproche ;
  •  le choix d’un mode de filiation privilégié, par le père (système patrilinéaire), par la mère (système matrilinéaire) ou par les deux (système bilinéaire) ;
  •  le lieu de résidence des époux : auprès des parents du mari (régime patrilocal), de la parenté élargie du mari (régime virilocal), de la femme (régime matrilocal), de la parenté élargie de la femme (régime uxorilocal) ou dans une nouvelle localisation (régime néo-local) ;
  • la définition de règles d’héritage.

L’importance des systèmes de parenté vient de ce qu’ils déterminent la circulation des femmes (et donc le potentiel de fécondité) et celles des richesses entre les lignages (par le jeu de la dot ou des autres formes de paiement liées au mariage) et entre les générations (du fait de l’héritage).

La prohibition de l’inceste, universelle dans le monde, a une finalité simple : c’est « moins une règle qui interdit d’épouser mère, sœur ou fille qu’une règle qui oblige à donner mère, sœur ou fille à autrui », indique Claude Lévi-Strauss ( 1949). Les systèmes élémentaires de parenté y parviennent en indiquant de manière précise qui épouser. Dans les sociétés à moitiés, l’épouse doit venir d’un lignage de l’autre moitié. Lorsque l’appartenance à un lignage est réglée sur le mode patrilinéaire,il est interdit d’épouser les cousins qui appartiennent au clan patrilinéaire (les enfants des oncles du côté paternel que l’on dit cousins parallèles). Il faut se marier avec les Il Iles des oncles maternels, qui sont dites cousines croisées.

Claude Lévi-Strauss a étendu ces résultats aux sociétés qui ne sont pas structurés en moitiés. Lorsque obligation est faite d’épouser ses cousins croisés, les lignage échangent réciproquement des épouses de génération en génération.L’obligation d’épouser la cousine matrilatérale croisée (la fille de l’oncle maternel) conduit à un échange généralisé de femmes entre les lignages, le lignage B qui fournit des épouses au lignage A ne peut lui-même les recevoir que du lignage C, etc.

Dans les sociétés où le choix du conjoint n’est limité que par quelques interdits concernant les consanguins les plus proches, la signification des règles de résidence et d’héritage devient prépondérante. Dans les sociétés patrilocales ou virilocale, les femmes sont condamnées à passer leur vie hors du milieu où elles ont l’if f levées et loin de leurs proches. La réciproque est vraie des hommes dans les systèmes matrilocaux ou uxorilocaux. Cela crée des problèmes humains et pèse sur le contenu de ce qui est transmis de génération en génération.

Les familles distinguées par Le Play sont de trois types : la famille patriarcale, nu tous les fils mariés restent au foyer, la famille souche, qui garde près des parent l’enfant institué « héritier associé », et famille instable, réduite au couple   et à ces enfants non émancipés. Emmanuel Todd souligne le poids de ces structures dans la formation des jeunes (Todd, 1983).

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