Géopolitique de l’énergie : richesse, argent et pouvoir

> > Géopolitique de l’énergie : richesse, argent et pouvoir ; écrit le: 10 février 2012 par mariouma modifié le 26 août 2018

Géopolitique de l’énergie 

Le bilan énergétique mondial est caractérisé par une forte intensité en carbone. Plus de 80 % de notre consommation d’énergie provient de ressources énergétiques non renouvelables et polluantes : le pétrole, le charbon et le gaz naturel. Si rien n’est changé, l’évolution deviendra insoutenable, car elle accélérera le changement climatique qui endommage déjà fortement la planète, avec le risque d’impacts graves et irréversibles. Il est encore temps d’éviter les pires impacts du  changement climatique si nous  prenons des mesures   fortes dès maintenant. Le rapport Stern  estime que , si nous n’agissons pas, l’ensemble dos coûts et des  risques sera équivalent à   la perte d’au moins 5 % du  mondial chaque année, maintenant et pour toujours. En revanche, le coût de l’action – réduire les émissions de gaz à effet de serre pour éviter les pires effets du changement climatique – peut être limité à environ 1 % du PIB mondial chaque année. Cependant, tous les pays no partagent pas le même diagnostic, alors que l’urgence et la nécessité d’une action sont mondiales.
En 2010, l’Agence Internationale de l’énergie (AIE 2010) a calculé que le fait de n’avoir pas pris de décisions contraignantes à Copenhague devrait coûter 1 trillion de dollars à l’économie mondiale. C’est le coût de la « non action ».
La géopolitique de l’énergie concerne l’équilibre des pouvoirs entre les nations et les entreprises pour l’accès aux ressources énergétiques et, au sein de chaque nation, la gestion des ressources énergétiques et des dossiers énergétiques. Dans les pays exportateurs de pétrole et de gaz, la géopolitique de l’énergie est étroitement liée à l’appropriation de l’argent du pétrole et du gaz, ainsi que sa répartition par le biais des choix politiques. Dans les pays importateurs de pétrole et de gaz, la sécurité d’approvisionnement énergétique est une préoccupation politique majeure. La géopolitique de l’énergie englobe la politique énergétique, la politique étrangère et, parfois, l’action militaire.

Le pétrole et le gaz tiennent une place spécifique dans la géopolitique de l’énergie pour trois raisons principales : d’abord parce que les grandes zones de consommation ne correspondent pas aux grandes zones de production, ensuite parce que la production et la consommation pétrolière et gazière génèrent d’énormes revenus et enfin parce que l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) joue un rôle clé dans la détermination du prix du pétrole, qui reste la principale référence pour la fixation des prix mondiaux de l’énergie.
L’enjeu financier de l’énergie est illustré par l’économie du pétrole avec cet étrange paradoxe qu’il s’agit d’une matière première (le pétrole brut) très bon marché qui génère une quantité incroyable de richesses. Chaque année, les ventes mondiales de produits pétroliers, taxes incluses, représentent environ 2 000 milliards 7 de dollars. Le coût moyen pour la découverte, la production, le transport, le raffinage et la distribution de ces produits peut être évalué à environ 500 milliards de dollars. La différence entre les ventes et le coût (2 000 – 500) constitue ce que nous appelons « le surplus pétrolier ».

La richesse qui est produite chaque année par le secteur . une somme d’environ 1 500 milliards de dollars, représente l’équivalent du PIB d’un pays comme la France. Le surplus pétrolier constitue le « gâteau », qui est partagé entre les pays producteurs, les pays consommateurs et tous les acteurs qui interviennent tout le long de la chaîne de valeur : les compagnies pétrolières, les sous-traitants, les intermédiaires, etc. Plusieurs facteurs expliquent le volume du surplus et les modalités de partage . Le coût de production du pétrole conventionnel dans le monde varie de un à quinze dollars par baril. Cela signifie que les producteurs à faible coût bénéficient automatiquement d’une rente minière de même nature que la rente classique, analysée par David Ricardo. En outre, l’OPEP exerce, à certains moments, une influence sur la détermination du prix du pétrole, ajoutant une forme de rente de monopole en sus de la rente minière. Du côté de la demande, certains produits pétroliers, comme l’essence, le gazole et le kérosène, ne sont pas remplaçables à court terme et, par conséquent, jouissent d’une situation de monopole (ce qui n’est pas le cas pour le fioul, en concurrence avec le gaz naturel et le charbon). Les gouvernements des pays développés importateurs de pétrole exploitent cette situation de monopole pour imposer des taxes. Dans un pays comme la France, les taxes sur les produits pétroliers représentent environ 10 % du total des recettes de l’État. Au niveau mondial, les gouvernements des pays consommateurs accaparent plus de 50 pour cent de la rente pétrolière.
En dehors du pétrole, les revenus de l’énergie sont plus dispersés. La rente gazière n’est pas aussi importante que celle du pétrole pour au moins deux raisons :  le coût de transport du gaz est très élevé, entre 7 et 10 fois plus cher que pour le pétrole à contenu énergétique équivalent,  le gaz naturel ne jouit pas d’une situation de monopole auprès du consommateur car il doit être compétitif par rapport à ses énergies de substitution. Néanmoins, les revenus du gaz jouent un rôle très important dans les économies des pays exportateurs de gaz, eux aussi touchés par la « malédiction des ressources ».
Ces différents éléments jouent un rôle important dans la structuration des flux mondiaux d’énergie. Nous allons examiner successivement les inégalités économiques et énergétiques,  les ressources énergétiques, la rareté et les prix, les pays exportateurs de pétrole et de gaz souvent marqués par le « nationalisme des ressources »,  les pays importateurs de pétrole et de gaz et la sécurité de leurs approvisionnements, les acteurs industriels,  le champ de bataille mondial et enfin,  la géopolitique du pétrole et des prix de l’énergie.

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Une réponse pour "Géopolitique de l’énergie : richesse, argent et pouvoir"

  1. MOUTTI Jean  8 octobre 2012 at 14 h 33 min

    Un prêtre ou un Pasteur doit-il se préoccuper de devenir riche et même très riche pour mieux servir le CHRIST, pour préparer sa retraite et avoir une vie décente (soins de santé de qualité par exemple), sans avoir à vivre d’aumônes en tendant la main les jours de culte ?

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