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Le paradoxe du bruit

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images 311 - Le paradoxe du bruitL’homme aime le bruit

L’homme aime le bruit. Depuis le bruit des vagues jusqu’à celui des discothèques et des méga-concerts de rock, il paie parfois très cher, en argent et en ennuis de santé, le privilège d’être au milieu du bruit. Le bruit est en quelque sorte inhérent à notre civilisation. La so­ciété contemporaine urbaine est une société bruyante voire même très bruyante, et la source principale de ce bruit provient à 80 % des transports (automobiles, aériens, ferroviaires).

Est-ce pour cette raison qu’il existe une certaine résistance à considé­rer le bruit comme un polluant majeur ? La pollution de l’air et celle de l’eau effraient, en revanche la pollution par le bruit attire moins l’attention des populations, et rarement celle des politiques !

Il y a beaucoup de raisons à cet état de fait : d’abord, comme nous l’avons dit, l’être humain ne déteste pas le bruit : le bruit, c’est la vie, la fête. Ensuite, il semble relativement simple d’échapper au bruit, tout simplement en s’éloignant de sa source ou en fermant la fenêtre (à double vitrage de préférence). Enfin, et c’est d’ailleurs là tout le pro­blème, les inconvénients du bruit n’apparaissent que tardivement, in­sidieusement, ce qui retarde la prise de conscience de l’opinion publique.

Le bruit : première source de plainte

Pourtant, le bruit est l’une des plus constantes et des plus fri’-, quentes réclamations de la vie en société, et les plaintes contre le ta-‘ page nocturne sont certainement l’une des meilleures raison» d’exister des commissariats de police. Car si l’homme aime le brui!, il aime celui qu’il a choisi ou qui est socialement accepté comme uni* fatalité, mais il ne supporte pas les aboiements du chien de son voi sin, ou une conversation sous ses fenêtres. La télévision ne l’empê­che pas de s’endormir (elle est parfois même soporifique), en revanche celle du voisin peut être responsable d’une insomnie in­supportable, sans parler de l’enfer de vivre à proximité d’une disco­thèque ou d’un simple feu rouge.

Dans tous les cas, la plainte contre le bruit agit comme un révélateur de la difficulté de la vie en société, et moins comme une réclamation contre la pollution. Le bruit des autres importune, est parfois franche­ment insupportable, est un facteur de stress, mais il ne rend pas sourd.

On ne peut pas en dire autant du bruit de fond de nos grandes villes… On estime que la moitié de la population européenne vit dans un en­vironnement dont l’intensité sonore est préjudiciable à la santé, et en particulier à celle des oreilles.

L’échelle du bruit

Le bruit d’un camion dans la rue correspond à peu près à 65 déci­bels (dB). Si on ferme la fenêtre, il n’est plus que de 40 dB. Une voiture roulant à 50 km/h fait un bruit de 60 à 80 dB. Lorsque l’on travaille, la situation est relativement confortable quand le bruit ambiant ne dé­passe pas 45 à 50 dB, et s’il faut se concentrer, on préfère générale­ment une ambiance plus calme, où le bruit ne dépasse pas 35 à 40 dB. Pour pouvoir comparer, sachez que le bruit d’une discothèque est gé­néralement de 80 dB, ce qui est très agressif pour les oreilles et qu’un avion au décollage atteint 130 dB, ce qui est au-delà du seuil de dou­leur pour l’oreille humaine. Or, on estime que la moitié de la popula­tion européenne est soumise à une pression sonore quasi permanente de l’ordre de 55 dB, pour une seule et grande raison : le trafic automo­bile.

Quelques exemples d’intensité sonore en décibels (dB)

Le danger d’une exposition au bruit dépend de deux facteurs : du niveau sonore et de la durée d’exposition. Plus l’intensité et la durée

il’exposition sont élevées, plus le risque de lésions de l’audition aug­mente.

La législation du bruit

La loi sur le bruit du 31 décembre 1992 est le premier texte global en la matière. Cette loi a instauré des réglementations liées à l’envi­ronnement sonore : isolation des bâtiments, protection des habitants à proximité des aéroports, limitation du niveau sonore des engins et produits. Elle a aussi fixé comme objectif la suppression de 3 000 « points noirs » (zones où le bruit atteint plus de 70 dB entre 8 heures et 20 heures).

En 1998, un décret sur le bruit dans les lieux publics fixe à 105 dB le niveau maximum de bruit dans les lieux musicaux, notamment dans les discothèques. Une directive européenne fixe aussi des seuils con­cernant les véhicules à moteur, les avions, et réglemente le bruit à proximité des hôpitaux, des écoles, dans certains quartiers… Bruxel­les a d’autre part demandé aux États membres d’établir une cartogra­phie des nuisances sonores pour 2007. Une autre directive a fixé un seuil de 85 dB comme niveau sonore maximum au travail. Au-delà, les employés doivent bénéficier de protections anti-bruit. Quant aux ba­ladeurs, leur intensité est limitée à 100 dB.

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