Marchantiophytes
Les marchantiophytes, ou hépatiques, forment un groupe de petites plantes terrestres dépourvues de vraies racines et de vaisseaux conducteurs. Leur nom savant vient du genre Marchantia ; leur nom courant rappelle la forme lobée de certaines d’entre elles, qui évoque un foie. Avec les mousses et les anthocérotes, elles composent l’ensemble des bryophytes.
Description générale
Chez les hépatiques, la phase dominante du cycle de vie est le gamétophyte, c’est-à-dire la plante haploïde verte que l’on observe. Sa forme est variable : certaines espèces ont un aspect de lame aplatie, le thalle, parfois découpé en lobes ; la majorité portent de petites structures en forme de feuilles disposées le long d’une tige. Le gamétophyte est fixé au support par des rhizoïdes unicellulaires.
Les hépatiques ne possèdent pas de véritables stomates. Chez Marchantia polymorpha, une coupe du thalle montre un épiderme percé de pores aériens qui conduisent l’air dans des chambres où se trouvent des filaments chlorophylliens ; les rhizoïdes sont visibles à la face inférieure.
Reproduction
Après la fécondation, un sporophyte se développe sur le gamétophyte et en reste dépendant. Sa capsule est simple, sans columelle. Entre les spores se différencient des élatères, cellules allongées dont la paroi porte des épaississements en spirale : en se déformant selon l’humidité, elles favorisent la dispersion des spores.
Beaucoup d’hépatiques se multiplient aussi de façon végétative. Marchantia et Lunularia portent sur leur thalle de petites corbeilles qui contiennent des propagules, détachées et dispersées par les gouttes de pluie ; celles de Lunularia ont une forme de croissant, d’où son nom.
Caractères propres au groupe
- Oléocorps : beaucoup de cellules du gamétophyte renferment des corps huileux, caractéristiques des hépatiques.
- Acide lunularique : les hépatiques synthétisent cette substance.
- Élatères : présentes dans la capsule ; leur parenté avec les pseudo-élatères des anthocérotes est parfois avancée.
Écologie et diversité
Les hépatiques vivent dans des milieux humides : sur le sol, les rochers, l’écorce ou le bois en décomposition. Certaines poussent même sur les feuilles d’autres plantes, en épiphytes, surtout sous les tropiques, où le groupe est le plus diversifié. On en estime le nombre d’espèces à environ 9 000.
Le groupe est ancien. Des microspores attribuées aux hépatiques remontent au Silurien inférieur, et les plus anciens macrofossiles indiscutables, comme Pallavicinites, datent du Dévonien supérieur.
Quelques espèces
- Marchantia polymorpha, fréquente dans les lieux humides et les pots de pépinière, devenue un organisme modèle en biologie végétale ;
- Lunularia cruciata, reconnaissable à ses corbeilles en croissant ;
- Riccia glauca, petite espèce à thalle des sols humides.



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