Sociétés animales: la distance une clé du social ?
Pour l’Américain C. Me Bride [1964], une société se définit de la manière la plus simple par une répartition d’animaux dans l’espace, qui ne s’opère pas au hasard mais résulte d’un comportement d’espacement des individus envers leurs voisins et non d’une discontinuité en rapport avec leur environnement physique.
Dispersion ou rassemblement ?
Selon lui, il existe deux extrêmes possibles : la dispersion maximale des individus, ou leur rassemblement.
Dans le premier cas, les distances entre voisins sont uniformes : des animaux vivent sur des territoires de taille égale. Dans le deuxième, les animaux ont tendance à se rassembler et à former des groupes. Mais la dispersion des groupes et des animaux peut aussi s’effectuer au sein d’un groupe plus grand. L’espace représente donc ici un critère important de l’organisation sociale.
Les sociétés animales sont des systèmes fonctionnels de l’organisation animale visant à une adaptation toujours meilleure aux conditions environnantes. Dans cette optique, l’étude des structures d’organisation conduit naturellement à ne réfléchir que dans la perspective d’une évolution par sélection naturelle. Il n’existe pas vraiment d’autre hypothèse.
Nous verrons qu’il y a lieu, parfois, de parler de comportement social même dans le cas d’animaux solitaires, ou réputés tels, car ils établissent des domaines vitaux et des territoires, ce qui montre bien qu’ils organisent leur comportement concernant «leurs espaces» en fonction de leurs voisins, et entretiennent avec eux des interactions variées communiquant leur identité, leur caste, leur localisation, autant d’informations qui constituent les bases du comportement dans l’espace. Rester solitaire n’est donc pas s’abstraire de toute relation sociale.
Distance et facteurs chronobiologiques:
Les sociétés varient aussi dans le temps : elles ne sont pas identiques au fil des saisons ni même sur un cycle de 24 heures. Les facteurs intervenant tant dans l’organisation de l’espace que dans les diverses activités comportementales impliquées par chaque situation sociale sont dits «chronobiologiques».
Pour comprendre l’organisation sociale d’une espèce donnée, il faut donc avoir présent à l’esprit que tous ses représentants ne sont pas identiques, qu’ils varient en âge, en sexe, et, surtout, que le comportement de l’individu et du groupement social change selon des rythmes annuels et journaliers.
Le terme de société animale doit ainsi être réservé à des groupes permanents. Cependant, quelques comportements sociaux peuvent apparaître, temporairement, au cours du cycle de vie de certaines espèces. Les individus se classent alors en types différents, plus ou moins spécialisés, correspondant aux différents rôles: garde du groupe, soins aux jeunes, collecte de nourriture, explorations, etc.