Acanthocéphales

Les acanthocéphales sont des vers parasites, regroupés dans l’embranchement des Acanthocephala, qui se fixent à la paroi intestinale de leur hôte grâce à une trompe hérissée de crochets. Leur nom vient du grec akantha, « épine », et kephalê, « tête ». On en connaît plus d’un millier d’espèces, toutes parasites, qui vivent à l’état adulte dans l’intestin de vertébrés : poissons, oiseaux, mammifères, plus rarement amphibiens et reptiles.
Anatomie
Le corps des acanthocéphales, le plus souvent long de quelques millimètres à quelques centimètres, peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres chez certaines espèces parasites de mammifères. Il comprend une partie antérieure, la trompe, et un tronc. La trompe, armée de rangées de crochets recourbés vers l’arrière, peut se retourner et rentrer dans une gaine ; des organes internes appelés lemnisques participent à ce mouvement. Fait remarquable, les acanthocéphales n’ont aucun tube digestif, à aucun stade de leur vie : ils absorbent les nutriments de l’hôte directement à travers leur tégument. Leur surface plissée les fait parfois confondre avec des nématodes, dont ils sont pourtant éloignés.
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Reproduction et cycle de vie
Les sexes sont séparés et la femelle est souvent plus grande que le mâle. Après l’accouplement dans l’intestin de l’hôte définitif, la femelle libère de très nombreux œufs, entourés de plusieurs enveloppes, qui sont évacués avec les excréments. Le développement passe ensuite par plusieurs stades :
- l’acanthor, larve munie de crochets, contenue dans l’œuf ;
- l’acanthelle, stade de développement dans la cavité générale d’un hôte intermédiaire, un arthropode (crustacé ou insecte) qui a avalé l’œuf ;
- le cystacanthe, forme infestante, qui attend que l’hôte intermédiaire soit mangé par l’hôte définitif.
Chez certaines espèces, un hôte dit paraténique, qui héberge le parasite sans que celui-ci s’y développe, peut s’intercaler entre l’hôte intermédiaire et l’hôte définitif.
Des parasites qui manipulent leur hôte
Certains acanthocéphales sont devenus des exemples classiques de manipulation parasitaire. Chez des petits crustacés d’eau douce, les gammares, l’infection par certaines espèces modifie le comportement : les individus parasités sont attirés par la lumière ou se tiennent près de la surface, ce qui les rend plus visibles pour les poissons ou les oiseaux qui sont les hôtes définitifs. Le parasite augmente ainsi ses chances d’achever son cycle.
Classification et importance
Longtemps rangés à part, les acanthocéphales sont aujourd’hui considérés, d’après les données moléculaires, comme proches des rotifères, avec lesquels ils forment le groupe des Syndermata. Ils ont une importance en pisciculture et en élevage, car de fortes infestations peuvent affaiblir les animaux. Chez l’être humain, les infections sont rares et accidentelles : elles concernent surtout des espèces du porc ou du rat, comme Macracanthorhynchus hirudinaceus ou Moniliformis moniliformis, contractées en avalant des insectes infestés. Un trouble digestif inexpliqué relève toujours d’un avis médical.
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