Ce que disent les empreintes digitales: Quand les empreintes se forment-elles?

> > Ce que disent les empreintes digitales: Quand les empreintes se forment-elles? ; écrit le: 3 avril 2013 par abboura modifié le 13 novembre 2014

Quand les empreintes se forment-elles?

La réponse à cette question, qui a l’air pourtant très simple, n’est pas tranchée. 11 semble qu’elles apparaissent entre la septième et la onzième semaine de gestation. Leur apparition est précédée d’un gonflement des doigts et de la paume des mains, sur lesquels apparaissent des coussinets que l’embryon conserve quelques semaines. Ces coussi­nets sont analogues aux coussinets que les chats ont sur les pattes, et qui leur permettent de se réceptionner sans dou­leur. C’est une idée amusante que de penser qu’il suffirait probablement de modifier un gène quelque part dans le circuit, pour que nous naissions avec de beaux coussinets sur les mains et les pieds, grâce auxquels nous pourrions nous jeter du haut d’un immeuble et nous réceptionner en souplesse. Mais la nature a décidé que l’homme aurait des empreintes digitales à la place des coussinets. Elle n’avait pas prévu la police judiciaire. Si l’on pousse un peu le rai­sonnement, il semble plus utile d’avoir des empreintes, pour passer de branche en branche, que des coussinets (qui sont plutôt pratiques pour descendre). Ainsi la présence des empreintes est-elle la manifestation d’une vie très arboricole (primates), tandis que la présence des coussi­nets est celle d’une vie essentiellement terrestre, avec des sauts.

Lorsque les coussinets de l’embryon fondent et dispa­raissent, vers la huitième semaine, ils laissent sur la main ces empreintes, qui semblent être des plis et des creux. Semblent, car l’histoire est loin d’être dite. Mais pour en rester à la question du moment de leur formation, il faut simplement insister sur le fait que, pendant quelques semaines, les doigts ont la forme d’une ampoule (comme certaines grenouilles). Puis ils acquièrent (c’est fini vers la onzième semaine) une forme de doigt humain, qui, après la naissance, se développera jusqu’à l’adolescence. La forme peut encore évoluer en fonction de l’activité manuelle (épaississement, musculation, etc.). La forme des doigts n’est donc pas arrêtée une fois pour toutes à un certain âge, elle évolue dans le temps, et même jusqu’à la mort.

On pourrait penser que cette observation n’a d’intérêt que pour les spécialistes, qu’elle est le fait d’un cher­cheur maniaque, essayant de faire un tri quasi maladif dans les problèmes auxquels il se confronte. Cependant, il y a quelque chose de tout à fait surprenant à cet aspect évolutif. J’ai dit plus haut que les empreintes digitales étaient associées dans l’esprit de l’homme à l’identité. C’est tellement vrai que, prenant l’expression au pied de la lettre, les adversaires de l’avortement énumèrent, parmi les caractéristiques qui forgent l’identité de l’em­bryon, l’existence de ces empreintes digitales. Ainsi, l’embryon de onze semaines, voué à un avortement, possède déjà ses empreintes (le terme limite d’avorte­ment est de quatorze semaines). Pour les adversaires de l’avortement, c’est une monstruosité que d’avorter un fœtus qui porte des empreintes, puisqu’il possède déjà cet attribut-là. Une conséquence de cette observation est que, suivant qu’on lit des articles, ouvrages ou pages webs des adversaires de l’avortement, ou bien à l’in­verse des articles scientifiques indépendants, on trou­vera des termes – de gestation – d’apparition des em­preintes digitales très variables, systématiquement plus précoces pour les adversaires de l’avortement. Leur intérêt, bien entendu, est de faire croire que ces em­preintes apparaissent très tôt. Cependant, en quoi la pré­sence d’empreintes digitales devrait-elle affecter la date de l’avortement ?

Pourquoi des empreintes digitales ?

Voilà une question très directe, qu’on se pose immédia­tement pour la plupart des formes biologiques, et surtout les plus bizarres d’entre elles. Dans bien des cas, il n’y a pas de doute sur un certain aspect du « pourquoi ? » : le cœur pompe le sang, évidemment, le poumon nous sert à respirer, les dents à broyer les aliments. Mais après tout, nos pompes industrielles ne sont pas construites sur le modèle du cœur (qu’on ne sait, d’ailleurs, pas reproduire artificiellement), et nous ne ventilons pas davantage la maison avec un diaphragme. Alors ?

Dans le cas des empreintes digitales, et puisque nous reprochons tant aux chiromanciens leur supercherie, l’honnêteté nous oblige à dire que, dans le fond, on ne sait pas trop à quoi elles servent. Ceux qui se sont aventurés sur ce terrain ont abouti à une explication d’apparence savante, raisonnable mais peu fondée : les empreintes digitales servent à mieux tenir aux branches des arbres (singes et koalas apportent de l’eau à ce moulin, ce serait pour cette raison qu’on en trouve une au bout de la queue des singes), et, par extension, à mieux tenir les objets dans la main (ou dans la queue). Les empreintes auraient pour rôle de modifier, sur les mains, les forces de friction, pour ne pas lâcher prise.

C’est ce qu’on appelle le « grip », en bon franglais. Ceux qui jouent au foot ou font de la planche à voile connaissent bien l’avantage qu’il y a à coller sur une surface un revêtement rugueux, permettant de mieux se tenir. On en met aussi au fond des baignoires, quand il s’agit de baigner un enfant qui ne tient pas encore bien sur ses jambes.

On ne peut guère affirmer qu’il y ait d,excellentes preuves de cela, seulement quelques arguments. Il va de soi que de nombreux animaux, comme les souris, tiennent assez bien aux branches sans empreintes digitales. Des chercheurs ont montré que l’écureuil est un champion de l’accrochage aux branches, bien qu’il n’ait ni ongles ni empreintes digitales. Toutes sortes d’animaux ont déve­loppé des stratégies pour se fixer en l’air, souvent d’un raffinement extrême. Il existe un rongeur et aussi un lézard, qui peuvent courir à l’aise sur un carreau de verre tenu verticalement : ce n’est pas une performance qu’on peut réussir avec des empreintes digitales seulement, sinon certains films d’espionnage seraient vidés de leur suspense… nous serions nombreux, je pense, à nous amuser à monter dans notre bureau par la façade. Le petit rongeur capable d’une telle performance a développé un fluide particulier, sur la paume, qui produit un effet ven­touse digne de Mission impossible.

L’effet ventouse de la souris pour grimper aux murs, les coussinets du chat pour en descendre, autant d’adaptations qui seraient bien utiles dans la jungle urbaine. Pour ce qui est des empreintes digitales, on peut penser qu’elles améliorent effectivement la préhension, mais elles peuvent avoir un rôle bien différent : par exemple, servir à détecter les reliefs fins, la douceur d’une texture (de même qu’on glisse le bout du doigt sur un velours pour en palper la finesse). Certains attribuent l’origine des empreintes digi­tales au caractère insectivore des premiers primates et des préhominiens (de par l’avantage évolutif à bien attraper des petites bêtes qui courent plutôt que des grosses branches).

Au passage, si le rôle des empreintes digitales est d’amé­liorer la préhension, il est à recommander aux gardiens de but de se faire confectionner des gants imprimés d’empreintes digitales plutôt que de petits picots en caout­chouc, puisqu’on prétend que les millions d’années d’évo­lution ont permis à la nature de sélectionner des dispositifs « optimaux », c’est-à-dire les meilleurs (si tel était le cas, on ne voit pas très bien quel intérêt il y aurait, en fait, à porter des gants, pour se saisir d’un ballon….). On pour­rait aussi faire des dessins de cette sorte sur les semelles. En un sens, les empreintes digitales sont l’analogue des sculptures des pneumatiques.

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