Un site du réseau encyclopédique Savoir.fr
➔ ENVIRONNEMENT

Chauves-souris : microchiroptères

Vous êtes ici : » » Chauves-souris : microchiroptères ; écrit le: 28 mars 2012 par chayma modifié le 14 novembre 2014

Chauves-souris : microchiroptèresLa tête des microchiroptères, qui comptent environ 800 espèces actuelles, peut être d’apparence banale et ressembler à celle d’un insectivore terrestre, ou être considérablement modifiée par des plis de peau et des appendices. Dans tous les cas, les oreilles sont grandes à immenses, d’une architecture délicate et complexe, et pourvues d’un tragus (ou oreillon). La denture est de type insectivore chez les espèces non spécialisées, mais il peut y avoir de nettes adaptations des dents à la consommation des fruits, par exemple.

Des machines volantes assez perfectionnées

Le corps massif, en forme de fuseau, est recouvert d’une fourrure très fine, composée d’une seule sorte de poils. Les ailes membraneuses, vivantes, sont par­courues de vaisseaux sanguins, de nerfs et de muscles ; la partie la plus active en vol est dépourvue de poils. A la différence des mégachiroptères, ce sont les os de la paume de la main (les métacar­piens) qui se sont le plus allongés par rapport aux doigts.



La membrane des ailes (patagium) fait le tour de l’animal par l’arrière, de biceps à biceps, en englobant le bras, la main, les flancs, les membres postérieurs et la queue. Les pieds sont gros et la jambe petite; les cinq orteils, très semblables, servent de crochets de suspension pour le repos. La queue, généralement présente, peut être très longue ; elle est toujours prise dans une extension postérieure de la membrane des ailes, l’uropatagium.

Le squelette est souple et très solide, les vertèbres cervicales courtes et larges. La ceinture pectorale, qui porte l’aile, est très solide et fortement reliée au ster­num, transformé en bréchet – toutefois plus modeste que chez les oiseaux.

Le plus petit microchiroptère est aussi l’un des plus petits mammifères : le nez- de-cochon thaïlandais (Craseonycteris thonglongyai), découvert en 1973 seule­ment et dont on sait peu de chose, pèse 1,5 g, alors que le plus grand du groupe est le javelot faux vampire (Vampyrum spectrum) d’Amérique du Sud, avec 200 grammes et 1 mètre d’envergure.

Une origine mystérieuse

Comme pour les mégachiroptères, on en est réduit aux conjectures quant à l’origine des microchiroptères. D’abord insectivores arboricoles, ils sont devenus planeurs, puis volants, à une date indéterminée mais certainement ancienne (100 millions d’années?). Les premiers fossiles datent de l’éocène : il s’agit de chauves-souris très proches des espèces actuelles, si ce n’est qu’elles possèdent une très longue queue et des dents en plus grand nombre.

 Un groupe cosmopolite et florissant

A part les régions polaires et quelques îles perdues au milieu des océans, les microchiroptères ont colonisé la planète tout entière. Ils doivent cette expansion à leur évolution active et, bien sûr, à leur vol et à leur mode de vie. Certaines familles ne craignent pas le froid, auquel elles échappent par hibernation. Trois familles sont cosmopolites : les emballonuridés, exclusivement tropicaux (les taphiens, par exemple), les vespertilionidés (les murins notamment) et les molossidés, également tropicaux et uniquement représentés en Europe par le molosse de Cestoni. Les rhi- nolophidés (ou fers-à-cheval) peuplent ‘. ensemble de l’Ancien Monde, alors que les hipposidéridés (les phyllorhines) n’en fréquentent que la partie tropicale.

A ces cinq grandes familles s’ajoutent les phyllostomatidés (les fers-de-lance) propres à l’Amérique tropicale. Certaines familles se réduisent à une ou quelques espèces, confinées à des régions réduites nord de l’Amérique du Sud, Madagascar, Nouvelle-Zélande).

Un monde de diversité

Si les microchiroptères ont des caractères communs (ils volent, émettent des ultrasons, sont tous plus ou moins nocturnes et ont de fortes canines), leurs autres caractères morphologiques et écologiques sont d’une prodigieuse diversité.

Les microchiroptères chasseurs capturent souvent leurs proies en vol avec leur gueule, leur patagium ou leurs pieds, après les avoir pistées au -sonar». Les frugivores détectent leur nourriture à la vue, à l’odorat, et même au «sonar», pour ceux qui sont capables de reconnaître les formes immobiles.

Tous naviguent et virevoltent avec agilité en se guidant par leurs ultrasons, dont l’écho, reçu par leurs oreilles ultrasensibles, leur tient lieu de seconde vision.

Les chauves-souris présentent tous les niveaux de sociabilité au gîte, depuis les solitaires jusqu’aux espèces qui élèvent leurs petits en crèche. Au repos, le mâle et la femelle peuvent être associés ou séparés. Les chauves-souris ont des préférences précises quant aux qualités de leur gîte, et elles en changent souvent spontanément, vivant sur des -territoires» aléatoires, de quelques kilomètres carrés jusqu’a des centaines de kilomètres carrés.

Au repos, les chauves-souris ont le choix entre la suspension sans effort au bout de leurs orteils recourbés et le repos à plat, l’animal étant ancré par les griffes des quatre membres; certaines espèces ont aux pieds et aux pouces des ventouses, avec lesquelles elles adhèrent au feuillage qui les abrite. Tous les microchiroptères sont plus ou moins capables de contrôler leur température interne, même les espèces tropicales ; ils se mettent volontiers en hypothermie pendant leur sommeil quotidien, mais aussi lors­qu’il fait froid, ou bien chaud et sec.

Des bébés énormes

Le petit, généralement unique, naît nu, aveugle et rose, après une gestation longue pour de si petits mammifères ; il est porté par la mère, ou déposé au gîte, selon les espèces. Son poids à la naissance est imposant, puisqu’il représente un sixième à un tiers de celui de la mère. En pays tempéré, le rut intervient en automne. Après l’accouplement, l’œuf fécondé commence habituellement son développement, puis entre en dormance pendant que la femelle se met en état d’hibernation. A la fin de l’hiver, le développement de l’embryon reprend, et la naissance a lieu en mai ou juin. Chez quelques espèces, la fécondation n’intervient pas à l’automne : le sperme se conserve vivant dans les voies génitales femelles, et la fécondation n’a lieu qu’à la fin de l’hiver. Les chauves-souris vivent longtemps : des fers-à-cheval bagués ont dépassé les trente ans.

Vidéo : Chauves-souris : microchiroptères

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Chauves-souris : microchiroptères

← Article précédent: Article suivant:

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles