De la métérologie au climat

> > De la métérologie au climat ; écrit le: 11 mai 2012 par imen modifié le 14 novembre 2014

Entre chaud et froid, pluie et sécheresse

Température, pluie, vent varient au fil des jours et des saisons et rythment notre vie quotidienne. Souvent au centre de nos conversations, le temps occupe une bonne place dans les jour­naux ou sur les écrans de télévision. Il prend même le devant de la scène lorsqu’il se mani­feste par des tempêtes, des vagues de chaleur ou de froid, des inondations ou des sécheresses. Rappelons nous…

En janvier 1990, le temps devient fou. A plusieurs reprises, des tempêtes s’abattent sur l’Europe. Janvier 1995, des pluies torrentielles inondent de nombreuses régions en Europe, fai­sant suite à un hiver particulièrement doux. Nous sommes alors loin de la vague de froid de janvier 1985 qui a couvert Paris de neige pendant plusieurs semaines, désorganisé les transports, privé d’eau de nombreuses habitations dont les canalisations mal isolées éclatent par le gel. De nombreux villages se retrouvent isolés et dépour­vus d’électricité, les lignes électriques ayant cédé sous le poids de la neige. De nouvelles vagues de froid sévissent lors des deux hivers suivants. En 1987, les oliveraies du Sud de la France sont ravagées.

Les chaleurs des étés 1989 et 1990 ont complète­ment balayé le souvenir de ces froidures. La sècheresse persiste pendant de longs mois sur la France. Terres craquelées, ruisseaux à sec, champs de maïs rabougris et dorés comme des blés, tournesols grillés sur pied bordent nos routes. L’eau, dont nous ne nous soucions guère d’habitude et que nous consommons sans y penser, devient un sujet de préoccupation.

Dès qu’une situation météorologique extrême per­dure, la peur d’une modification durable du climat commence à s’installer. Les sécheresses de 1989 et 1990 ont indéniablement rendu plus tangible l’idée d’un possible réchauffement de la Terre dans le futur, sous l’effet d’un changement de la composi­tion de l’air. Et pourtant, quelques années aupara­vant, lorsque des vagues de froid sont survenues plusieurs années de suite, on évoquait plutôt un futur glacé pour notre planète. Notre mémoire météorologique est bien courte !

Extrêmes de chauds et de froids font partie des hasards du temps ! Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les mesures de température et de préci­pitations obtenues depuis 1870 à la station météo­rologique du parc Montsouris à Paris. Température et intensité des pluies n’ont cessé de fluctuer d’une année à l’autre, faisant apparaître de nombreux événements extrêmes.

Si la sécheresse de 1976 est encore bien présente dans nos esprits, nous avons souvent oublié les cha­leurs des années 1940. L’été 1947 a été particuliè­rement chaud et reste gravé dans la mémoire des vignerons du pays de Loire. L’année suivante, pen­dant l’été 1948, une chaleur torride s’est abattue sur une grande partie de la France. Nos sécheresses récentes n’ont également rien à envier à celle de 1921 pendant laquelle les pluies ont diminué de moitié par rapport à la normale.

Nos hivers les plus rudes des années 1980 sont éga­lement bien loin d’égaler les rigueurs des hivers de la Seconde Guerre mondiale ou de l’hiver 1962- 1963. En janvier 1963, le froid s’installe sur l’Angleterre et une partie de la France. Les chemins de fer restent paralysés pendant des semaines. Une banquise se forme même devant Dunkerque. A Paris, l’hiver 1962-1963 apparaît comme l’hiver le plus rigoureux du siècle.

Mais derrière ces variations, rien d’anormal, seule­ment la manifestation du caractère aléatoire du temps ! Il faut se faire une raison, le temps est très variable par nature et l’apparition de conditions météorologiques extrêmes fait partie du domaine des possibilités. Ces courbes incitent à la prudence et nous prémunissent contre la tentation d’extrapo­ler hâtivement l’avenir à partir d’une, ou même plusieurs, années exceptionnelles.

Comment définir le climat?

Par opposition au caractère très fluctuant du temps et des saisons, l’Amazonie, le Sahara, la taïga sibé­rienne ou l’Antarctique sont des régions naturelles auxquelles on associe volontiers une image de sta­bilité et la notion de climat.

Introduire cette notion revient justement à considé­rer l’ensemble des fluctuations de température, de précipitations ou de vent d’une année à l’autre comme des variations naturelles imprévisibles autour d’un état moyen quasiment fixe. Prenons l’exemple des températures hivernales à Paris au cours des dernières dizaines d’années: elles varient d’une année à l’autre mais s’écartent finalement peu, quelques degrés tout au plus, d’une tempéra­ture moyenne de 4 °C. De même, les températures estivales oscillent autour de la valeur de 18 °C. Une autre région du globe peut présenter des variations similaires de température mais autour d’une valeur moyenne différente, induisant des conditions cli­matiques différentes de celles de Paris. Caractériser le climat d’une région de la Terre revient donc à déterminer, pour chaque saison, les conditions moyennes de température et de pluvio­sité. A celles-ci s’ajoutent également les valeurs moyennes d’enneigement, de vent, d’humidité, bref tous les aspects des conditions météorologiques. Cette définition du climat est néanmoins incom­plète. La connaissance du climat ne se limite pas aux seules moyennes de température et autres para­mètres atmosphériques. La fréquence des vagues de froid ou de chaleur, des inondations ou des séche­resses, est également une donnée importante du cli­mat d’une région. Elle influe fortement sur nos conditions de vie. Autrement dit, ce sont tous les caractères statistiques du temps, moyennes et écarts à la moyenne, qui définissent le climat de chaque région de la planète.

Cette notion peut paraître assez abstraite. C’est pourtant ainsi que l’on peut évaluer d’une manière objective, mathématique, les caractéristiques clima­tiques d’une région. Pour s’affranchir des fluctua­tions du temps d’une année à l’autre, il ne faut pas moins d’une trentaine d’années de mesures journa­lières, réalisées dans de nombreuses stations météo­rologiques, pour déterminer une moyenne men­suelle climatique.

Dans un souci de pédagogie, les climatologues regroupent souvent dans une même catégorie les régions du globe qui présentent des caractéristiques voisines de température et de pluviosité. La plupart des classifications utilisées actuellement dérivent de celle définie par Wladimir Kôppen dès le début du siècle. Loin d’être un regroupement artificiel, chaque type de climat concerne des régions qui présentent une végétation très similaire. Les plantes qui poussent à l’état naturel dans une région sont en effet le meilleur reflet des conditions climatiques. Leur développement dépend très fortement de la répartition saisonnière des températures et de l’apport en eau. Ces plantes peuvent néanmoms supporter certains écarts de chaleur, de froid ou d’humidité, ce qui fait que la végétation est repré­sentative du climat et non des conditions météoro­logiques instantanées.

Avant d’aborder le délicat problème de l’évolution du climat, brossons à grands traits une esquisse du climat de la planète, tel qu’il se manifeste actuellement.

Vidéo : De la métérologie au climat

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