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Qu’est-ce que le petit optimum médiéval ?

Vous êtes ici : » » Qu’est-ce que le petit optimum médiéval ? ; écrit le: 7 mars 2012 par Mahfoudhi modifié le 17 novembre 2014

Le petit optimum médiévalQu'est-ce que le petit optimum médiéval ?

On peut distinguer deux périodes du point de vue climatologique lors du Moyen Age : le « petit optimum médiéval » (POM) du xine siècle, voire des des xiii2 siècles ; et les débuts du PAG au xiv6 siècle (lors du premier hyper-PAG).

Certains historiens ont pu parler d’un « beau trei­zième siècle » en raison de conditions économiques et démographiques assez favorables, mais aussi de l’épanouissement du gothique. Il se trouve que, antérieurement au PAG – que Christian Pfister fait débuter vers 1300/1303 -, nous avons un petit optimum, vraisemblablement entre les VIIIe – IXe siècles et le XIIIe siècle : de Charlemagne à Saint Louis inclus. D’après Pierre Alexandre1, cette période « douce » se caractérise par des étés plus chauds et un peu plus secs (notamment de 1240 à 1290), et des hivers moins froids. Ces conditions (surtout les étés) sont plutôt favorables à la production des grains. Il est vrai qu’on connaîtra en France (2003) un été ultra-chaud pouvant porter préjudice à la production des céréales, en raison de la sécheresse et de phénomènes d’échaudage qui accompagnent volon­tiers de telles saisons ultra-brûlantes. Les grains et les épis dans leur phase encore à demi liquide ou « molle » (mai-juin en France) résistent parfois mal à un coup de chaleur, comme ce sera le cas en Nor­mandie en juin 2005 : bref échaudage ! Celui-ci a provoqué une diminution d’une dizaine de quintaux environ des rendements de toute façon très élevés de nos jours, à l’hectare. Tel fut aussi le cas en 1236 : la grande sécheresse qui sévit à Rouen occasionna une mauvaise récolte, mais une bonne ven­dange. Un été chaud et sec est en général favorable à la vigne et favorable aux céréales ; sauf sécheresse excessive (1846). On pense ici aux féconds Moisson­neurs de Breughel, ensoleillés s’il en fut jamais. Malgré quelques cas d’échaudage, les belles chaleurs d’un certain xine siècle ont pu stimuler elles aussi l’agriculture, l’économie, la démographie des temps « gothiques ».



Le PAG en revanche devient évident à partir de l’hiver 1303 et des hivers suivants. Il se caractérise en effet par des hivers froids, mais aussi des étés pourris, et une poussée glaciaire concomitante ou très légèrement décalée vers l’aval chronologique (glaciers suisses d’Aletsch et de Gorner notam­ment). Cette première phase dynamique du PAG est aujourd’hui assez bien connue : 1’« impériosité pluviométrique » a pu rendre les années 1314-1316 particulièrement famineuses : les hivers-printemps et étés sont alors perturbés, dès 1314, par le rail dépressionnaire circulant d’ouest en est, lequel s’est déplacé « en bloc » et en tant que tel vers le sud. Le foin ne sèche pas en 1314-15, les charrues s’embourbent, les semailles sont ratées : on pense cette fois à Baudelaire, au « ciel bas et lourd » de ce « Spleen » lui-même écrit, selon le Professeur Kopp, soit lors des années 1850-1851, soit entre avril 1856 – grandes inondations en France – et février 1857. Un tel « pot au noir » du Second Empire à ses débuts est-il comparable à celui des années 1314-1315, caractérisées par une mauvaise récolte 1315, et suivies, en l’hiver ultérieur puis au printemps 1316, par une famine et une forte mortalité ?

L’hyper-PAG bas-médiéval se prolonge jusque vers 1380 ; certes, la peste noire de 1348 n’est en principe pas déclenchée par le climat, mais par une épidémie (qui vient des grands réservoirs de rats et de puces pesteuses d’Asie centrale) répandue sur la route mon­gole de la soie jusqu’en Russie du Sud et aux grands ports méditerranéens (Constantinople, Gênes, Venise, Marseille, Barcelone). Mais cette peste ci- devant bubonique étant devenue pulmonaire en Europe, faut-il penser que ce déplacement du bacille de Yersin vers le poumon est en relation avec les étés pourris des années 1340, bien étudiés par C. Pfister ? Le climat, ici comme ailleurs, a pu être un élément provocateur (?). Ces étés trop frais/froids/humides des années 1340 contribuent par ailleurs à expliquer la poussée finale des glaciers alpins – et spécialement celle du glacier d’Aletsch -, elle-même conclue vers 1370 : le déficit d’ablation des glaces (en été) stimu­lait, assurément, de telles poussées glaciaires lors des trois premiers quarts du XIVe siècle.

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