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De la radioactivité artificielle à l’énergie de fission : La preuve

Vous êtes ici : » » De la radioactivité artificielle à l’énergie de fission : La preuve ; écrit le: 11 août 2012 par azza modifié le 13 novembre 2014

De la radioactivité artificielle à l'énergie de fission : La preuveIl leur faut démontrer que le produit radioactif formé, source des positons obser­vés, est un isotope du phosphore. Ce dernier possède des propriétés chimiques très différentes de celles de l’aluminium et des autres voisins. La démonstration devrait être facile ! Non, si l’on se souvient que l’isotope de ce présumé phosphore a une pé­riode radioactive très courte. Contrairement aux expériences que Marie Curie menait sur le radium plus de trente ans auparavant, la séparation chimique, si elle s’avère possible, ne doit donc durer que quelques minutes !

En moins de deux semaines, Frédéric Joliot et Irène Curie imaginent et réalisent cette expérience décisive.



La feuille d’aluminium, préalablement irradiée, est attaquée par l’acide chlorhydrique HC1. Cette attaque produit deux effets. Elle libère le phosphore inclus dans la feuille, mais aussi de l’hydrogène naissant, particulièrement réactif. Celui-ci se lie immédiatement au phosphore pour produire l’hydrogène phosphoré PH3, com­posé gazeux qui se dégage avec l’hydrogène en excès et est recueilli dans un tube de verre selon une méthode classique. Afin de faciliter l’entraînement des rares atomes de phosphore 30, un petit morceau de phosphore rouge, naturel, a été ajouté dans le tube avant l’attaque. Bien entendu, l’hydrogène phosphoré produit à partir de ce phosphore rouge n’est en aucun cas radioactif.

L’attaque chimique de la mince feuille d’aluminium ne prend qu’une ou deux minutes. Le tube contenant le gaz, dont la paroi est suffisamment mince pour laisser passer les positons, est alors bouché et présenté devant le compteur Geiger. Celui-ci crépite. Le preuve est faite.

Contre expérience : le sel résultant de la dissolution de la feuille d’aluminium, rapidement séché, est soumis à son tour à l’épreuve du compteur Geiger. Aucune radioactivité n’est enregistrée.

Les deux chercheurs montreront, par une méthode similaire que la radioactivité produite en bombardant le bore par les particules a du polonium est entraînée avec le gaz ammoniac NH3.

Ces résultats furent publiés dès le 29 janvier. Ainsi, en moins d’un mois, Irène et Frédéric Joliot avaient bouclé une des découvertes les plus importantes du xxe siècle.

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