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Face à la maladie

Vous êtes ici : » » Face à la maladie ; écrit le: 13 juillet 2013 par imen modifié le 8 novembre 2014

Les maladies

Les grands malades, ceux qui se savent touchés par une affection dont l’issue est souvent fatale, se trouvent soudain placés devant une situation qui trouble profondément leur notion du temps. 1Analysant ce que ressentent les patients atteints du sida – mais il en serait de même pour nombre de cancéreux – Nathalie Weibel, du CHU de Besançon, montre comment, à l’annonce du diagnostic, le temps est comme sus­pendu. Il est réduit brutalement à un présent de répétition. La vie du malade est coupée en deux, avec un « avant » dont le sens disparaît souvent, et un « après » qui se résume à un pré­sent sans cesse recommencé. L’annonce du diagnostic envahit soudain tout l’horizon. Le monde et les autres deviennent des étrangers. Au-delà de la dépendance que ressentent souvent les patients vis-à-vis des rituels de la prise de médicaments nom­breux, certains se sentent dépouillés de leur temps propre, rem­placé par celui, médicalisé, du centre de soins.
Même si, désormais, dans le cas du sida comme ceux des can­cers, l’espérance de vie s’est allongée, ces dernières années, elle n’ouvre souvent que sur un avenir précaire. Il faut apprivoiser ce temps supplémentaire, le reconstruire, une tâche longue, malai­sée et éminemment personnelle. Le temps de la maladie est un temps à part. Il faut apprendre à gérer des transformations du corps, comme celles de l’esprit. Il faut retrouver une nouvelle unité, récupérer un sens à ce qui est vécu, se réapproprier le temps en tenant compte du passé et en croyant à l’avenir
Tous eux qui sont placés dans des conditions anormales ont ainsi une vision différente du temps. C’est le cas pour les parents d’enfants handicapés. Ils sont devant une évidence effrayante : leur fils ou leur fille n’a qu’un avenir réduit, celui d’une vie limitée, souvent pleine de souffrances. Comment envisager un avenir, dans ces conditions ? S’ils ne trouvent pas une aide psy­chologique, ils vont avoir tendance à se figer, à faire que le temps va s’arrêter. A un enfant infirme, on ne peut dire « quand tu seras grand ». Il va rester un petit enfant, qui ne peut se passer de soins, alors que la mère voit les autres enfants grandir, faire des projets d’avenir. Etre hors norme, c’est être hors temps, dit un psychanalyste, il arrive que des enfants porteurs d’un lourd handicap qui laisse intact leur intelligence, se trouvent dans l’horrible situation de se savoir condamnés, de ressentir que l’heure de leur mort est programmée, qu’ils n’ont pas de futur. Leur sentiment du temps qui passe est profondément troublé par cette révélation tragique. Ils luttent comme ils le peuvent contre le temps, car au bout de ce temps, il y a la mort, inéluctable.

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