Hémitrachéophytes
Les hémitrachéophytes sont un groupe de plantes, proposé dans la classification phylogénétique, qui réunit les mousses (bryophytes au sens strict) et les trachéophytes, c’est-à-dire les plantes vasculaires : fougères, prêles, conifères et plantes à fleurs. Leur nom signifie « à demi trachéophytes », car les mousses possèdent des cellules conductrices rappelant celles des plantes vasculaires, sans en avoir les vrais vaisseaux.
L’hypothèse du groupe
Les bryophytes au sens large regroupaient autrefois trois lignées : les mousses, les hépatiques (marchantiophytes) et les anthocérotes (anthocérophytes). Selon l’hypothèse des hémitrachéophytes, ce regroupement reposait seulement sur des caractères primitifs ; les mousses auraient été plus proches des plantes vasculaires que des anthocérotes et des hépatiques, et formeraient avec elles un groupe naturel.
Les caractères avancés
- Un sporophyte dressé. Le sporophyte possède un axe vertical bien marqué, comme la soie qui porte la capsule du polytric. On le retrouve chez Horneophyton lignieri, plante fossile du Dévonien dont l’axe porte des sporanges terminaux.
- Des éléments conducteurs. La tige du gamétophyte ou du sporophyte comporte des cellules spécialisées dans la conduction. Chez les mousses, comme Polytrichum juniperinum, les hydroïdes conduisent l’eau et les leptoïdes les sucres ; ils ont été comparés au xylème, tissu de la sève brute, et au phloème, tissu de la sève élaborée.
- Des spores à périne. La paroi des spores est entourée d’une couche externe différenciée, la périne.
- Des organes sexuels au sommet. Les anthéridies et les archégones sont situés à l’extrémité du gamétophyte, caractère fragile car il connaît des exceptions chez certaines mousses.
Un groupe aujourd’hui remis en cause
Les analyses génomiques publiées à partir de la fin des années 2010, fondées sur des centaines de gènes, soutiennent plutôt l’unité des bryophytes : mousses, hépatiques et anthocérotes formeraient un seul groupe naturel, frère des plantes vasculaires. Si ce résultat se confirme, les hémitrachéophytes ne constituent pas une branche naturelle de l’arbre du vivant, et les ressemblances entre mousses et plantes vasculaires relèvent soit d’un héritage commun perdu chez les autres bryophytes, soit d’une convergence. Les hydroïdes et leptoïdes des mousses sont d’ailleurs souvent considérés comme analogues, et non homologues, des tissus conducteurs des plantes vasculaires. Le débat illustre la façon dont la classification évolue avec les données.
Exemples et repères
- Mousses : le polytric (Polytrichum juniperinum).
- Plantes vasculaires : l’isoète des lacs (Isoetes lacustris), la fougère aigle (Pteridium aquilinum), la prêle des champs (Equisetum arvense), le ginkgo (Ginkgo biloba), le pin parasol (Pinus pinea), le sureau noir (Sambucus nigra), le maïs (Zea mays).
- Plus ancien fossile cité : Cooksonia, petite plante à axes ramifiés du Silurien.
- Répartition : mondiale ; le groupe rassemble la grande majorité des plantes terrestres.


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