Un site du réseau encyclopédique Savoir.fr
➔ ENVIRONNEMENT

la pollution de l’eau

Vous êtes ici : » » la pollution de l’eau ; écrit le: 24 janvier 2012 par Mahfoudhi modifié le 17 novembre 2014

la pollution de l'eauDe l’air à l’eau : les pluies acides

La pluie précipite vers le sol la pollution atmosphérique, on pourrait donc imaginer que ces précipitations participent à l’éparpillement des polluants et réduisent du coup leur impact. Malheureusement, les phénomènes météorologiques ne se produisent pas tout à fait au hasard. Ils ont une certaine régularité dans leur fréquence et dans les zones géographiques concernées. Chaque région possède un régime de vents dominants associés aux précipitations qui conditionnent les di­rections dans lesquelles les polluants migrent et retombent. C’est ainsi que des pollutions importantes se produisent dans des zones où pourtant il n’y a aucune activité polluante.

Le dépérissement des forêts d’Europe et d’Amérique du Nord

L’une de ces pollutions les plus connues est le phénomène des pluies acides qui fut responsable, dans les années 1980, du dépérisse­ment des forêts d’Europe et d’Amérique du Nord. Ces pluies acides ont révélé au grand public l’ampleur de la pollution atmosphérique avant que son impact sur la santé ne soit reconnu, les concentrations de polluants ayant déjà atteint des niveaux tels qu’ils n’étaient plus né­gligeables. L’eau de pluie, considérée en général comme bienfaisan­te, ne l’était plus. Elle a provoqué des dégâts considérables sur des écosystèmes entiers situés pourtant dans des régions à l’écart des centres industriels.



Ce sont essentiellement les forêts de conifères qui en ont été les prin­cipales victimes. Les oxydes de soufre et d’azote émis dans l’air par l’industrie étaient lentement transportés au grè des vents dans des ré­gions parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. Lessivés par les pluies, ces polluants se sont transformés en acide sulfurique et nitrique. Les forêts abondamment arrosées par des eaux de pluie de­venues acides ont dépéri. Les arbres étaient attaqués au niveau des feuilles, mais aussi des racines !

Les conséquences sur le milieu

Mais les conséquences ne se sont pas seulement fait sentir sur les arbres. La pluie s’infiltre dans les sols, alimente les cours d’eau et les

lacs. C’est ainsi qu’une acidification générale du sol et des eaux s’est produite, modifiant considérablement les propriétés des milieux. Tout l’écosystème a été touché. On a observé une diminution des rendements végétaux, une baisse importante du nombre de poissons dans les cours d’eau et une modification importante des peuplements végétaux et animaux. Pour finir, c’est une diminution importante de la production biologique dans ces régions qui s’est produite. Cette situation est aujourd’hui relativement maîtrisée en Europe et en Amérique du nord mais les pluies n’ont pas pour autant disparu. Elles persistent à une échelle beaucoup moins importante dans nos régions. Mais c’est une question particulièrement d’actualité dans les pays émergents où l’activité industrielle est en plein développement. C’est le cas notam­ment en Chine, où l’utilisation massive du charbon comme source d’énergie, promet d’être à l’origine de retombées acides importantes dans cette région du monde.

Un problème plus global

Certes les conséquences de cette pollution sont surtout d’ordre écologique et économique. Mais l’aspect spectaculaire a permis de rendre visible une réalité qui passe habituellement inaperçue. La pollution de l’air ne reste pas dans l’air. Et le risque pour la santé peut être réel. Car on imagine très bien que la contamination des sols et des eaux ne se limite pas aux acides mais est valable pour les autres polluants.

Les forêts autour de Paris sont connues pour avoir des sols contaminés par les métaux lourds. Ces polluants proviennent des activités industrielles actuelles et anciennes de la capitale ainsi que de la circulation automobile. Mais les métaux lourds précipités sur le sol deviennent des éléments assimilables par les organismes. Les champignons, en particulier, fixent ce type d’éléments et les concentrent dans leurs tissus. 11 est donc conseillé aux amateurs de champignons de ne pas abuser de ceux qui proviennent de ce secteur.

Nous voyons ainsi comment la pollution atmosphérique se lie à la pollution de l’eau et des sols, et à quel point le problème doit être appré­hendé de manière globale.

L’eau parcourt la planète

Comme nous l’avons vu, l’eau de pluie peut être polluée, mais les risques de pollution ne sont pas les mêmes que ceux liés à l’air. De nombreuses autres sources de pollution contaminent les eaux.

Et il suffit de penser à la vaste circulation de l’eau à l’échelle de la planète pour entrevoir les conséquences du problème de l’eau contaminée.

En effet, l’eau entraîne avec elle de nombreux éléments venant de l’air, du sol, des organismes vivants, puis elle finit sa course dans la mer.

Ainsi avec l’air, l’eau constitue l’un des deux moteurs qui assurent une liaison entre tous les écosystèmes de la planète. L’eau les traverse les uns après les autres. Ils forment ainsi une chaîne où aucun des éléments n’est isolé. L’eau assure en permanence un transfert d’éléments chimiques et biologiques d’un milieu à un autre, et comme elle est aussi un constituant essentiel des êtres vivants, elle est donc un vecteur important de ces éléments chimiques en les rendant assimilables par tous les êtres vivants de la planète.

Le cycle de l’eau

Les précipitations assurent l’alimentation en eau des continents. Et qu’elle soit sous forme de neige ou de pluie, cette eau qui tombe du ciel provient pour sa plus grande partie des océans. C’est l’évaporation de l’eau de mer qui est à l’origine des nuages. Ces derniers parcourent la planète transportés par les courants aériens, et se transforment en précipitations en fonction des conditions climatiques. L’eau arrivée au sol entame alors un nouveau voyage dont le parcours pourra être extrêmement variable. Il peut être très court et très rapide ou au contrai­re très long, s’étalant sur des centaines voire des milliers d’années. L’eau de pluie qui ruisselle, alimente les cours d’eau qui se rejoignent et grossissent petit à petit, devenant des rivières puis des fleuves. Ain­si, l’eau coule à la surface de la planète tout entière, animée par le seul phénomène de la gravitation qui la tire toujours plus bas jusqu’à ce qu’elle atteigne le niveau de la mer. L’eau peut aussi se trouver temporairement piégée sous forme de glace en haut d’un sommet couvert de neige étemelle. Elle peut parcourir les méandres du sous-sol terres­tre et s’attarder dans un lac souterrain. Mais elle finira un jour par re­joindre l’océan. C’est le cycle de l’eau.

Les propriétés de l’eau

L’eau n’est pas une matière inerte : c’est un élément chimique as­sez réactif. Elle a la capacité de dissoudre de nombreuses substances. Ainsi, tout au long de son parcours, elle s’enrichit d’éléments chimi­ques divers par simple contact avec les sols et tous les substrats qu’el­le rencontre. Bien sûr la nature des matériaux qu’elle rencontre module son action car certaines roches se dissolvent plus facilement que d’autres. Mais l’eau agit aussi mécaniquement sur les supports qu’elle rencontre, et elle entraîne ainsi de nombreuses particules so­lides. L’eau courante charrie des tonnes de matériaux sur des milliers

de kilomètres provoquant l’érosion des sols et modelant les paysages à l’échelle des continents.

L’eau transporte la pollution

Ainsi l’eau courante est un vecteur important d’éléments chimi­ques et donc de pollution potentielle. L’eau ruisselle à la surface des sols et s’infiltre dans la terre, c’est pourquoi toutes les substances qui se trouveront sur son chemin sont susceptibles d’être lessivées. En fonction de leur nature chimique, ces substances seront soit dissou­tes, soit tout simplement entraînées par l’eau qui viendra les baigner. Qu’il s’agisse de dépôts à la surface des sols ou de substances infil­trées à l’intérieur, si l’eau peut atteindre les zones contaminées et sur­tout y circuler et les traverser, les polluants seront emportés. Ainsi l’eau est un paramètre important dans la migration des pollutions dans le sol.

 L’eau qui s’infiltre dans le sol, n’en circule pas moins. Certes une par­tie sera absorbée par les végétaux et s’évaporera, mais une autre alimentera les nappes phréatiques et continuera son voyage jusqu’aux cours d’eau et la mer.

Des zones différemment polluées

Pourtant, sur un même cours d’eau, la pollution n’est pas unifor­me. Elle varie en fonction du nombre de sources de pollution, de leur étalement le long du cours d’eau et du débit de ce dernier. En effet, plus le débit est important, plus la dilution des polluants est importante. Et les zones situées immédiatement en aval des rejets polluants sont plus polluées qu’en amont car la pollution est emportée par le courant. Ainsi une rivière traversant une région très saine et située à des centaines de kilomètres d’une source de pollution pourra être malgré tout très polluée, et on observe une détérioration de la qualité de l’eau tout au long de son parcours. Car les eaux se chargent progressivement de polluants au fur à mesure que le cours d’eau traverse les zones d’activités humaines. Et finalement, les eaux qui arrivent jusqu’à la mer sont souvent très chargées en polluants divers.

Vidéo: la pollution de l’eau

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur: la pollution de l’eau

← Article précédent: Article suivant:

Une réponse pour "la pollution de l’eau"

  1. Alexia .S  16 octobre 2012 at 5 h 53 min

    Quels sont les impacts environnementaux en cas de pollution de l’eau de mer par du charbon à usage industriel (centrale électrique) ?

    Répondre

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles