L’accroissement du volume du cerveau

> > L’accroissement du volume du cerveau ; écrit le: 13 juin 2013 par imen modifié le 12 novembre 2014

Le cerveau humain

Chez les Primates, les femelles meurent lorsque la tête de leur fœtus est trop grosse et ne peut pas franchir le bassin. Les femmes qui pourraient donner naissance à un bébé de un an ne sont pas nombreuses. Pour cette raison, il n’est plus permis au cerveau humain d’augmenter de volume ? On peut craindre qu’il soit source de complications obstétricales et générateur de troubles de la circulation cérébrale.
Au moment où il prend le départ pour une existence indépendante, le nouveau-né doit passer sa tête à travers un canal dont les dimensions sont celles du bassin maternel. Au cours de l’évolution, le périmètre du bassin féminin a augmenté dans les mêmes proportions que celui du crâne du nouveau-né. Les limites de la largeur du bassin s’opposent au développement du cerveau trop gros. La césarienne est pratiquée dans ces cas. Par bonheur, à la naissance, le cerveau humain est encore peu développé.
Chez la plupart des Mammifères, le cerveau est pour l’essentiel complètement formé quand ils naissent. Chez les Primates, son développement se poursuit après la naissance ; leur développement est plus lent que celui des autres Mammifères. Celui de l’Homme est encore plus lent. Le nouveau-né est un prématuré et un retardé ; il est adulte plus tard. Le cerveau du chimpanzé pèse à la naissance 40 % de son poids définitif, celui du nouveau- né humain ne pèse que 25 % du poids définitif (350 g pour 1 400). Les durées de gestation sont très voisines : 40 semaines pour l’Homme, 34 semaines pour le chimpanzé, 37 semaines pour le gorille. Le cerveau atteint 70 % de son poids définitif au cours de la première année chez le chim¬panzé et le gorille, tandis qu’il faut attendre trois ans pour obtenir le même résultat chez l’Homme.
Stephan Jay Gould a formulé l’hypothèse selon laquelle il y a enchaînement causal entre la station verticale et le volume cérébral. La gestation humaine devrait durer environ vingt-et-un mois pour que la maturation du cerveau du nouveau-né soit la même que celle des autres Primates à leur naissance I Chez les Primates qui marchent à quatre pattes, l’utérus horizontal ne subit aucune pression de haut en bas. Chez les bipèdes au contraire qui sont verticaux, l’utérus est soumis à la pression de plus en plus forte de la tête.
Il est évident que l’accroissement important du volume du cerveau du foetus imposerait un temps de gestation plus court, six mois au lieu de neuf, ce qui serait aussi à l’origine d’un plus long temps d’apprentissage…
Peter Cochrane et ses collègues (Ipswich, Massachusetts) prétendent que le cerveau des Mammifères ne peut pas dépasser le stade de celui du plus évolué d’entre eux – l’Homme – sans mettre en péril son efficacité même. Leur raisonnement est le suivant : notre cerveau contient quelque 1 011 neurones interconnectés par 1 014 synapses. S’il s’agrandissait
(pour « faire de la place » à de nouveaux neurones), l’influx nerveux aurait plus de chemin à parcourir ; Il faudrait alors que le corps des neurones s’élargisse afin de véhiculer plus rapidement les signaux. Mais, si la largeur des axones augmentait, ils ne laisseraient pas de place à de nouveaux neurones. Conclusion : au mieux, le cerveau serait plus grand, mais sa puissance resterait inchangée.
Des anthropologues et des biologistes ont jugé cette thèse trop simpliste. Le cerveau n’est pas un système homogène. Il est constitué de zones spécialisées. L’accroissement de la taille de quelques-unes n’impliquerait pas le nécessaire élargissement général des neurones et du cerveau. D’autre part, l’amélioration des capacités du cerveau pourrait s’obtenir par l’évolution de sa structure, sans changement de volume.
Autre réflexion : l’accroissement du cerveau éloignerait du moteur de l’irrigation sanguine, c’est-à-dire du cœur, le réseau vasculaire cérébral, et ne favoriserait pas sa circulation sanguine. La grande fréquence des accidents cérébraux ischémiques chez l’Homme et leur rareté chez l’animal représente peut-être la démonstration du bien-fondé de cette crainte.

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