L’action de la sélection naturelle : De la difficulté à déterminer les pressions de sélection

> > L’action de la sélection naturelle : De la difficulté à déterminer les pressions de sélection ; écrit le: 28 juin 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014

La Phalène du bouleau est un exemple que l’on trouve dans tous les ouvrages traitant de l’évolution. L’industrialisation a favorisé dans les villes polluées de Grande Bretagne une forme mélanique plus apte que la forme claire à échapper à ses prédateurs. Le mélanisme est dû à un allèle dominant ce qui fait que les homozygotes pour cet allèle et les hétérozygotes sont noirs. Mais pourquoi la forme typica survit-elle en zone polluée alors qu’elle devrait disparaître sous l’effet de la prédation ? Les travaux sur cette espèce ont été repris dans les années 1970-1980. Des recherches de la fréquence des deux formes le long d’un transect entre ville et campagne ont montré que la répartition des deux formes ne s’expliquait pas seulement par la prédation . En effet, on assisterait dans ce cas à un remplacement rapide des formes carbonaria par des formes typica lors du passage d’un milieu urbain pollué à une zone non polluée. L’excès de forme carbonaria en zone non polluée peut s’expliquer par leur migration nocturne vers l’extérieur des villes mais ce phénomène ne suffit pas à expliquer la répartition observée des deux formes. En fait, les meilleurs modèles explicatifs font intervenir à la fois la prédation, des migrations des formes mélaniques vers les zones non polluées et vice-versa, une meilleure survie des individus mélaniques indépendante de la prédation et une sélection fréquence dépendante qui permet la survie de quelques mélaniques en zone non polluée et d’individus de forme claire en ville (on trouvera un résumé de ces études et les références des articles originaux dans Gouyon et al 1997 et Ridley 1997). Des mesures en élevage montrent en effet que la viabilité des mélaniques est supérieure à celle des typiques. Cela pourrait être dû au fait qu’ils absorbent mieux la chaleur ou à un autre facteur physiologique qui reste à déterminer. Quant à la sélec-tion fréquence dépendante elle est due au fait qu’un prédateur a une image de recherche. Il a donc tendance à capturer la proie la plus fréquente en priorité. Proportionnellement, la forme la plus rare subit donc une pression de prédation plus faible .
On voit donc qu’il est parfois difficile de déterminer tous les facteurs de sélection expliquant la répartition d’un caractère au sein d’une population. Aucune hypothèse ne doit être exclue a priori.

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