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Le nouveau-né : Les aptitudes sensorielles

Vous êtes ici : » » Le nouveau-né : Les aptitudes sensorielles ; écrit le: 12 juin 2013 par imen modifié le 12 novembre 2014

1Les aptitudes sensorielles du nouveau-né ont été bien explorées ces dernières années. Il n’y a pas si longtemps il était considéré comme un être sourd, aveugle, insensible. On a découvert ses capacités non seulement sensitives, mais perceptives. La plupart des nouveaux-nés entre un mois et un an sourient devant un visage connu et s’inquiétant devant un visage étranger.
A la naissance, le cerveau du nouveau-né reçoit subitement de nombreuses stimulations sensorielles qui contribuent à sa maturation. Les cellules sont en nombre et en situation définitifs. Certains circuits sont prêts à fonctionner, d’autres sont conditionnés par les stimulations. Les fibres ne sont pas encore toutes pourvues de leur gaine de myéline isolante et donc pas en état de transmettre un influx.
L’odorat est très actif dès la naissance. Le nouveau-né peut réagir à différentes odeurs par des expressions faciales distinctes et se détourner d’odeurs jugées déplaisantes par les adultes, ceci avant toute expérience alimentaire. Il est capable de distinguer dès le 3e jour l’odeur de sa mère des autres odeurs. On a comparé ce phénomène à celui de « l’empreinte »décrit par Lorenz chez les canards et les oies qui conditionnés à la vue de la mère à la naissance suivent tout objet mobile mis à sa place. On a conseillé aux mères de ne pas se parfumer pour ne pas masquer les messages odorants qu’elles envoient à leur bébé. Les enfants nourris au biberon reconnaissent moins bien l’odeur de leur mère que ceux nourris au sein. Les parents aussi reconnaissent l’odeur du nouveau-né ; chez de nombreux Mammifères les mères ont souvent cette faculté. Le goût serait fonctionnel avant l’odorat. Les papilles gustatives apparaissent dès le 3e mois chez le fœtus ; les mouvements de succion sont automatiques. La préférence pour le sucré et l’aversion pour les solutions amères est reconnue dès la naissance ; elle est donc innée.
La vision est la fonction sensorielle la plus anciennement étudiée.
A la naissance, l’acuité visuelle n’est que de 1/20. Le volume du globe oculaire est d’un tiers inférieur à celui de l’adulte mais le réflexe oculomoteur existe déjà : la pupille se contracte à la lumière. Jusqu’à 1 mois, le strabisme est physiologique à condition d’être intermittent. Dès les 5- 6 semaines, le nouveau-né reconnaît sa mère. A 3 mois, la vision est de 1 /10, à 6 mois 2/10 et à 9 mois 3/10; elle se développe régulièrement. Au troisième mois, débutent les mouvements d’accompagnement et de poursuite oculaire. White et Wolff en 1964 et 1965 ont décrit le phénomène maintenant bien connu de poursuite visuelle associé à une rotation de la tête. A 4 mois, la fovéa est mûre ; l’enfant peut donc accommoder ; il voit les couleurs, il est attiré par le rouge et par le jaune. A 6 mois, le nerf optique est myélinisé. Le champ visuel restreint à 2 mois est presque complet à 1 an. À 3 ans, le globe oculaire a sa taille définitive et l’acuité visuelle est de 8/10. Il faut attendre 7 ans pour que, ayant acquis la perception du relief, la vision de l’enfant ait la qualité de celle de l’adulte. La perception de l’espace d’abord procuré par les sensations tactiles, thermiques, olfactives, résulte bientôt de la vision et de l’audition.
Le tact, exploré par la sensibilité aux sons de fréquence basse et aux vibrations, existe in utero, de même que la sensibilité douloureuse. Son développement est extrêmement précoce : la région péri-orale est sensible à un stimulus dès 2 mois, les corpuscules de Merkel de la main sont matures à 4 mois.
L’audition. Dès les premières heures de la vie, le nouveau-né reconnaît certaines voix. Les réponses électrophysiologiques ont permis une approche de l’audition néonatale, en particulier dans son domaine le plus signifiant: le langage (Aslin, Pisoni et Jusczyk, 1983). Les compétences sensorielles du nouveau-né humain dans le domaine linguistique ne se limitent pas à des contrastes phonétiques élémentaires. En 1978, Mehler et coll. ont démontré la préférence, entre 4 et 6 semaines de vie, d’un nourris¬son pour la voix maternelle, à condition qu’elle soit fortement entonnée. De Casper et Fifer (1980) font la même démonstration à 3 jours chez des nouveaux-nés ayant passé moins de 12 heures en contact avec leur mère. Le nouveau-né discrimine également deux voix masculines.
l’équilibre, exploré à l’aide du nystagmus vestibulaire, est fonctionnel à la naissance même chez des prématurés (Evistar, 1979) car la différenciation des cellules ciliées des canaux semi-circulaires est acquise à 5 mois. Mais la sensibilité profonde n’apparaîtra que beaucoup plus tard parce que la maturité du cervelet est tardive. Les cellules de Purkinje se multiplient et se développent encore pendant la première année. L’enfant ne pourra tenir debout et marcher qu’au début de la deuxième année.2

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