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Le temps du vivants : La vie hors du temps

> > Le temps du vivants : La vie hors du temps ; écrit le: 7 juillet 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014


La vie hors du temps

Le temps du vivant peut se ralentir •lorsque l’ensemble des fonctions de l’organisme, ce qu’on appelle le métabolisme, s’abaisse. La consommation d’oxygène peut alors être réduire à 2 % de la normale, l’animal ne s’alimente plus, Les biologistes nomment ce phénomène la diapause. Il se produit lorsque l’ani­mal doit se protéger contre un environnement défavorable comme le froid de l’hiver, comme on l’a vu avec les manchots royaux de !’Antarctique, mais aussi les trop fortes chaleurs la sécheresse ou 1 absence de nourriture. Le phénomène se produit toujours avant qu’apparaissent ces menaces venant de l’exté­rieur, comme si ? animal devinait qu’elles allaient survenir.
Chez certains insectes, ce phénomène se traduit par une inter­ruption de la fécondation, comme si l’animal savait qu’il ne ser­virait a rien de faire naître une progéniture qui serait vouée à la mort. Il est possible que la diapause soit liée à des variations de la durée de l’éclairement journalier. Mais l’intervention d’une horloge interne est tout aussi probable, les deux choses pouvant parfaitement être liées. Cette vie ralentie se prolonge de façon très diverse selon les espèces, de quelques jours à quelques mois et parfois même des années, pour certaines chrysalides d’insectes : la larve de cigale reste dix-sept ans sous terre, avant qu’elle apparaisse sous la forme que nous connaissons. Pour­quoi dix-sept ans et quel est le mécanisme qui la pousse, alors,à se transformer ?
D’autres animaux vivent une existence normale, dans des conditions ordinaires, tout en ayant des fonctions ralenties. C’est le cas de cet étrange animal d’Amérique du Sud, le pares­seux. Comme l’indique son nom, il ne bouge que très lentement et parcimonieusement dans les arbres qui forment son habitat.
Le temps de sa vie est étrange : sa respiration et le rythme de son cœur sont deux fois plus lents que ceux des mammifères de même taille. Il fait des siestes de vingt heures, ne boit jamais, se nourrit d’énormes quantités de feuilles qu’il met trois jours à digérer. Sa température peut descendre jusqu’à 20 °C s’il se met à faire froid.
Certains animaux vont plus loin et se mettent, souvent pen­dant de très longues périodes, en dehors du temps, en se plaçant en état de vie suspendue, comparable en apparence à la mort, mais réversible. De minuscules vers d’eau douce, les rotiferes, peuvent, même adultes, supporter d’être en état de dessication complète pendant une quarantaine d’années. Il suffit de les met­tre en présence d’eau pour qu’ils reprennent leur activité en quelques minutes. Il en est de même pour ces petites araignées qu’on appelle des tardigrades, qui supportent aussi de longues périodes de sécheresse et des chaleurs ou des froids intenses, jusqu’à – 272 °C, en se mettant en état de mort apparente, hors du temps. Curieusement, lorsqu’on les place ainsi en dessica­tion pendant de courtes périodes, on accroît considérablement leur durée de vie, qui passe de deux à soixante ans. Le temps est vraiment très élastique pour de tels animaux. Pour les êtres faits d’une seule cellule, la vie ralentie peut durer pendant de très longues périodes : on a réveillé des morceaux de bactéries piégés dans des cristaux vieux de deux cent cinquante millions d’années.
Cette vie latente est courante chez les végétaux, qui se pro­tègent ainsi contre de brusques variations de l’environnement. La plupart croissent davantage au printemps et pendant l’été, et s’endorment l’hiver, pour se réveiller au printemps. Comment savent-ils que la bonne saison approche et qu’il faut se préparer à revenir à la vie ? Il semble que des gènes spécialisés entrent en action après une certaine période de froid. Sont-ils comman­dés par une horloge interne qui suivrait le rythme des saisons ? C’est probable. Les biologistes se demandent quel rôle elle joue par rapport à l’action naturelle de l’environnement et notam­ment la durée variable du jour et de la nuit. Si bien des bour­geons d’arbres n’étaient pas ainsi en vie ralentie, ils seraient détruits par le froid de l’hiver. On conseille de tailler le lilas juste après sa floraison, car les bourgeons de ses fleurs se forment rapidement – mais ils resteront en dormance pendant tout l’hiver. Des plantes se mettent à vivre au ralenti lorsque survient une sécheresse, comme les lichens ou les fougères. Cette vie ralentie est parfois si poussée qu’on l’appelle la dor­mance : cela signifie que la graine ou le tubercule ne repren­dront leur activité que s’il se produit un choc, la plupart du temps thermique, comme le froid de l’hiver, mais qui peut être aussi la lumière.
Par ailleurs, il est surprenant de constater que des éléments du vivant peuvent survivre à de très longues époques de mort réelle de l’individu qui les portait. Des chercheurs suédois ont ainsi réussi à isoler et à cloner de l’acide nucléique extrait d’une momie égyptienne de deux mille quatre cents ans. On a isolé l’acide nucléique d’un mammouth sibérien de quarante mille ans, mais sans parvenir à le cloner. On y est parvenu pour celui extrait d’un fragment de peau séchée d’un animal disparu, le quagga, chimère du zèbre et du cheval, dont le dernier survi­vant est mort au xixc siècle. Certains se demandent si cette méthode ne permettrait pas de ressusciter, en quelque sorte, des espèces d’animaux disparues. Pourrait-on, par une série de manipulations génétiques, faire revivre un mammouth ? L’entre­prise ne paraît pas absurde à certains biologistes. Il suffirait de remplacer le noyau d’un embryon d’éléphant actuel par l’acide nucléique du mammouth mort depuis quarante mille ans et de le placer dans une future mère éléphant, laquelle donnerait donc le jour à un mammouth. Mais le défi est de taille, car il faudrait disposer d’une grande quantité d’acide nucléique fossile, afin d’espérer recréer intégralement un individu, ce qui n’est pas le cas actuellement.

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