Les effets de groupe chez les invertébrés dans les sociétés animales:

> > Les effets de groupe chez les invertébrés dans les sociétés animales: ; écrit le: 16 novembre 2012 par Sameh modifié le 13 novembre 2014

Chez les vers à soie:

La croissance et toute la physiologie du ver à soie (Bombyx) sont profondément affectées par le groupement. Ainsi, le poids moyen des individus, qui est de 4,5 g dans un groupe de 250 vers, descend à 3,5 g dans un groupe de 10 et n’est plus que de 2,7 g pour les animaux isolés. La fécondité des femelles passe de 20% à 55% quand les animaux sont groupés.

Chez les papillons:

On a observé de nombreux effets de groupe chez ces insectes, notamment des nuées géantes, comparables à celles formées par les sauterelles. Les chenilles aussi sont très différentes selon le degré de regroupement. Parfois, il s’agit d’extravagants changements de couleurs, mais, de façon certes moins spectaculaire, le poids, le développement, l’activité et l’appétit s’accroissent également en cas de groupement.

Chez les grillons:

Ici, le groupement a une forte incidence. Il entraîne notamment l’éclaircissement des téguments par l’inhibition de la synthèse du pigment noir : les isolés sont donc toujours plus foncés que les groupés. Les stimuli sont non seulement tactiles ou visuels, mais aussi olfactifs et vibratoires.

Chez les insectes sociaux:

Chez les insectes sociaux (fourmis, abeilles, termites, guêpes), les effets de groupe revêtent des aspects encore plus complexes et, fait le plus frappant, ils ont fréquemment une importance vitale.

L’exigence vitale:

Dans toutes ces sociétés, des relations physiologiques et psychosomatiques étroites s’établissent entre les individus : échanges de nourriture (trophallaxie), actions hormonales, contacts, léchages, caresses multiples. Lorsque, du fait de l’isolement, ces échanges ne peuvent se produire, d’importants troubles métaboliques surviennent.
Les insectes sociaux ne peuvent survivre isolément. Les abeilles solitaires meurent au bout de six jours ; un groupe de dix tiendra plus longtemps, et la survie est pratiquement normale lorsqu’on regroupe une centaine d’individus.
Les conséquences de l’isolement sont similaires chez les fourmis ou les guêpes. Par contre, l’influence bénéfique du groupe se manifeste dès que deux individus se trouvent réunis.
Chez les termites, la durée de survie est strictement proportionnelle au nombre d’individus réunis.
D’une façon générale, les individus concernés par les effets de groupe semblent interagir comme les cellules d’un gigantesque organisme.
A quoi faut-il attribuer cette relation étroite entre groupement et survie des insectes sociaux ? La trophallaxie, omniprésente dans ces sociétés peut constituer une réponse.
Des phéromones interviennent aussi, telle la survivone, substance récemment découverte chez l’abeille (R. Chauvin, 1980) et que les ouvrières s’échangent par le biais de la trophallaxie, ou par le léchage mutuel des téguments.

La facilitation sociale:

Bien entendu, chez les insectes sociaux, les effets de groupe ne se résument pas seulement à la survie des individus. Ils interviennent encore dans de nombreux phénomènes, dont la «facilitation sociale », d’abord observée chez des fourmis, de différentes espèces (S.C. Chen (1938), R. Chauvin (1975), A. Lenoir (1979).
Chez les Camponotus, ces grosses fourmis qui creusent et habitent le bois, l’activité varie en fonction des individus. Ainsi, il est des fourmis actives, lentes ou d’activité moyenne. Cette activité se mesure, par exemple, par le décompte individuel des boulettes de terre arrachées en un temps donné. On a pu constater de la sorte que l’activité des fourmis s’accroît lorsqu’elles sont groupées. En outre, s’il est associé à un sujet lent, un sujet d’activité moyenne voit diminuer son efficacité ; inversement, cette dernière augmente lorsqu’il travaille aux côtés d’une compagne rapide.
Un phénomène identique a été constaté chez les guêpes (femelles fondatrices de Polistes gaïlicus).
Pourtant, il est difficile de généraliser ces observations à tous les types d’insectes sociaux. Chez les termites, par exemple, le groupe induit, au contraire, un «effet freinateur» (J. Goldberg, 1973).
Si l’on mesure l’activité de creusement des termites en groupes d’effectifs variables – de 5 à 200 termites – on note que l’activité d’un individu dans chacun de ces groupes varie en fonction du nombre d’individus présents dans le groupe. Ainsi, au sein d’un groupe de 200 termites, l’ouvrier travaille beaucoup moins que lorsqu’il se trouve avec seulement cinq de ses congénères. Cet effet de groupe constitue très probablement un processus d’adaptation à l’espace disponible.

Les activités de construction:

Chez les insectes sociaux, il existe des effets de groupe, encore plus complexes, qui transforment radicalement certains comportements, tels la construction et la reconstruction.
Certes, la construction peut s’observer chez des animaux vivant seuls ou en couple, mais, chez les insectes, elle constitue le plus souvent un fait social. Les fourmis oecophylles tisserandes (Œcophylla longinoda) cousent des feuilles pour construire leurs nids qui peuvent être indéfiniment restaurés en cas de destruction accidentelle, ou expérimentale (R. Chauvin, 1952). Quant aux fourmis rousses des bois, elles savent non seulement réparer leurs édifices mais aussi les adapter aux variations de l’environnement. Il n’existe pas de plan déterminé et l’incoordination des individus est totale ; pourtant, une véritable coordination « externe » se produit puisque l’ensemble des réactions individuelles contribue à l’accomplissement de l’œuvre commune. Il en va de même chez l’abeille domestique, les trigones et les mélipones. De fréquentes et nombreuses retouches paraissent nécessaires, trait qui constitue probablement la règle de base dans la construction.
Chez les termites (J. Goldberg, 1974), une reconstruction après destruction des galeries dure pratiquement indéfiniment, pourvu que le nombre d’individus soit suffisant. Le fait social est alors primordial. Les termites manifestent une tendance générale à creuser, mais celle-ci est étroitement liée à l’état social des individus. Ainsi, si un individu isolé peut, certes, commencer à creuser, son action ne peut cependant se poursuivre longtemps en l’absence de congénères : un effectif minimal est nécessaire pour que le creusement présente une certaine importance. Il s’agit là d’une excitation sociale indispensable. La construction «organisée» et complexe d’une galerie requiert de façon encore plus impérative un nombre important de termites. De façon étonnante, ils adaptent toujours leur galerie aux différentes perturbations (inclinaisons, destructions successives, interruptions ou obstacles). Les constructions évoluent de façon adéquate en fonction des besoins nouveaux, mais, ces adaptations ne peuvent également s’opérer sans un nombre d’ouvriers suffisant.

L’équilibre des castes:

D’une façon plus générale, les effets de groupe contribuent aux différents phénomènes de régulation sociale, c’est-à-dire au maintien de l’équilibre de la société en ce qui concerne les proportions numériques entre castes (ouvriers, soldats, reproducteurs) et la régulation des densités de population.
Ainsi, chez les termites, on a observé la formation de sujets sexués de remplacement, larves de nymphes ou de futurs ouvriers qui peuvent évoluer différemment en fonction de la composition qualitative du groupe.

La théorie de la stigmergie:

C’est le nom donné par P.-P. Grassé (1959, 1967) au processus qui, chez les insectes sociaux, fait que le résultat d’une action exécutée par un groupe d’individus (travail, construction), règle ce travail à ses différents stades et donne l’impression d’une coordination planifiée (de ergon, œuvre, et stigma, piqûre, excitation). L’ouvrier ne dirige donc pas «lui-même » son travail, mais est guidé par lui. La stimulation des ouvriers par les travaux déjà effectués est significative et déclenche des réponses précises et adaptées. À mesure que le creusement se développe, le nombre d’ouvriers recrutés pour la tâche augmente. C’est la « contagion de l’ouvrage ». La stimulation des ouvriers par les travaux qu’ils accomplissent, la stigmergie, peut suffire à expliquer les corrélations entre les tâches effectuées en dehors de toute notion de plan ou de régulation. Ici, seul joue cet effet de groupe très particulier. Cependant, si l’« œuvre excite » bien les termites à construire au début, c’est aussi l’œuvre collective qui arrête et freine ce comportement constructeur lorsqu’il a atteint un certain degré en rapport avec le nombre d’individus dans un environnement donné (J. Goldberg, 1973).
Cette explication de la construction peut être généralisée : elle s’applique probablement tout aussi bien aux guêpes, abeilles et fourmis, au moins dans les premiers stades de la construction.

Les apprentissages:

L’apprentissage, est, par définition, un processus qui concerne les individus. Mais parfois il est le résultat d’un effet de groupe.
On a pu mettre en évidence, chez les termites (J. Goldberg, 1975), l’apprentissage d’un trajet matérialisé par la galerie qu’ils construisent dans un labyrinthe à plusieurs culs-de-sac. Différents facteurs interviennent dans ce type d’apprentissage, mais sa particularité la plus frappante réside dans son caractère social.
En effet, les termites semblent apprendre très peu lorsqu’ils sont en petit nombre, et d’ailleurs ils sont alors peu actifs. Certains labyrinthes, trop complexes ne peuvent être appris que par des groupes très importants.
Cependant, tous les individus ne manifestent pas les mêmes capacités d’apprentissage et ne jouent pas le même rôle dans la découverte du chemin à parcourir. Il existe, d’ailleurs, d’autres différences individuelles : à un stade donné, certains individus sont plus rapides et actifs que leurs congénères et certains termites sont probablement les «leaders» du groupe.
De la même manière, toutes les castes ne font pas non plus montre des mêmes capacités. Mais l’effet de groupe semble unifier les possibilités et conférer la capacité d’apprentissage à l’ensemble du groupe.
En ce qui concerne l’aspect social de cet apprentissage, il est encore plus étonnant que les termites « ayant appris » – termites « instruits »- puissent améliorer les performances de leurs congénères «naïfs»…

Vidéo : Les effets de groupe dans le monde animale: chez les invertébrés

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Une réponse pour "Les effets de groupe chez les invertébrés dans les sociétés animales:"

  1. Cicine  31 octobre 2017 at 12 h 00 min

    Je veux savoir est ce qu’il y à des références

    Répondre

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