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Les éléments génétiques mobiles : Transposition et inflation du génome

Vous êtes ici : » » Les éléments génétiques mobiles : Transposition et inflation du génome ; écrit le: 27 juin 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014

Transposition et inflation du génome

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De très nombreux autres éléments génétiques mobiles semblent n’avoir pour toute fonction que d’assurer leur propre survie. Les éléments IS, ou séquences d’insertion, des Procaryotes par exemple se déplacent d’un endroit à l’autre du chromosome. Il en est de même pour les éléments Ac-Ds du maïs, responsables du panachage des épis étudié par B. Mac Clintock. Ces transposons peuvent représenter près de 10% du génome d’une cellule et bien que la probabilité individuelle de transposition de chaque séquence soit faible, leur nombre fait que la transposition est fréquente. On estime par exemple que près de la moitié des mutations spontanées étudiées chez la drosophile sont dues à des insertions de transposons (Alberts et al 1994). Ces éléments se déplacent de façon conservative ou réplicative mais provoquent toujours la duplication d’une courte séquence du site d’insertion. L’accumulation d’événements de transposition ne peut alors qu’aboutir à l’augmentation continuelle de la quantité d’ADN présente dans un génome.
En dehors de ces courtes duplications induites aux sites d’insertion des éléments génétiques mobiles, la formation de transposons complexes avec transposition réplicative est sans doute un puissant mécanisme pour la réalisation de duplications géniques.
L’augmentation de la quantité d’ADN peut également se révéler sous d’autres formes, des séquences répétées un très grand nombre de fois, satellites et microsatellites, ou des séquences inactives gardant la trace d’une activité passée. Dans la première catégorie se placent les séquences Alu, répétées plusieurs centaines de milliers de fois dans un génome humain, dont la structure apparaît proche de celle des transposons en particulier du fait de la présence de deux séquences répétées et inversées aux extrémités. Dans la seconde se placent .es pseudogènes maturés dont la structure paraît directement dérivée de celle d’un ARN messager après excision et épissage des introns. Dans le cas du pseudogène de la P-tubuline humaine, on retrouve très exactement cette situation .
L’absence apparente de fonction bien précise de ces différentes séquences a conduit les chercheurs à les qualifier d’ADN égoïste. Cependant, la transposition peut être considérée comme un moyen d’augmenter le nombre de combinaisons de gènes et donc la diversité géné¬rique. Elle permettrait de « tester » des effets de position, retenus ou éliminés par la sélection naturelle. On a pu montrer en effet chez la drosophile que certains transposons sont systématiquement associés à des remaniements chromosomiques du type inversion ou translocation. La transposition permet également d’activer ou d’inactiver certains gènes, dans la mesure où certains rétro transposons possèdent des séquences promotrices capables de déclencher la ranscription des séquences situées en aval de leur point d’insertion.
On le voit, la transposition apparaît de plus en plus comme un mécanisme majeur de évolution.

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