Les modifications structurales : Les cellules gliales

Les cellules gliales, ou névroglie, sont les cellules du système nerveux qui entourent, nourrissent et protègent les neurones. Longtemps considérées comme un simple tissu de soutien, elles participent en réalité à presque toutes les fonctions du cerveau. Elles sont aussi au premier plan des modifications structurales qui suivent une lésion du tissu nerveux.
Une découverte du XIXe siècle
Le pathologiste allemand Rudolf Virchow a proposé au milieu du XIXe siècle le terme de névroglie, du grec glia, « colle » : il voyait dans ces cellules une sorte de ciment unissant les neurones. Au tournant du XXe siècle, Santiago Ramón y Cajal a décrit les astrocytes, puis son élève Pío del Río Hortega a identifié la microglie et les oligodendrocytes. Contrairement à une idée ancienne, les cellules gliales possèdent bien des prolongements, parfois très nombreux, mais elles n’émettent pas d’influx nerveux comme les neurones.
Les principaux types de cellules gliales
- Les astrocytes, cellules étoilées du système nerveux central. On distingue les astrocytes fibreux de la substance blanche et les astrocytes protoplasmiques de la substance grise. Leurs prolongements entourent les capillaires sanguins et les synapses.
- Les oligodendrocytes, qui fabriquent la gaine de myéline autour des axones du cerveau et de la moelle épinière.
- La microglie, cellules de défense immunitaire résidentes, capables de détecter une agression et d’éliminer les débris cellulaires.
- Les cellules épendymaires, qui tapissent les cavités où circule le liquide cérébrospinal.
- Dans le système nerveux périphérique, les cellules de Schwann forment la myéline des nerfs et les cellules satellites entourent les neurones des ganglions.

Des fonctions essentielles
L’astrocyte est un intermédiaire entre le sang, le liquide cérébrospinal et le neurone. Il prélève le glucose dans les capillaires, stocke du glycogène et fournit aux neurones des substrats énergétiques. Il recapte certains neurotransmetteurs libérés dans les synapses, notamment le glutamate, et régule la concentration de potassium autour des neurones. Il participe aussi au maintien de la barrière hémato-encéphalique, qui filtre ce qui passe du sang vers le cerveau.
Les oligodendrocytes et les cellules de Schwann accélèrent la conduction de l’influx nerveux grâce à la myéline. La microglie surveille en permanence son environnement et intervient dans la réponse inflammatoire ainsi que dans le remodelage des synapses au cours du développement.
Les modifications structurales après une lésion
Lorsque le tissu nerveux est lésé, par un traumatisme, un accident vasculaire ou une maladie dégénérative, les cellules gliales réagissent rapidement. Les astrocytes grossissent, multiplient leurs prolongements et produisent davantage de protéines de structure : c’est la gliose réactionnelle. Elle aboutit à une cicatrice gliale qui isole la zone endommagée, mais qui peut aussi gêner la repousse des axones. La microglie s’active, migre vers la lésion et élimine les cellules mortes.
Des altérations gliales sont étudiées dans de nombreuses affections, comme la sclérose en plaques, où la myéline est détruite, ou certaines maladies neurodégénératives. Les tumeurs cérébrales les plus fréquentes de l’adulte, les gliomes, naissent d’ailleurs de cellules de la lignée gliale.

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