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Les rythmes humains : La mélatonine ,l’hormone donneuse de temps

Vous êtes ici : » » Les rythmes humains : La mélatonine ,l’hormone donneuse de temps ; écrit le: 9 juillet 2013 par imen modifié le 10 novembre 2014

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Les horloges

On a découvert depuis peu que les horloges cellulaires, tout comme l’horloge principale, sont commandées par un petit nombre de gènes, mais on ne sait pas pour autant où elles se cachent, ni comment elles agissent. Pour comparer avec nos horloges mécaniques, les biologistes comprennent comment les aiguilles tournent, mais ils n’ont pas encore complètement élucidé où se trouve le mécanisme, ni comment il fonctionne. Il ne faut pas exclure qu’il existe, dans un organisme vivant complexe comme celui de l’homme, des millions, voire des milliards de compte-temps, d’horloges internes. On pourrait imaginer qu’elles fonctionnent de façon indépendante, mais des observations laissent penser, et cela semble plus logique, qu’elles sont synchronisées par l’horloge principale située à la base du cerveau, laquelle évaluerait en permanence la bonne marche de toutes les autres horloges « esclaves » de l’organisme. Il existerait dans le cerveau de l’homme d’autres zones spécialisées dans le comptage du temps, comme le cervelet et ?’écorce du cerveau, le cortex, où des systèmes enregistreraient les informations sur le temps qui passe et les stockeraient en mémoire, en étendant le moment où elles seront utilisées.
On a découvert aussi que les gènes impliqués dans le fonctionnement des horloges internes se retrouvent dans bien d’autres organes, comme le foie, le cœur, les muscles, les poumons. Les protéines que produisent ces gènes montrent des lythmes proches de vingt-quatre heures. On a également établi que des hormones jouent un rôle essentiel dans la mesure du temps chez tous les êtres vivants, les animaux comme les hommes, et influent donc à la fois sur le développement d’un organisme et sur son fonctionnement. C’est le cas, notamment, de la mélatonine, qu’on a appelée l’hormone du photopériodisme car, secrétée uniquement la nuit, elle informe l’organisme sur la durée de la période d’obscurité, et agit sur son horloge interne lorsqu’elle a besoin de cette information, par exemple pour déclencher un processus compliqué, comme celui de la reproduction. C’est la mélatonine qui diffuse aussi les informations venant de l’horloge principale du cerveau. C’est l’hormone donneuse de temps, r informateur universel de tous les êtres vivants du rythme jour-nuit. Comme la durée de sa sécrétion est proportionnelle à la longueur de la nuit, c’est la mélatonine qui permet aux animaux de se repérer au cours de l’année, en distinguant entre les jours longs et les jours court, ce qui est essentiel pour le comportement de beaucoup d’entre eux.
Tout se passe comme si la mesure du temps à l’aide d’une stimulation lumineuse se faisait par la transformation d’un signal physique, la lumière, en un signal chimique, hormonal, la mélatonine. Cette dernière est produite par la glande pinéale, qu’on appelle aussi l’hypophyse, située dans le cerveau : c’est là où Descartes voyait le siège de l’âme. Les anciens biologistes soupçonnaient son importance sur le terrain du photopériodisme : ils l’avaient appelée le « troisième œil ». Mais elle avait perdu de son intérêt depuis quelques siècles, au point que certains la considéraient comme un organe inutile. Elle revient aujourd’hui au premier plan de l’actualité de la recherche. Si on l’enlève chez un animal, ses rythmes sont profondément perturbés. Le moineau, par exemple, ne sait plus sautiller, il n’a plus ses variations rythmiques de température.
La mélatonine renseigne tous tes êtres vivants, l’homme y compris, sur le rythme à venir des saisons, et leur donne donc une information essentielle pour déclencher les processus d’accouplement. Mais elle intervient aussi plus directement dans la reproduction, qui est, chez les animaux, un phénomène périodique, soumis au temps, puisqu’il doit s effectuer de façon à ce que les petits naissent à la période la plus favorable pour leur survie. Il y a dû y avoir, au cours de l’évolution, une adap­tation qui a organisé peu à peu les transformations de l’orga­nisme, afin qu’il assure la reproduction de l’espèce à ces seules périodes favorables. Le comportement sexuel de l’homme est maximal à l’automne, peut-être pour que, comme chez les ani­maux, les enfants naissent à une saison favorable. Les cas de viol sont également plus nombreux à cette saison.
Or la mélatonine module la production des hormones qui interviennent dans ce phénomène essentiel, comme le montrent les travaux de Benoît Malpaux et de son équipe de l’INRA, l’institut national de recherches agronomique, qui travaillent près de Tours. Des observations sur la brebis permettent de constater que lorsqu’on prive l’animal d’information sur la sai­son, en la maintenant en permanence en pleine lumiere ou en lui bandant les yeux, elle poursuit cependant ses préparatifs périodiques à l’accouplement, comme si elle suivait les instruc­tions d’une horloge interne. En plaçant des implants de mélato­nine sur des animaux, on peut contrôler leur gestation, ce qui est important pour les éleveurs, car cela permet, notamment, d’avoir davantage de portées : on réussit couramment, au Canada, à obtenir ainsi trois portées tous les deux ans, au lieu d’une annuellement. On contrôle ainsi dans le temps la repro­duction des volailles, des chèvres, des vaches ou des juments.



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