Les structures sociales dans les sociétés animales: Les rongeurs

> > Les structures sociales dans les sociétés animales: Les rongeurs ; écrit le: 16 novembre 2012 par Sameh modifié le 13 novembre 2014

Les rongeurs

Chez un certain nombre d’entre eux, l’organisation sociale est dépendante de la nature de l’environnement et de la densité. Ainsi, les souris domestiques (Mus musculus) sont le plus souvent très socialisées, mais on connaît des cas de solitaires, de territoriales ainsi que de colonies comprenant de nombreux mâles et femelles. En laboratoire, on a pu remarquer que dans un groupe, la souris dominante se tient la plupart du temps à l’écart des autres membres du groupe. Elle entretient, de temps en temps, quelques contacts avec ses congénères, sortes de manœuvres d’intimidation plutôt que véritables combats.
Les hiérarchies s’établissent très vite. Quand on place deux souris dans un endroit inconnu de l’une comme de l’autre, elles s’évitent durant les premiers instants, mais, au bout de peu de temps, les relations changent : l’une des deux cesse de reculer devant l’autre et fait même mine de l’attaquer si elle s’approche trop. Si l’une des deux a été placée avant l’autre dans l’enceinte, elle aura acquis le territoire et dominera par conséquent la nouvelle arrivante qu’elle persécutera aussitôt très activement.
L’hostilité est beaucoup plus durable chez les mâles que chez les femelles. Les mâles dominants sont plus entreprenants que les dominés dans leur approche des femelles en chaleur. Il arrive même assez souvent que les dominés soient poursuivis par les femelles. Une souris qui s’enfuit déclenche par sa fuite même un réflexe de poursuite chez les autres. Les mâles dominés ont plutôt tendance à s’enfuir, tandis que les femelles s’aplatissent au sol et crient quand elles sont mordues, ce qui arrête automatiquement l’attaque. Chez les souris, comme dans beaucoup d’autres espèces animales, il arrive qu’un individu attaqué se retourne pendant sa fuite sur ses pattes de derrière pour montrer au dominant sa gorge et son ventre : il s’agit là du rituel de soumission, qui consiste à présenter une partie vulnérable du corps, comportement qui inhibe immédiatement l’agressivité du dominant.
Tous ces faits constituent un schéma général de ce que l’on observe habituellement. Il ne faut toutefois pas oublier que les comportements de dominance restent liés au phénomène d’agressivité, ce dernier variant beaucoup d’une race et d’une souche de souris à l’autre, ce qui laisse supposer que des dissemblances génétiques sont à l’origine des différences d’agressivité. Or, on peut parfaitement conditionner des souris à gagner ou à perdre un combat en fonction des combats précédents. Une dominance peut donc être induite de cette façon, mais elle tendra à disparaître au bout de quelques semaines si elle n’est pas renforcée.
Quant aux rats de laboratoire, ils ne montrent que très peu de comportements de dominance, excepté de manière transitoire dans le cas de femelles soignant des petits au nid. D’ailleurs, seules les femelles qui mettent bas ont tendance à s’isoler, les autres individus dormant volontiers ensemble.
Les chiens de prairie (Cynomys ludovicianus), comme les spermophiles et beaucoup d’écureuils terrestres, constituent de grandes colonies, appelées « coteries multi-mâles / multi-femelles », réglées par un système de territoire lié aux femelles : les mâles émigrent pour se reproduire. Il ne semble pas exister de hiérarchie, et les ressources sont partagées à l’intérieur du territoire collectif.
Le système social des marmottes ressemble beaucoup à celui des chiens de prairie, mais il est plus marqué chez les espèces de montagne où la bonne saison dure peu de temps.
La marmotte forestière (Marmota monax) vit solitaire dans les champs et les forêts de basse altitude. Le mâle et la femelle ne se rencontrent qu’au moment de la reproduction. Les jeunes quittent leur mère dès le sevrage.
En revanche, la marmotte des Alpes (Marmota marmota), la marmotte olympique (Marmota olympus), comme la marmotte américaine (Marmota caligata) vivent dans les alpages et sont hautement sociales. Elles forment des colonies familiales ou bien comprennent un mâle, plusieurs femelles, les petits de l’année et ceux de l’année précédente. Les relations sociales (salutations) sont beaucoup plus nombreuses.
Les marmottes à ventre jaune (Marmota flaviventris) représentent un type mixte. Elles vivent dans des milieux intermédiaires entre les environnements alpins et ceux de basse altitude. Elles sont également coloniales, mais le mâle défend un territoire qui inclut un harem de femelles apparentées. Les jeunes subadultes y sont tolérés.
Colonies aussi chez le rat noir (Rattus rattus), mais avec une double hiérarchie mâle et femelle, alors que les souris possèdent des structures assez variées : solitaires et territoriales à colonies multi- mâles/multi-femelles.

Vidéo: Les structures sociales dans les sociétés animales: Les rongeurs

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur: Les structures sociales dans les sociétés animales: Les rongeurs 

← Article précédent: Définitions et approches de la dominance dans les sociétés animales Article suivant: Les structures sociales dans les sociétés animales: Les bovidés domestiques


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site