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L’évolution future du cerveau : Les constatations

Vous êtes ici : » » L’évolution future du cerveau : Les constatations ; écrit le: 13 juin 2013 par imen modifié le 4 janvier 2019

1Le cerveau n’a pas évolué en gravissant un à un les barreaux d’une échelle étroite. Son évolution a suivi des voies tortueuses orientées par des adaptations indispensables à certains moments mais toujours conformes aux besoins ultérieurs.
L’évolution future du cerveau portera-t-elle sur les composantes du cerveau : neurones, ramifications, circuits, ou sur le cerveau global : struc¬tures et fonctionnement de centres spécialisés ? Faut-il être réductionniste ou holistique dans nos prévisions ? Faut-il admettre des influences directes génétiques ou indirectes venues de l’environnement ? Faut-il souhaiter une progression organique ou psychique ?

Le volume du cerveau a beaucoup augmenté

Les premiers Hominidés vivaient il y a environ 6 millions d’années. L’évolution fait apparaître à l’évidence une croissance accélérée du volume du cerveau. Il a fallu environ 500 millions d’années pour passer de l’amphioxus, pratiquement sans cerveau, aux premiers Mammifères qui ont un cerveau très réduit. Il a suffi de trois millions d’années pour que le cerveau des Hominidés passe du préhumain, l’Australopithèque, à l’Homo sapiens, de 450 à 500 g à 1 400 g, ce qui est le triple. Cette progression rapide a été suivie d’une stabilisation depuis plus de 100 000 ans.
Les différents facteurs qui sont intervenus pour déterminer l’accroissement du cerveau : déplacement des yeux dans un plan frontal, libération de la fonction locomotrice du membre supérieur et de la main ; son rôle dans la préhension et la sensibilité tactile, station verticale et marche bipède ont été analysés dans le chapitre IV. Ces facteurs continuent-ils d’intervenir ?
L’augmentation du volume du cerveau est observée dans la plupart des espèces. Il croît régulièrement au cours de millions d’années. Les espèces actuelles ont un cerveau plus volumineux que leurs ancêtres fossiles. Cette



observation est appelée la « loi de Marsh ». Un jaguar actuel a un cerveau deux fois plus gros que le tigre de même taille qui parcourait les forêts du Nébraska il y a trente millions d’années. On constate le même phénomène chez les Poissons, chez les Batraciens, chez les Oiseaux, chez les Mammifères et chez les Primates. Il existe toutefois des exceptions. Une des causes de la disparition de certaines espèces a été le gigantisme qui crée une discordance entre le volume du corps et celui du cerveau (vu page 181). Le déclin et la disparition des grands Reptiles du Secondaire, les Dinosauriens, est-il en relation avec leur très petit cerveau ? Le brontosaure pesait trente-cinq tonnes et avait un cerveau de moins d’une livre, ce qui correspond à un poids relatif de 1/100 000. Les derniers Dinosaures avaient des cerveaux plus développés que les premiers. Certains Reptiles actuels n’ont pas un cerveau plus gros que ceux du Trias il y a 200 000 ans ; ils sont microcéphales : pythons, boas, crocodiles restent somnolents les neuf dixièmes de leur existence.
Les Mammifères tirèrent un grand avantage d’être portés par leur mère pendant la période de gestation. Les premiers furent de petites créatures vivant à la périphérie d’un Monde dominé par les Dinosaures. Ils se développèrent très vite après la disparition des grands Reptiles et leur cerveau atteint des dimensions jusque-là inconnues. Dans la plupart des lignées, on constate une augmentation de son volume ; on l’observe par exemple chez les Equidés dont l’évolution du cerveau a pu être suivie pendant plus de 50 millions d’années (Edinger, 1948). Le poids du cerveau des Mammifères carnivores est toujours supérieur à celui des herbivores ; les animaux qui doivent capturer des proies pour survivre ont besoin d’un cerveau plus gros que ceux qui se nourrissent de végétaux. Si un quotient d’encéphalisation de 1 correspond à la taille théorique du cerveau du Mammifère moyen, on peut faire le calcul :
On constate donc une cérébralisation croissante tout au long de la lignée des Vertébrés, des Poissons aux Mammifères et aux Primates. Le psychisme n’arrive pas toujours à franchir le seuil de la réflexion (voir page 58). La conscience ne « brise la chaîne » que chez l’Homme, sans qu’il y ait rupture de continuité avec ce qui précède. L’événement représente un palier dont l’importance est égale à l’apparition de la vie.
L’augmentation du volume du cerveau va-t-elle se poursuivre ? La loi d’Heckel formulée en 1 874 (voir plus loin) nous permet de le supposer. Le développement embryonnaire des vivants les plus évolués récapitule l’évolution des espèces qui ont précédé. L’embryon des Mammifères… des Primates passe par les stades Poissons, Amphibiens, Reptiles. Nous verrons plus loin que, partant du fait que la tête du nouveau-né chimpanzé res¬semble à celle de l’Homme, on peut imaginer que le nouveau-né humain, dont le cerveau représente 10% du poids de son corps (350 g pour 3 kg 5), alors que celui de l’adulte est égal à 2 % (1,5 pour 70 kg), préfigure le cerveau de l’Homme futur ?2

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