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L’importance des mythes : Le mythes une réalité vivante

Vous êtes ici : » » L’importance des mythes : Le mythes une réalité vivante ; écrit le: 14 juillet 2013 par imen modifié le 7 novembre 2014

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Le mythes une réalité vivante

Se projeter dans le mythe était, pour l’homme d’autrefois, une façon de se retrouver vraiment lui-même, car cela se pas­sait à l’occasion d’actes sociaux importants et ritualisés, céré­monies magiques, activités de chasse ou de guerre, migrations ou récoltes. Il se produisait, pendant ces cérémonies, comme un arrêt provisoire du temps profane au profit du temps mythique, et c’était là une nécessité inéluctable. Ces cérémo­nies à caractère rituel se répétaient régulièrement, et elles deviendront à la longue des fêtes populaires ou religieuses. Les religions se sont construites sur tous ces éléments qui exis­taient antérieurement, et qui étaient étroitement liés à la solida­rité du groupe, qu’il s’agisse de faits, de personnages sacrés, ou de mythes. Le christianisme s’inscrit très fortement dans l’histoire et dans la « flèche du temps ». Mais il s’est édifié sur des éléments mythiques très anciens, que l’on retrouve dans de vieilles légendes hébraïques, dont la popularité a certainement joué en sa faveur et contribué à son succès.
Jésus-Christ lui-même, avant de devenir un personnage histo­rique, fut un personnage mythique. Le Christ est aussi un homme, il se place donc dans un temps linéaire, mais il symbo­lise en même temps la rupture du temps profane et l’ouverture vers un temps éternel – ce qui est un comportement mythique. Les commentateurs catholiques admettent aujourd’hui que l’histoire d’Adam et Eve, telle qu’elle est racontée dans la Bible, est un récit mythique. L’Ancien Testament en comprend bien d’autres. La croyance en l’immortalité, la promesse d’un paradis, sont des recettes courantes communes à tous les mythes qui précédèrent les grandes religions. Le Moyen-Âge fut l’occasion de renouer avec quelques-uns de ces éléments, comme les légendes merveilleuses, les chansons de geste, la quête du Graal, la grande peur de l’an mille, voire les croisades.



Les historiens ont bien montré les relations existant entre les thèmes de la mythologie celtique et les récits concernant le roi Arthur. Les mythes présentent des analogies, dans leur struc­ture, dans leur sens général, dans beaucoup de sociétés. Claude Lévi-Strauss en conclut qu’il existe des structures fondamen­tales et universelles de l’esprit humain. Il parle d’un « incons­cient structural », qui a pesé, à toutes les époques, sur l’esprit de l’homme.
Les pratiques liées à la perpétuation des mythes sont, aujourd’hui encore, dans nombre de sociétés archaïques, inti­mement liées à la mémoire, laquelle est une composante évi­dente du temps vécu. Le mythe est une réalité vivante, il est perpétuellement et à jamais actuel. On l’évoque d’ailleurs sou­vent au présent et cela aide à lui donner un sens. La réalité pri­mordiale du mythe sous-tend et créée en même temps la réalité présente. « Les mythes ne se laissent pas comprendre, dit Georges Dumézil, si on les coupe du monde de ceux qui les racontent. » Et Claude Lévi-Strauss, cité par l’historien Jacques Le Goff : « L’histoire mythique offre le paradoxe d’être simul­tanément disjointe et conjointe par rapport au présent… Grâce au rituel, le passé “disjoint” du mythe s’articule, d’une part avec la périodicité biologique et saisonnière, d’autre part avec le passé “conjoint” qui unit, tout au long des générations, les morts et les vivants. »
Il est plus que probable que les mythes ont évolué a mesure qu’ils ont été transmis oralement de génération en génération, car l’exemple des sociétés actuelles qui vivent encore sans écri­ture montre que les récits mythiques ne sont pas appris par cœur, et qu’ils sont donc parfois modifiés par ceux qui les racontent, tout en gardant l’essentiel du sens. L’ethnologue Jack Goody, en recueillant, à vingt ans de distance, deux versions d’un mythe fondateur de la tribu des LoDagaa, au Ghana, constata des modi­fications dans un récit mythique pourtant associé, épisode par épisode, aux étapes d’un rituel. En fait, ce qui importait pour les LoDagaa, c’était la pertinence du récit et sa construction, davan­tage que sa conservation à la lettre. « La répétition exacte de longs morceaux est rarement ressentie comme nécessaire, dit Jack Goody. Il se peut qu’une remémoration exacte soit moins utile, moins appréciable, que le fruit d’une évocation inexacte».

Dans bien des communautés africaines, la tradition orale interdit de reproduire deux fois le même récit. « L’auditoire est aussi acteur et le conteur invente, dit Manga Bekombo, anthropologue camerounais. Il possède une charpente qui permet à tous d’iden­tifier clairement le récit. Le contenu varie d’un récitant à l’autre. Ce mode de transmission ne surcharge pas la mémoire et c’est pour cette raison qu’il ne disparaît pas. Au Cameroun, le récit est aussi un rituel où le droit d’user de la parole se conquiert par la protection des ancêtres. »

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