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Mytes et rites modernes : Contes et légendes

Vous êtes ici : » » Mytes et rites modernes : Contes et légendes ; écrit le: 14 juillet 2013 par imen modifié le 7 novembre 2014

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Les conte et légendes

Les mythes ont donc été transformés avec l’arrivée du monde moderne, tout comme les rites. Ils ont parfois pris des formes inattendues, celles des contes et des légendes, par exemple. L’ethnologue Claude Lévi-Strauss ne fait pas de différence de principe entre les mythes et les contes. Tout d’abord, ces derniers existent aussi depuis très longtemps dans notre mémoire collective et nous rattachent donc à notre lointain passé. La plupart sont nés il y a si longtemps qu’on en a perdu l’origine. On ne sait pas qui est Homère, si même il a existé et quel est le véritable auteur de VOdyssée, ou s’il s’agit d’une œuvre collective. Mais le récit homérique – est-ce un conte, une légende, une épopée ?  a un rapport intéressant avec le temps, car il est tout entier axé sur le retour d’Ulysse, programmé et proclamé dès le début, mais toujours remis, du fait d’aventures qui vont durer de longues années. Le passé, le futur et le présent se mêlent continuellement, au cours de l’œuvre, comme dans un texte d’un écrivain du « nouveau roman » – et comme dans le roman Ulysse de James Joyce, basé sur l’Odyssée.
Les légendes ont plus souvent que les contes un fondement historique. Ce sont des récits populaires d’événements qui ont eu lieu, mais qui ont été transformés à mesure qu’ils étaient racontés aux veillées. Les personnages y sont toujours nommés et l’action se passe toujours dans un lieu précis. Les chansons de geste du Moyen Âge en sont la forme la plus élaborée. C’est aussi l’époque où se répandent, au travers de l’Eglise, des légendes saintes, beaucoup étant relatives à la Vierge Marie. Il en est de fort belles, comme celle qui raconte qu’une nonne ayant fui avec son drôle, et ayant laissé les clés du couvent sur l’autel de la Vierge, celle-ci prend l’apparence de la fugitive, afin que personne ne s’aperçoive de l’escapade avant le retour de la belle, repentie ou déçue.
Les contes doivent beaucoup plus à l’imagination et prennent davantage de liberté avec la réalité. Ils nous emportent dans un monde et un temps symboliques. Leur importance vient sou­vent de la distance qu’ils prennent avec le réel, l’intérêt des faits qu’ils racontent étant liés à leur situation dans un temps mythique, c’est-à-dire hors du temps. Mircea Eliade raconte qu’au début du xxe siècle, un folkloriste roumain enregistra une belle ballade qui racontait l’amour tragique d’un jeune homme pour une fée des montagnes. A la veille de l’épouser, la fée, jalouse, le précipita du haut d’un rocher. Les paysans rapportèrent son corps au village et la fée, devenue jeune fille, chanta une lamentation funèbre remplie d’allusions mytholo­giques. En enquêtant sur les origines de cette légende, qu’on lui présentait comme venant du fond des temps, le folkloriste s’aperçut que l’histoire était vraie et retrouva son héroïne, qui lui raconta une histoire banale : il y avait un demi-siècle, son fiancé avait fait une chute accidentelle dans un précipice. lorsque le folkloriste parla aux villageois de la version réelle de leur légende, ils répondirent que la vieille avait perdu l’esprit, que la véritable histoire était celle de la ballade, qui, seule révélait un destin tragique intéressant et une émouvante aventure amoureuse, fixée à jamais dans un temps indéterminé, mais lointain.
L’une des plus classiques des légendes de l’Inde, qui traduit la relativité et le peu d’importance de la vie quotidienne, raconte l’histoire d’un ermite qui méditait, fixant du regard une feuille d’un bel arbre. Soudain, la feuille se met à trembler, puis tout l’arbre. Le dieu Vishnou apparaît et demande à l’ascète de faire un vœu. « Que pourrai-je choisir, sinon connaître ta sagesse » répond l’ermite. « Soit, répond le dieu, alors va me chercher de l’eau. » L’ascète part vers un village, est subjugué par la beauté d’une jeune fille, oublie ce qu’il était venu faire, épouse la belle et vit heureux pendant de longues années, jusqu’au jour où une inondation emporte tous ses biens, noie sa femme et ses enfants et le lance contre un rocher. « Mes enfants ! » soupire-t-il. Alors une voix s’élève, portée par le vent : « Où est l’eau, mon fils ? J’ai attendu plus d’une demi-heure… »



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