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L’influence de la prédation sur la dynamique des populations : La prédation et la taille corporelle

Vous êtes ici : » » L’influence de la prédation sur la dynamique des populations : La prédation et la taille corporelle ; écrit le: 28 juin 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014

1En étudiant les communautés de vertébrés terrestres d’un milieu méditerranéen ibérique, Valverde (1964) avait remarqué que, chez les Mammifères, les prédateurs présentent des tailles corporelles moyennes intermédiaires entre celles de leurs différentes proies. Parmi celles-ci, les rongeurs ont une taille inférieure à celles des prédateurs alors que les ongulés (cerfs, daims, sangliers) ont au contraire une taille supérieure. Par une analyse des régimes alimentaires des prédateurs de cette communauté, Valverde montra que la majeure partie des proies des mammifères prédateurs est constituée de mammifères. Il proposa alors une explication à cette singulière répartition des tailles en supposant que c’est la pression de prédation qui en est à l’origine. En effet, pour échapper à un prédateur, les proies ont selon lui deux possibilités : soit être plus petites que lui et ainsi pouvoir se cacher facilement, soit être plus grandes que lui et ainsi lui tenir tête. D’après Valverde, des proies plus petites ou plus grandes que les prédateurs ont eu dans le passé un avantage sélectif, et la sélection ainsi exercée a favorisé soit des individus de grande taille, soit des individus de petite taille. Il en a résulté la structure actuelle. Il convenait alors de tester cette théorie, ce qui fut fait grâce à la paléontologie.On connaît depuis longtemps dans les îles méditerranéennes des éléphants nains et des rongeurs géants à l’état fossile. Ces observations avaient laissé perplexe le monde scientifique. En effet, on ne connaissait pas, et on ne connaît toujours pas, de tels exemples en dehors des îles. Les conclusions de Valverde permettent cependant de proposer une explication cohérente à l’existence de ces étranges fossiles (Thaler 1973). En effet, sur les îles, l’appauvrissement des faunes par rapport au continent fait que les prédateurs y sont moins nombreux. La pression de sélection exercée par les prédateurs sur les proies est donc plus faible. Si l’on intègre le fait qu’une petite taille pose des problèmes d’homéothermie aux mammifères et qu’une grande taille augmente pour sa part les besoins énergétiques, on peut à présent expliquer ces nains et ces géants insulaires curieux. Sur le continent, les mammifères herbivores ou rongeurs sont soumis à deux pressions de sélection opposées . Ceux de petite taille sont soumis à une sélection physiologique tendant à faire augmenter leur taille et à une pression de prédation tendant à la diminuer. Ceux de grande taille sont soumis à une pression physiologique pour la diminution de leur taille et à une pression de prédation tendant à la faire augmenter. Sur les îles, la pression de prédation étant plus faible, les contraintes physiologiques jouent seules. 2Les rongeurs ont donc tendance à être géants et les éléphants à être nains. Cette étude constitue un excellent exemple d’approche pluridisciplinaire permettant de proposer un modèle et de le tester grâce aux archives fossiles.

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