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Pétrole : L’Afrique

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Petrole LAfrique 150x150 - Pétrole : L'AfriqueLa Chine poursuit également une politique très active sur le continent africain. Celle-ci n’est certes pas récente, puisque à l’époque de la guerre froide, la Chine tentait déjà de s’y implanter, dans les territoires non étroitement liés aux deux Grands soviétique et américain. Puis, alors que disparaissait la bipolarisation du monde et que la Chine, ayant lancé ses réformes économiques, s’ouvrait au marché mondial, les liens avec l’Afrique se sont à la fois renforcés et ont évolué, passant d’une approche surtout idéologique de solidarité entre pays du Sud à une vision avant tout commerciale et particulièrement offensive. Ainsi, dans les années 1990, les volumes des échanges commerciaux entre la Chine et les pays africains ont connu un bond spectaculaire, de 700 % !16

En 2004, les investissements chinois, destinées surtout aux secteurs les plus rentables comme la pêche, le bois, les ressources minières et énergétiques, s’élevaient à plus de 900 millions de dollars, sur les 15 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) de la Chine en Afrique. Cette politique devant permettre à la Chine de devenir rapidement le troisième partenaire commercial de l’Afrique, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, même si, en proportion, cela représente une faible part du commerce de la Chine, puisque l’Afrique ne concernait seulement, en 2004, que 2 % des échanges commerciaux chinois.17

Actuellement, plus du quart des importations de pétrole chinoises (28,7 % des importations de pétrole brut en 2004) proviennent du golfe de Guinée et du Soudan.
C’est en effet avec l’Angola et le Soudan que Pékin entretient des relations particulièrement étroites, jusqu’en 1992, l’Angola n’exportait que des quantités modestes de pétrole à destination de la Chine, bien qu’étant son unique fournisseur africain d’hydrocarbures Aujourd’hui, ie quart des exportations angolaises de pétrole sont ainsi destinées au marché chinois, et Pékin, via la banque publique chinoise Eximbank, a consenti à Luanda un prêt d’un montant de 2 milliards de dollars ; ce crédit devait être par la suite dénoncé pour avoir été détourné de son objectif initial (la reconstruction de la ligne de chemin de fer reliant le port angolais de Lobito à Lubumbashi, au Congo) au profit du gouvernement, en prévision d’élections en 2006.

Le Soudan, quant à lui, exporte la moitié de sa production de pétrole à destination de la Chine, la grande majorité des compagnies pétrolières présentes dans ce pays étant d’origine chinoise. Pékin a en effet profité de la politique de boycott menée par Wash-ington à l’égard de ce pays (le gouvernement avait interdit aux compagnies pétrolières de négocier avec Khartoum) pour s’implanter au Soudan, qui représente actuellement 5 % des importations chinoises de pétrole brut.

Ces étroites relations économiques et commerciales ont également développé des liens politiques et militaires suffisamment forts pour qu’en septembre 2004 Pékin menace d’appliquer son veto au Conseil de sécurité des Nations unies afin de s’opposer à la résolution 1564 prévoyant des sanctions pétrolières à l’égard de Khartoum en réaction à la crise qui sévit au Darfour depuis 2002. Pékin s’était finalement abstenu, préférant tenter de convaincre le Soudan de modérer sa conduite, même cet épisode avait prouvé
l’importance de l’implication chinoise en Afrique, y compris au niveau diplomatique. L’incident devait d’ailleurs se reproduire puisque la Chine s’est une nouvelle fois abste¬nue de voter la résolution 1593 du Conseil de sécurité visant à transmettre au Procureur de la Cour pénale internationale le cas de la situation au Darfour. Actuellement, environ 4 000 soldats chinois seraient présents au Soudan pour protéger les installations pétrolières.

La Chine entretient également des liens à la fois commerciaux et politiques avec l’Algérie, la Libye, le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon et le Zimbabwe. Son approche sur le continent demeure ambiguë, car la Chine, tout en étant soupçonnée de ventes d’armes à de nombreux pays africains, multiplie les actions symboliques en faveur du continent, telles que l’exemption de droits de douane pour les exportations de matières premières de 28 pays africains parmi les plus défavorisés, la remise de la dette de 31 nations africaines d’un montant de 1,36 milliard de dollars, l’envoi de Casques bleus, ou encore la création d’un Fonds de développement des ressources humaines pour l’Afrique, créé en 2000.

Quoiqu’il en soit, la Chine poursuit son extension politique et commerciale en Afrique, comme en témoigne la création en 2000 du Forum de coopération entre la Chine et l’Afrique visant à promouvoir le commerce et l’investissement avec une quarantaine de pays africains. En 2005, la Chine a investi 6,27 milliards de dollars en Afrique. La présence de la Chine en Afrique est néanmoins de plus en plus critiquée, notamment en raison des dommages environnementaux provoqués par l’exploitation chinoise des matières premières et par le ré endettement de plusieurs pays pauvres auprès de la Chine.

Le continent américain

La Chine est également présente en Amérique latine, notamment au Venezuela d’Hugo Chavez avec qui Pékin a signé pour 400 millions de dollars d’investissements par la CNPC (la Compagnie nationale de pétrole de Chine) au profit du développement des industries d’hydrocarbures du pays. Le Venezuela, qui exporte de façon croissante son pétrole à destination de la Chine, espère atteindre 300 000 barils quotidiens destinés au marché asiatique. Pékin a également financé plusieurs projets et conclu plusieurs accords commerciaux avec le Brésil, Cuba, l’Equateur, le Pérou, la Colombie et l’Argentine ; à l’automne 2004, à l’occasion d’un déplacement officiel dans le continent sud-américain, le président chinois Hu Jintao avait annoncé son intention d’y investir 100 milliards de dollars au cours des dix prochaines années. Les richesses énergétiques du Canada ont elles aussi attiré la Chine. Les deux pays ont conclu en 2004 plusieurs contrats énergétiques, dont l’un consistant à construire un oléoduc en direction de la côte occidentale du Canada, destiné à l’approvisionnement du marché asiatique.

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