Requins

> > Requins ; écrit le: 24 avril 2012 par chayma

Les requins ne correspondent pas cependant à une entité systématique dans la classification zoologique. La nature cartilagineuse de leur squelette est un caractère partagé avec les raies et les chimères. L’ouverture directe des branchies sur le milieu extérieur est un autre caractère commun aux raies et aux requins, regroupés dans la sous-classe des élasmobranches. Trois grandes lignées constituent en fait l’ensemble des poissons cartilagineux à fentes branchiales latérales communément dénommés requins : les squalomorphes qui ont conservé certains caractères ancestraux, les squatinomorphes ou anges de mer, et les galéomorphes regroupant les requins les plus évolués. Au total, environ 370 espèces de requins ont été recensées, se répartissant en huit ordres et trente familles. Ces requins ont des formes, des couleurs et des tailles très diversifiées.

La plupart des requins ont une forme hydrodynamique de fuseau allongé; cependant, il existe des formes plus trapues, comme celles du requin-nourrice et du requin ventru, qui peut se gonfler comme un poisson-globe; des formes aplaties comme celles des requins-carpettes ; les humantins ont un corps de section triangulaire ; la tête des requins-marteaux porte d’énigmatiques expansions latérales, et le requin-lutin possède un rostre frontal en forme de casquette !

Les requins présentent aussi une large palette de couleurs : les roussettes, par exemple, ont souvent des robes marquées de taches, de points et de bandes bigarrées. Le requin-tigre et le requin- léopard ont de belles livrées évoquant celles des fauves dont ils portent le nom. En revanche, le grand requin blanc est grisâtre, seul le ventre est blanc, comme chez la plupart des requins.

La diversité caractérise également leur taille. Le plus grand requin, qui est aussi le plus grand poisson, est le requin-baleine; il peut atteindre 12 mètres de long et un poids de 12,5 t. A l’opposé, les plus petits requins sont le squale-pygmée et le requin-chat nain, qui ne dépassent pas 25 centimètres et un poids de 10 à 30 grammes. En fait, 53 % des requins sont petits, avec une taille inférieure au mètre, et 30 % ont une taille modérée comprise entre 1 et 2 mètres; seulement 3 % des espèces dépassent 4 mètres de long. Le terrible grand requin blanc dépasse rarement 6,50 m et un poids de 3 tonnes. Son ancêtre présumé, le léviathan fossile Procarcharodon megalodon, avait une longueur d’environ 13 mètres; ses dents étaient aussi grandes qu’une main d’homme.

L’empire des sens

Cosmopolites ou ayant une distribution plus régionale, les requins existent dans toutes les mers, excepté au voisinage du continent antarctique. Si le laimargue du Groenland fréquente les mers glaciales arctiques, la plupart des requins préfèrent les eaux plus chaudes des tropiques. Certains, comme le requin-bôuledogue, sont capables de pénétrer en eau douce et d’y maintenir des populations. En mer, les requins existent depuis la zone côtière jusqu’’aux profondeurs abyssales.

Les requins semblent avoir été conçus autour de leur fonction de prédateur, qu’ils remplissent à merveille. Ce sont souvent d’excellents et puissants nageurs profilés pour la chasse. Ils possèdent un système de capture redoutable : leurs mâchoires et leurs dents disposées en séries, dont les premières rangées sont fonctionnelles, les suivantes étant des dents de remplacement. Ces armes sont servies par toute une panoplie d’organes sensoriels qui permettent aux requins d’entendre, de sentir, de voir et de goûter leurs proies. Les requins entendent avec leurs «oreines», localisées dans la boîte crânienne, et leur système latéral qui leur permet un «toucher à distance»; ils peuvent percevoir les vibrations sonores d’une source située à plus de 2 kilomètres. La sensibilité olfactive est particulièrement bien développée chez les requins, qui sont de véritables «nez» capables de détecter de faibles concentrations de sang dans l’eau de mer, de l’ordre d’une partie pour un million. La sensibilité gustative est mal connue chez les requins, car l’expérimentation est difficile ; cependant, nombre d‘espèces ont des bourgeons gustatifs dans la bouche. La vision des requins est adaptée à la lumière diffuse et atténuée du milieu marin ; ils ne voient pas très bien en couleurs, mais ont en revanche une excellente vision crépusculaire et nocturne. Enfin, les requins sont dotés de récepteurs électrosensitifs : les ampoules de Lorenzini.

Des amours mordantes!

Les requins s’accouplent pour se reproduire : le mâle possède des organes copulateurs, les ptérygopodes, qu’il introduit dans le cloaque de sa partenaire sur laquelle il se maintient en la mordant sur les flancs ou au niveau des nageoires pectorales. Leur taux de fécondité est faible (quelques dizaines d’œufs pour les plus prolifiques), mais il est compensé par une meilleure survie des jeunes du fait d’un mode de développement ovovivipare ou vivipare. Quelques requins, comme les roussettes, sont ovipares : elles pondent des œufs enfermés dans une coque cornée, qui est attachée à un support sur le fond de la mer. Les périodes de gestation sont longues : de deux à vingt- quatre mois. Un phénomène singulier de nutrition, qualifié de cannibalisme intra- utérin, est observé chez quelques lamnidés : les embryons les plus forts se nourrissent des œufs non fécondés et des embryons les plus faibles.

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