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À la recherche du niveau de sélection : Les cibles de la sélection naturelle

Vous êtes ici : » » À la recherche du niveau de sélection : Les cibles de la sélection naturelle ; écrit le: 28 juin 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014




Les paragraphes qui précèdent montrent que l’information génétique est la cible de la sélection. Celui qui la transmet, l’avatar (terme emprunté à Gouyon et al 1997), n’est qu’un véhicule. On peut schématiser cette approche en disant que « les individus ne sont que des artifices créés par les gènes pour se reproduire». R. Dawkins (1989) l’écrit de façon différente quand il dit : « nous sommes des machines à survie, des robots programmés à l’aveugle pour préserver les molécules égoïstes connues sous le nom de gènes ».
Cette approche un peu abrupte doit cependant être modulée.

  • Si les informations portées par l’avatar ne constituent pas un bloc mais ont une logique sélective propre, il n’empêche que chacune est transmise en même temps que d’autres. La sélection qui s’exerce sur une information aura des conséquences sur d’autres informations portées par le même avatar. Une information pourra donc être indirectement sélectionnée car elle est liée à une autre information directement sélectionnée. L’unité de sélection ne serait donc pas un individu, ni un gène, mais un lot de gènes. De même un caractère sur lequel s’exerce la sélection est rarement codé par un gène unique situé en un locus précis.
  •  Certains complexes de gènes sont transmis en bloc et la sélection s’exerce sur l’ensemble des gènes du complexe (cas des gènes intervenant dans le mimétisme, dans la résistance aux parasites, cas des homéogènes).
  • Dans une reproduction sexuée, seule la moitié de l’information est transmise. Il ne suffit donc pas qu’une information génétique maximise le succès reproductif de son avatar pour qu’elle soit sélectionnée. Là réside un des problèmes évolutifs posés par la reproduction sexuée . Une femelle lors de la reproduction sexuée ne transmet que la moitié de ses gènes (allèles) alors que par parthénogenèse elle les transmet tous.
  • La sélection naturelle n’explique pas tous les mécanismes de l’évolution. La fréquence d’un allèle peut varier au cours du temps pour des raisons totalement aléatoires .
  • Il ne faut pas déduire de l’action de la sélection naturelle que les espèces sont adaptées de façon optimale à leur environnement. Ainsi, le Grand Panda est un Mammifère qui appartient à l’ordre des Carnivores. Il se nourrit pourtant uniquement de bambous. Mais il a conservé le tube digestif court et dépourvu de micro-organismes symbiotiques de ses ancêtres dont l’alimentation était uniquement camée. Il doit donc passer un temps considérable à s’alimenter afin de compenser la faible efficacité de sa digestion par l’ingestion d’un volume important de nourriture . L’héritage des espèces limite souvent de la sorte leur capacité à s’adapter de façon optimale à leur environnement et notre monde « est un bricolage de fortune construit à partir de pièces détachées disponibles dans chacun des contextes laissés par l’histoire » (Gould 1988).
    Par contre, le concept de survie de l’espèce n’a pas de sens quand il laisse croire que la sélection naturelle favorise l’espèce. Si une espèce survit, c’est à cause d’une sélection qui s’exerce au niveau de l’information portée par les individus qui la composent. L’espèce est seulement le produit de l’évolution et non sa justification.

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