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Des plantes et des bêtes : Fort comme un champignon

Vous êtes ici : » » Des plantes et des bêtes : Fort comme un champignon ; écrit le: 26 mars 2014 par imen modifié le 4 janvier 2019



Près de chez moi, des champignons poussent dans le trot- loir, qu’ ils ont fendu en plusieurs endroits. Comment un orga­nisme aussi mou qu un champignon peut-il passer au travers de plusieurs centimètres d’asphalte ?

Les champignons qui traversent l’asphalte sont certainement des coprins «noirs d’encre» (Coprinus atramantarius), qui poussent sur des débris végétaux. Leurs tiges fonctionnent exactement comme des béliers hydrauliques.

La pression verticale résulte de la «pression de turgescence» des cellules qui constituent la paroi du pied du champignon. Ces cellules croissent à la verticale par addition de matériau membranaire le long de la tige.

La structure principale de ces cellules est un faisceau héli­coïdal de libres de chitine, noyées dans une matrice, de sorte que les membranes cellulaires sont assez semblables à de la fibre de carbone. La chitine est un biopolymère très résistant (celui-là même qui constitue l’exosquelette des insectes) qui confère une excellente résistance latérale aux parois de la cellule du champignon: la pression cellulaire est donc tout entière confinée à la verticale. L’eau pénètre dans la cellule par osmose, et la pression de turgescence qu’elle génère permet au champignon de percer sans difficultés une couche d’asphalte.

Ce phénomène a été étudié il y a soixante-quinze ans par Reginald Buller, qui mesura la pression en posant des poids sur un champignon placé dans un tube à essais. Il trouva une pres­sion égale aux deux tiers de la pression atmosphérique.



Les cellules sont dotées d’un système de capteur qui les met dans une position verticale. Un champignon posé sur le côté se remet rapidement à pousser verticalement.

Une épaisseur d’asphalte de 5 centimètres ne représente pas grand-chose pour la puissance d’un champignon. Un gros coprin chevelu (Coprinus comatus), dans une rue près de chez moi, a soulevé une plaque de pierre de 60 centimètres par 75 et de 4 centimètres d’épaisseur, en 48 heures.

Les champignons poussaient très bien dans les fonderies, à partir du crottin de cheval employé pour préparer la terre de moulage. On y a souvent vu des champignons soulever des morceaux de fonte. Il s’agissait sans doute d’Agaricus campestris ou de champignons analogues. Le mécanisme qui leur permet de tels exploits est tout simplement la pression hydrau­lique des cellules, ou pression de turgescence.

Comme l’a montré Buller, l’exquis et fragile Coprinus sterquilinus exerce une pression verticale approchant les 250 grammes pour une tige de 5 millimètres d’épaisseur. On imagine aisément qu’un champignon plus gros puisse facile­ment percer une route.



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