Inerties et rigidités de l’évolution énergétique mondiale

> > Inerties et rigidités de l’évolution énergétique mondiale ; écrit le: 10 février 2012 par mariouma modifié le 15 avril 2018

Inerties et rigidités de l’évolution énergétique mondiale

La  structure du bilan énergétique mondial de 150 années de croissance rapide de la consommation mondiale en combustibles fossiles pour alimenter la croissance économique  et démographique. Calculé par tête d’habitant, le bilan Étique mondial montre toutefois une grande disparité. Un citoyen chinois consomme en moyenne moins d’une tonne d’équivalent  pétrole par an, tandis qu’un citoyen américain consomme annuellement  près de atones d’équivalent pétrole. Les États-Unis, qui sentent environ 5 % de la population mondiale, totalisent plus de 25 % de la consommation mondiale d’énergie et sont responsables de 25 % des émissions de gaz à effet de serre. Situé entre la Chine et l’Amérique du Nord, le citoyen européen consomme environ 4 tonnes d’équivalent pétrole par an. La Chine et les autres économies émergentes ont besoin de consommer plus d’énergie qu’aujourd’hui pour stimuler leur développement économique, ce qui signifie plus de gaz à effet de serre. Nous revenons encore à « l’équation de Johannesburg ».

Les bilans énergétiques nationaux diffèrent d’un pays à un autre. Chaque pays possède sa propre structure énergétique résultant de sa dotation en ressources, de l’histoire nationale, de son niveau de développement et des choix de politique énergétique. En Chine, le bilan énergétique est dominé par le charbon (environ 70 %), avec ses pollutions associées, locales et globales. La France constitue une exception avec une contribution de l’énergie nucléaire la plus élevée du monde (40 %).

Son voisin italien se trouve dans une position totalement différente : il ne produit pas d’électricité nucléaire tandis que le pétrole et le gaz naturel importés comptent pour respectivement 42 % et 35 %. L’Allemagne garde un bilan beaucoup plus diversifié avec du pétrole (36 %), du charbon (25 %), du gaz naturel (23 %), et du nucléaire (12 %).
Le bilan énergétique mondial et les bilans nationaux révèlent l’inertie et la rigidité des modes de consommation. Derrière les chiffres, il y a toutes les infrastructures associées à la production et à la consommation

d’énergie : oléoducs et gazoducs, pétroliers, raffineries, stations- service, centrales électriques, lignes électriques à haute et basse tension. Il faut aussi prendre en compte les navires, les avions, les trains et plus d’un milliard de voitures et de camions. La plupart des infrastructures associées ont été construites au cours des 150 dernières années.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’électricité a considérablement augmenté sa part dans la consommation d’énergie. Dans la plupart des pays riches, l’électricité est devenue un bien essentiel. Toute panne, n’importe où dans le monde, révèle la forte dépendance de l’économie moderne vis-à-vis de l’électricité. Les systèmes de chauffage non-électriques ont eux-mêmes besoin d’électricité pour leur mise en route et leur fonctionnement.
Une analyse des systèmes énergétiques nous invite à réfléchir sur les raisons pour lesquelles les êtres humains consomment de l’énergie. Il s’agit tout simplement de satisfaire certains besoins très spécifiques, qui varient, en qualité et en quantité, d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre. Cinq catégories de besoins peuvent être identifiées :
– Besoins de chaleur : chaleur à basse température pour le chauffage des locaux, la cuisson, le lavage. Chaleur à haute température pour la production de biens par des procédés industriels (aluminium, acier, chimie, etc.).
– Besoins d’énergie mécanique pour le transport des êtres humains et des marchandises ainsi que pour les procédés industriels (percer,

laminer, presser, etc.). L’énergie mécanique peut être produite par un grand nombre d’instruments : les moteurs à vapeur, les moteurs électriques et à combustion interne, les turbines…
– Besoins d’éclairage. Le progrès dans l’éclairage   de la bougie au (?h/. de ville, des lampes à huile aux ampoules électriques  a joué un  décisif pour accélérer l’industrialisation, allonger le temps de travailler  et améliorer la qualité de la vie.
– Besoins de matières premières. Certaines sources d’énergie primaire  sont utilisées directement comme matières premières : le coke sort à la production de l’acier, le pétrole et le gaz servent de matières premières pour l’industrie pétrochimique (plastiques, textiles, migrais, caoutchouc synthétique).
– Les besoins spécifiques d’électricité se sont développés à la fin du Six” siècle, quand les ampoules ont remplacé l’éclairage au gaz. l’induite, le développement rapide des moteurs électriques (pour l’industrie, les ascenseurs, les appareils ménagers) puis des ordinateurs ont accru les besoins spécifiques en électricité. Aujourd’hui, un électricité de haute qualité est devenue un bien essentiel dans notre vie  quotidienne, pour le confort, le travail, les loisirs et les déplacements.

À partir des besoins humains, on peut analyser l’organisation des diverses chaînes de valeur énergétiques et la façon dont elles entrent non concurrence. Cela aide également à identifier, pour chaque forme il’miorgie, les coûts économiques, mais aussi les coûts sociaux qui y «oui associés en termes de pollution, émissions et autres externalités, Mes question qui devient cruciale dans la perspective d’un développement durable. Prenons trois exemples : le secteur des transports, la production d’électricité, l’urbanisme.
Los transports : au cours des 150 dernières années, le transport a lie. fortement contribué à façonner les systèmes énergétiques nation aux ont mondiaux et à structurer les économies modernes. Le pétrole I m ni marché et abondant a provoqué une croissance très forte  automobile et du transport aérien. Personne ne prêtait alors attention  au  coût social des systèmes de transport. Aujourd’hui, nous réalisons que le secteur des transports représente 14 % des émissions de jour  à effet de serre ; nous découvrons que les coûts sociaux de certains 111< m lus de transport sont beaucoup plus élevés qu’envisagé initiale- un ml. I.es travaux de recherche récents mettent en évidence les coûts Mucilage associés à la pollution locale (la pollution de l’air, qui provoquent  maladies et des décès prématurés, le bruit, les embouteillages) ni n lu pollution globale. En ce qui concerne la pollution globale, nous  gardons  à l’esprit que les émissions de gaz à effet de serre ont le même effet, où qu’elles soient générées. Une tonne de C02, qu’elle soit  en Chine ou en Finlande, aura le même effet au niveau plané- tulle. Les choix individuels de mode de déplacement ont un impact mu la consommation d’énergie et les émissions. Le besoin de mobilité peut être satisfait, selon la distance, à pied, à bicyclette, en voiture ou à moto, en utilisant les transports publics ou en prenant l’avion. Les transports illustrent le conflit entre la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Les conséquences d’un voyage entre Paris et

Les choix individuels sont déterminés par le prix (taxes comprises], la sécurité, le confort, ainsi que par la valeur que chaque individu donne au temps (y compris celui qu’il faut pour aller à l’aéroport ou à la gare).
— La production d’électricité a également représenté un facteur important dans l’édification des économies modernes, qui sont de plus en plus dépendantes de l’électricité pour leur fonctionnement quotidien. La production d’électricité est aujourd’hui responsable de 24 % des émissions de gaz à effet de serre. Le choix de la technique de production est un autre exemple illustrant les choix économiques associés à la concurrence entre les différentes chaînes de valeur énergétiques. Pour construire une nouvelle centrale, une entreprise a le choix entre différentes techniques (nucléaire, thermique, hydraulique, solaire, éolienne) et entre divers combustibles (charbon, gaz naturel, fioul). Le choix final est basé sur le coût de production d’un kWh par la nouvelle centrale, en dépit des incertitudes entourant l’évolution des coûts (coûts en capital, prix du combustible). Si les coûts sociaux sont pris en compte, les différentes technologies concurrentes n’auront pas le même impact sur l’environnement et, par conséquent, n’auront pas le même coût pour la société. L’évaluation des coûts sociaux associés à la production d’électricité a été menée par la Commission européenne par le biais d’une longue série d’études intitulée « Externe   » (CE, 2003). Les résultats montrent que l’éolien, le nucléaire et, dans certains cas, la biomasse, sont les mieux placés en termes d’externalités 3.

Urbanisme. Deux villes de même population, Atlanta aux États- I luis (2,5 millions d’habitants) et Barcelone en Espagne (2,9 millions), Illustrant l’extrême différence entre les empreintes environnementales  des zones urbaines. La première couvre une superficie de I .’110 km2, la deuxième une superficie de 162 km2. Les émissions minimales par habitant à Atlanta sont de 7,5 tonnes de C02 alors ils  ne sont que de 0,7 pour Barcelone4.
L’analyse des systèmes énergétiques montre qu’aujourd’hui l’énergie  ni l’environnement sont étroitement liés. Toutefois, cette relation n’est  pas encore intégrée dans les choix individuels et les politiques l’indiques. Le rapport Stern l’indique clairement : « Ceux qui émettent ils gaz à effet de serre, qu’ils produisent de l’électricité, fassent tour-usines, brûlent le gaz sur les torchères, abattent les forêts, se déplacent en avion, chauffent leurs maisons ou conduisent , ne sont pas assujettis à payer les coûts du changement climatisation résultant de leur contribution à l’accumulation de ces gaz dans les »sphère. » Selon les termes de Stern, ce constat traduit « le plus  échec des mécanismes de marché dans l’histoire économique »
weatest market failure in économie history). Nous sommes au i mur de l’opposition entre les biens privés et un bien public spécifique  est le climat. Il s’agit également d’une invitation à appliquer un principe économique de l’internalisation des externalités, ce qui  montre que les gens doivent payer pour les dégâts qu’ils font subir .

Cependant, pourquoi les pays en développement devraient-ils Ini vih pour changer une situation dans laquelle ils portent très peu de la possibilité ?
Les  systèmes énergétiques actuels sont caractérisés par leur inertie ni  rigidité. Inertie et rigidité peuvent être observées à deux ils vaux différents : les structures et les comportements. La structure ils .systèmes énergétiques couvre l’organisation de l’industrie, la bipartition actuelle entre les combustibles, l’existence d’une politique. Les infrastructures ne peuvent pas être transformées rapidement, mais seulement à la marge. Les délais sont longs. Un cas  structurel intéressant, mais tout à fait exceptionnel, a été ni de la France, quelques mois après le premier choc pétrolier

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