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Je suis ce que je mange

Vous êtes ici : » » Je suis ce que je mange ; écrit le: 25 janvier 2012 par Mahfoudhi modifié le 17 novembre 2014

Je suis ce que je mangeÀ l’instar des voies respiratoires, le tube digestif constitue lui aussi une incursion du milieu extérieur à l’intérieur de nous-mêmes. De­puis la bouche jusqu’à l’anus, le tube digestif est en parfaite continui­té avec le monde extérieur. Mais le lien qu’il établit entre ces deux mondes va beaucoup plus loin. Il est le siège d’une véritable invasion d’éléments extérieurs vers le sang, et donc vers l’intérieur du corps. C’est même sa principale fonction.

La digestion

En effet, en quoi consiste la digestion ? Il s’agit ni plus ni moins d’une série de phénomènes mécaniques et chimiques qui ont pour ré­sultat de permettre à des molécules diverses d’entrer dans le sang. C’est grâce à lui que tous les éléments nutritifs, qu’ils soient solides ou liquides, peuvent entrer dans notre corps et surtout être utilisés par les différents organes.



Mais cette opération n’est pas une mince affaire. Il faut faire passer la nourriture à travers la paroi du tube digestif puis la paroi des vaisseaux

sanguins et la rendre transportable par le sang. Bien évidemment, cela nécessite de réduire tous ces aliments en éléments beaucoup plus petits : en nutriments. En effet, les nutriments sont des substan­ces utilisables telles quelles par les cellules. Ainsi, toute substance en transit dans le tube digestif subira des transformations dans le but de devenir assimilable par l’organisme. Mais la taille et la nature des pro­duits conditionnent la facilité de transformation et donc leur rapidité d’assimilation par l’organisme.

Les aliments composés de matières solubles et facilement dissocia­bles seront bien sûr assimilés les plus rapidement. Certains mêmes ne subiront aucune modification si leur taille est suffisamment réduite pour traverser directement la paroi intestinale. C’est le cas notam­ment de l’eau et de toutes les substances qui s’y trouvent dissoutes. On comprend dès lors les risques liés à une qualité d’eau insuffisante. Les autres aliments, de taille trop importante, subissent un découpage particulièrement efficace, qui transforme une simple pomme en un cocktail impressionnant d’éléments nutritifs élémentaires, c’est-à- dire à l’état de molécules solubles. Devenues suffisamment petites pour traverser la paroi du tube digestif, ces molécules solubles pénè­trent dans le sang.

Le fonctionnement du corps humain

Même si on voit bien que la présence de molécules issues directement de notre environnement constitue un contact plus qu’étroit avec l’extérieur, notre degré d’intimité avec notre environnement ne s’arrête pas à l’entrée de molécules dans notre sang.

Que deviennent tous ces éléments en libre circulation à travers le corps tout entier ?

La moindre pensée nécessite l’implication de nombreux neurones qui communiquent entre eux par des impulsions électriques ou par l’émission de signaux chimiques, bouger un bras, digérer, respirer… Tous ces phénomènes ne sont pas magiques. Ils sont régis par les mêmes lois que celles que nous subissons au quotidien, même si cela se fait à une autre échelle.

Ainsi comme pour les activités humaines, la moindre activité biologi­que

nécessite de l’énergie et des matières premières.

Un renouvellement permanent

Les organes doivent fonctionner, les cellules qui meurent doivent être  remplacées, les tissus blessés réparés. Et certains organes produisent des substances biologiques nécessitant l’assemblage de molécu­les diverses. La peau est une enveloppe constituée en surface de cellules mortes qui ne cessent de s’user et qu’il faut sans cesse remplacer. Le tube digestif est entièrement renouvelé tous les quatre jours, victime lui aussi des sucs digestifs, comme la nourriture qu’il digère. En fait, l’ensemble du corps, même si les délais sont différents d’un tissu à un autre, subit un renouvellement permanent, ce qui lui permet ainsi d’assurer son intégrité.

Mais ce renouvellement permanent nécessite des matières premières que le corps ne peut pas créer, et c’est dans le sang que chaque organe puise ce dont il a besoin. Ainsi toutes les substances présentes dans le sang sont susceptibles d’être utilisées par l’organisme. Notre peau, nos muscles et toute la matière qui nous constitue proviennent de ce qui a été assimilé grâce à la digestion et donc est issu du milieu extérieur. Finalement, le renouvellement de notre corps s’apparente à un vrai jeu de construction. Nous démontons à l’état de pièces essentielles ce que nous mangeons, pour ensuite les assembler et les transformer en peau, en os, en protéines…

Nous sommes faits de ce que nous mangeons

La matière qui nous constitue est faite des mêmes briques élémentaires qui forment la matière des plantes, des animaux. En nous en nourrissant, nous établissons un transfert permanent de matière entre l’environnement et nous-mêmes.

Cette notion est inconsciemment admise en ce qui concerne les en­fants, en tout cas elle est assez facile à imaginer. Nous les voyons grandir et de cette façon nous voyons le transfert de matière s’opérer sous nos yeux. En revanche, il est beaucoup moins évident d’en pren­dre conscience chez les adultes, et cette continuité de la matière qui nous lie au monde est souvent ignorée.

Pourtant nous sommes le reflet de la composition de notre environnement, et la moindre substance qui s’y trouve est d’une façon ou d’une autre intégrée dans nos tissus. D’ailleurs en analysant la composition chimique des cheveux, on détecte bon nombre de polluants qui ont été présents dans le milieu au moment de leur pousse. Il est même possible d’en faire l’historique, les cheveux étant fabriqués en continu sur plusieurs mois.

Nous sommes donc tous le résultat d’un assemblage original de la matière qui nous entoure.

L’homme : reflet de son environnement

La conscience et l’image que nous avons de notre corps jouent un rôle essentiel dans l’importance que nous accordons aux problèmes de pollution.

Nous nous représentons notre corps comme une entité bien définie. Nous nous imaginons bien séparés du monde extérieur, à l’abri derriè­re la peau. La réalité est très différente. Nous avons des contours dif­fus. Nous sommes une sorte d’éponge traversée par une grande partie des éléments chimiques qui nous entourent. Nous sommes un lieu d’échanges permanents de matières transportées par l’air, dans le­quel nous baignons et par la nourriture que nous absorbons. Ainsi, quoi que nous fassions, nous ne pouvons pas nous soustraire à notre environnement, nous en sommes même le reflet.

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