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La maison : un piège à polluants

Vous êtes ici : » » La maison : un piège à polluants ; écrit le: 24 janvier 2012 par Mahfoudhi modifié le 17 novembre 2014

La maison : un piège à polluantsSi la pollution due aux automobiles, aux industries, etc. paraît désormais évidente, on oublie trop souvent que la maison représente de plus en plus un véritable piège à polluants. Non seulement nous vivons dans un espace confiné – et même de plus en plus confiné du fait de la généralisation et de l’amélioration des techniques d’isolement thermique – mais nous partageons notre espace de vie avec de plus en plus d’hôtes indésirables, qui vont des acariens aux moisissures, transmises par les végétaux, les aliments ou les animaux de compagnie.

De plus, notre univers intérieur est envahi par une multitude de produits chimiques aux effets pour la plupart encore inconnus. Non seulement on y trouve tout ce que nous avons cité plus haut, mais aussi des fibres de verre dans les isolants (quand ce n’est pas de l’amiante, mais nous y reviendrons) ; des « composés organiques volatils », un groupe de produits chimiques que l’on rencontre dans les peintures, vernis, laques, colles, moquettes ; les aldéhydes, comme le formol, que l’on rencontre dans les shampooings, vêtements, désinfectants, produits d’entretien, produits pour la toilette et le bain ; des pesticides, que l’on utilise allègrement dans les appartements sous forme de sprays, alors que leurs effets pour cet usage n’ont guère été testés ; et enfin une multitude de produits comme les retardateurs de flamme bromés, utilisés pour rendre moins inflammables des produits comme les téléviseurs ou les ordinateurs, les phtalates, les paraffines et des dizaines de molécules que l’on rencontre dans nos objets de la vie quotidienne. Ce sont au total des centaines voire des milliers de molécules, aux combinaisons inconnues, qui vivent sous notre toit, et qui participent peut-être à la destruction de notre santé.



Des poussières peu respirables

Un autre type de substances polluantes se retrouve dans l’air. Il s’agit de particules solides, extrêmement légères et de taille réduite, et c’est tout simplement de la poussière. Bien sûr, leur nature détermine leur toxicité mais pas seulement. Leur taille et leur concentration dans l’air sont des facteurs importants, car leurs effets sur la santé dépendent essentiellement de leur niveau de pénétration dans l’organisme.

Tant que les poussières sont piégées par les filtres des voies respiratoires, elles ne présentent pas de danger immédiat et sont éjectées de l’organisme mécaniquement. En revanche, si elles réussissent à franchir ces barrières, elles deviennent un problème. Les poussières ont une taille comprise entre à 0,001 pm et 100 pm. En toute logique, ce sont les poussières les plus petites qui parviennent le plus facilement à atteindre les poumons.

Cependant, les plus grosses peuvent aussi poser problème quand elles sont particulièrement abondantes dans l’air. L’organisme peut alors se trouver incapable de faire face et d’éliminer les poussières qui finissent par encrasser les voies respiratoires et les poumons.

Deux types de poussières

On a l’habitude de distinguer les poussières en deux types. On parle de fibres quand elles sont de formes allongées, et de particules quand leur forme est plus indéterminée. Quoi qu’il en soit, elles sont libérées dans l’air par les matériaux qui nous entourent : tissus, bois, papier, béton, matériaux d’isolation… Cette émission peut être due à l’usure engendrée par des actions mécaniques : frottements répétitifs, ponçage, découpage, perçage… ou tout simplement à cause d’une désagrégation naturelle et progressive de la matière elle-même. Dans ce dernier cas, le moindre courant d’air se charge de poussière. C’est ce qui se passe pour des matériaux pelucheux tels que ceux utilisés pour l’isolation, du type laine de roche et de verre.

D’autres particules quant à elles, sont émises dans les fumées. Elles sont particulièrement nocives car elles sont le résultat de combustions incomplètes dans les appareils de chauffage au fioul, les moteurs automobiles (diesels principalement), les feux de toutes sortes, les incinérateurs et les unités thermiques de production d’électricité fonctionnant au fioul ou charbon.

Les effets sur la santé

Les effets sur la santé de ces polluants ne résultent pas d’une contamination chimique interne de l’organisme. Ils sont trop gros pour pénétrer à travers les tissus et arriver dans le sang comme peuvent le faire les gaz. Ils font partie de ces composés qui agissent au niveau de la zone de contact, là où ils s’accumulent. Et quand tous les moyens mécaniques de filtration et d’évacuation des voies respiratoires ne suffisent pas à les éliminer, le système immunitaire entre en jeu. Son action est de détruire ou neutraliser les éléments qui gênent ou blessent les cellules. Le métabolisme se charge d’un certain nombre de composés qui finissent par être détruits. Des cellules particulières que l’on nomme macrophages, se chargent de les ingérer par phagocytose et de les détruire. Il s’agit en fait d’une sorte de digestion dans le tissu même des voies respiratoires. Et les lésions éventuelles pourront être cicatrisées. Malheureusement, quand il s’agit de composés très stables chimiquement, l’arsenal chimique et biologique dont dispose le système immunitaire est dépassé. Il tente malgré tout de les neutraliser. Mais si l’organisme ne peut les éliminer, leurs effets persistent. Fibres et particules demeurent alors, voire s’accumulent si l’exposition continue en provoquant des inflammations chroniques et des lésions permanentes. C’est le cas de l’amiante, dont les fibres se plantent littéralement dans l’épithélium pulmonaire. Et ce sont autant de portes ouvertes aux attaques microbiennes et de causes de diminution de la capacité respiratoire.

Les fibres et particules dans notre environnement

Parmi ces polluants, les fibres et les particules minérales se sont rendues tristement célèbres. Depuis la fin des années 1990, on a beaucoup entendu parler de l’amiante dont l’utilisation est interdite en France depuis 1997. Pourtant, ses effets sur la santé sont connus depuis 1905 et l’amiante est reconnue responsable d’un cancer spécifique, le mésothéliome, depuis 1960.

Moins récemment, du moins en Europe, les poussières de charbon ont aussi fait de nombreuses victimes parmi les mineurs et leurs familles. La silicose, reconnue maladie professionnelle, a été la principale cause de mortalité des mineurs, jusqu’à ce que les techniques et les équipe­ments permettent de neutraliser la poussière produite lors de l’extraction. Toutefois, la pollution par les fibres et les poussières concerne aussi les milieux du textile, du bois, les métiers du bâtiment et toutes les activités générant de grandes quantités de poussière. Certes, les premières victimes sont souvent les professionnels de ces secteurs d’activités ; cependant, le grand public est lui aussi exposé. L’amiante a été massivement utilisé dans la fabrication de nombreux produits tels que flocage d’isolation, fibrociment, plaquette de frein, grille-pain, etc. Si bien qu’aujourd’hui nous risquons tous d’y être exposés dans notre vie professionnelle et privée. Les autorités sanitaires prévoient d’ailleurs une augmentation importante des pathologies et en particulier des cancers liés à l’amiante dans les années à venir. De plus, nous sommes entourés de nombreux matériaux produisant des fibres, notamment ceux utilisés comme isolants dans les bâtiments. De même nous respirons un air contaminé par de nombreuses combustions. Les transports automobiles émettent quant à eux une quantité non négligeable de particules dans l’atmosphère des villes.

L’amiante

Les composés d’origine minérale présentent un danger particulier à cause de leur grande stabilité chimique. L’amiante, par exemple, est un matériau capable de résister à des températures particulièrement éle­vées. Alors, comment l’organisme pourrait-il fournir assez d’énergie pour le dégrader et l’éliminer ? Et d’ailleurs les éléments émis lors de la combustion d’une cigarette sont toxiques exactement pour les mêmes raisons. Des molécules produites à des températures de l’ordre de 600 °C ont toutes les chances de poser un sérieux problème à l’organisme. C’est d’ailleurs la même problématique avec les microparticules issues de combustions qui sont produites à des températures très élevées de plus de 600 °C. Ces molécules sont particulièrement stables et défient les ca­pacités de notre métabolisme cellulaire. D’où le risque de cancers liés à ce type de substances.

Le même problème se pose pour tous les matériaux imputrescibles. En effet, s’ils résistent à la dégradation biologique, c’est-à-dire à l’ac­tion des micro-organismes responsables du pourrissement, comment nos propres cellules pourraient-elles agir dessus ? Alors qu’en est-il pour les matériaux qui présentent de telles caractéristiques ? Peut-on vraiment penser que leurs effets sur la santé sont nuls ?

Des questions commencent à être posées à propos des laines de roche et autres laines de verre, utilisées abondamment pour l’isolation ther­mique et acoustique. Sont-elles vraiment sans danger ? Elles sont déjà impliquées dans des problèmes d’allergie. Quant à d’éventuelles ma­ladies spécifiques, il est encore trop tôt pour évaluer leur impact à l’échelle d’une population.

Gare aux insecticides domestiques !

Si les insecticides font l’objet d’un contrôle sévère dans les utilisations agricoles ou vétérinaires, ce n’est pas toujours le cas pour d’autres produits tels que les tue-mouches, antimites, anti-acariens et autres insecticides que l’on peut se procurer dans n’importe quel supermarché ! Selon une enquête réalisée en 2005 par le magazine 60 Millions de consommateurs, ces pesticides à usage domestique sont loin d’être anodins. Ils peuvent déclencher des crises d’asthme, des rhinites, des trachéites allergiques, et doivent être maniés avec pré­caution. Mais le plus grave est que beaucoup de ces produits ne font pas l’objet d’une homologation préalable et renferment parfois des substances dangereuses. Selon un test réalisé par la revue de consom­mation, du dichlorvos a été détecté dans un antipucés, et dans un in­secticide, alors que cette substance est classée comme étant cancérigène. D’autre part, du paradichlorobenzène a été trouvé dans deux antimites, substance dont l’inhalation est cancérigène et pour lequel le bureau européen des produits chimiques a recommandé de réduire l’exposition des consommateurs !

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