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La mémoire du temps passé : Comprendre la mémoire

> > La mémoire du temps passé : Comprendre la mémoire ; écrit le: 13 juillet 2013 par imen modifié le 8 novembre 2014


Comprendre la mémoire humaine

Tenter d’élucider les mécanismes de la mémoire c’est se confronter à l’un des problèmes scientifiques majeurs du siècle, disent Larry Squine et Erik Kandel, prix Nobel, qui ont écrit un livre remarquable pour faire le point sur les recherches actuelles et proposer leur théorie de la mémoire. Selon eux, une nouvelle synthèse, celle de la biologie moléculaire et des sciences de la cognition, devrait permettre des progrès importants dans un domaine qui reste encore bien obscur. Pour l’instant, selon ces chercheurs américains, la mémoire est faite de deux systèmes fondamentaux, qu’on pourrait définir comme la mémoire consciente et la mémoire inconsciente, qu’on appelle aussi mémoires explicite et implicite, comprenant l’une et l’autre deux formes, à court et à long terme, de quelques minutes à plu­sieurs jours au moins. La mémoire à court terme se transforme en celle à long terme grâce à Faction de gènes et de protéines qui agissent sur les cellules nerveuses du cerveau pour fixer les souvenirs, mais sur lesquels nous ne savons que peu de choses.
La mémoire consciente est celle qui inscrit un épisode spé­cifique du passé, qu’on pourra ensuite se rappeler. C’est la mémoire au sens commun, celle des faits, des noms, des idées, des événements. Nous savons très peu de choses sur la façon dont s’opère son stockage, et encore moins sur la manière dont nous récupérons à volonté les souvenirs, un phénomène encore plus intriguant. Il ne semble pas qu’il existe un centre exclusi­vement consacré à la mémoire, il est possible, au contraire,qu’une grande partie du cerveau participe à cette opération complexe.
La mémoire inconsciente est celle qui enregistre les millions d’impressions que nous ressentons tous les jours par nos organes des sens, sensations visuelles, tactiles, auditives, mais aussi odeurs. Bien qu’elle échappe à notre pensée réfléchie ou qu’elle n’y participe que de façon inopinée, cette mémoire inconsciente est très importante. C’est celle qui nous permet d’acquérir une habileté motrice, sans que nous soyons obligés de nous souve­nir de chacun des gestes qu’il faut accomplir pour cela. Grâce à elle, nous pouvons marcher, conduire, descendre un escalier, écrire, de façon quasi automatique, sans avoir à nous rappeler à chaque instant de tous les mouvements qu’il faut faire, dans un ordre précis, pour réaliser ces gestes et parvenir au résultat. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty a bien analysé son impor­tance. « Même si je ne garde aucun souvenir des tableaux que j’ai vus, toute mon expérience esthétique, désormais, sera celle de quelqu’un qui a connu la peinture de Van Gogh. » Ou encore : « L’existence assume toujours son passé, en l’acceptant ou en le refusant. Nous sommes tous, comme disait Proust, juchés sur une pyramide du passé […] Il faut admettre l’acqui­sition comme un phénomène irréductible. Ce que nous avons vécu est et demeure perpétuellement en nous. Chaque présent qui se produit s’enfonce dans le temps comme un coin et pré­tend à l’éternité. » La mémoire inconsciente est souvent sauve­gardée chez ceux qui ont perdu la mémoire consciente, les amnésiques. C’est probablement la seule qui existe chez les animaux. Nous utilisons constamment les deux systèmes de mémoire simultanément, et tous deux font intervenir des liaisons entre les cellules nerveuses de notre cerveau, les neurones, mais pas nécessairement les mêmes.
Nous ne possédons pas tous au même degré les divers aspects de la mémoire, laquelle peut avoir une prépondérance visuelle, auditive, voire olfactive ou, plus abstraite, afin de pou­voir mieux retenir les concepts, les chiffres, c’est la mémoire des mathématiciens Les joueurs d’échecs ont une mémoire visuelle exceptionnelle, qui leur permet, non seulement de reconstituer des dizaines de parties, mais de jouer contre plu­sieurs adversaires sans voir l’échiquier. Les musiciens ont, bien entendu, la forme auditive spécialement développée, qui peut aller jusqu’à ce qu’on appelle la mémoire « absolue », c’est-à- dire la faculté d’identifier un son sans référence à d’autres. On ne peut devenir comédien si l’on ne possède pas une excellente mémoire des textes – laquelle s’acquiert parfois avec l’usage. Les élèves des écoles musulmanes parviennent à apprendre le Coran par cœur. Certains ont une mémoire que l’on qualifie de « synesthésique », ce qui signifie qu’elle associe plusieurs sen­sations. Us attribuent, par exemple, une couleur aux lettres, aux chiffres ou aux objets. C’était le cas du romancier Vladimir Nabokov ou du peintre Kandinski : il entendait les couleurs et goûtait les formes. Une observation faite sur les chauffeurs de taxi londoniens a montré qu’ils disposaient d’une mémoire spa­tiale, développée au cours de leur entraînement, que les cher­cheurs ont localisé dans une partie bien précise de la base du cerveau, appelée l’hippocampe. Des serveuses de restaurant observées par un psychologue américain étaient capables de se souvenir des ordres pour vingt repas complets d’une table, c’est-à-dire six cents données.

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