La pollution dite " naturelle "


La pollution dite « naturelle » désigne les substances nuisibles que la nature émet d’elle-même, sans intervention humaine : gaz et cendres des volcans, fumées des incendies déclenchés par la foudre, poussières du désert, pollens ou gaz issus des sols. Elle rappelle que la pollution n’est pas seulement le fait de l’activité humaine. Elle se distingue toutefois de la pollution d’origine humaine par sa nature souvent ponctuelle et par la capacité des écosystèmes à l’absorber.
Les principales sources naturelles
- Les volcans rejettent des cendres, du dioxyde de soufre et d’autres gaz. Une grande éruption peut injecter des particules jusque dans la stratosphère et refroidir temporairement le climat de la planète.
- Les incendies naturels, provoqués par la foudre, libèrent des fumées, des particules fines et du monoxyde de carbone.
- Les poussières minérales soulevées par le vent dans les déserts traversent parfois des milliers de kilomètres : les « pluies de sable » du Sahara qui atteignent l’Europe en sont un exemple connu.
- Les embruns marins chargent l’air en particules de sel.
- Les gaz des sols et des milieux humides : le radon, gaz radioactif naturel issu de certaines roches comme le granite, peut s’accumuler dans les habitations ; les marais et zones humides émettent du méthane.
- La végétation émet des composés organiques volatils, qui participent à la formation d’ozone en présence d’autres polluants.
Les pollens, une pollution biologique
Chaque année, au printemps et en été, les réseaux de surveillance mesurent la concentration de pollens dans l’air. Ces poussières végétales sont sans effet pour la majorité des gens, mais elles déclenchent rhinites, conjonctivites et crises d’asthme chez les personnes allergiques. En raison du nombre de personnes concernées, les pollens sont considérés comme un enjeu de qualité de l’air et font l’objet d’alertes. Leur impact peut être renforcé par l’activité humaine : certaines plantes très allergisantes, comme l’ambroisie, se répandent sur les terrains remués, et la pollution urbaine peut rendre les voies respiratoires plus sensibles.
Naturel ou humain ? L’exemple des marées vertes
Un organisme inoffensif peut devenir nuisible lorsqu’il prolifère au point de déséquilibrer un milieu. Les marées vertes qui touchent certaines côtes de Bretagne en sont un exemple : des algues vertes du genre Ulva s’accumulent sur les plages, puis, en se décomposant, dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz toxique. Ces algues sont bien naturelles, mais leur prolifération est due en grande partie à l’excès de nitrates apportés par les rivières, principalement d’origine agricole. Ce cas montre que la frontière entre pollution naturelle et pollution humaine est souvent floue.
Pourquoi distinguer les deux ?
Les émissions naturelles existent depuis toujours et les écosystèmes y sont adaptés ; elles sont souvent localisées dans le temps, comme une éruption ou un incendie. Les pollutions humaines, elles, sont continues et s’ajoutent à ce fond naturel. Mesurer la part naturelle d’une pollution est donc essentiel pour fixer des objectifs réalistes et pour ne pas imputer à l’homme ce qui ne relève pas de lui, ou l’inverse.
Se protéger
Face aux pics de pollens ou de poussières, les personnes sensibles peuvent suivre les bulletins de qualité de l’air, limiter les efforts en plein air lors des épisodes, aérer aux heures les plus favorables et consulter un médecin en cas de symptômes respiratoires. Dans les régions concernées par le radon, une aération régulière et une mesure dans le logement sont recommandées.


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