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Le cerveau et la pensée : La pensée

Vous êtes ici : » » Le cerveau et la pensée : La pensée ; écrit le: 12 juin 2013 par imen modifié le 12 novembre 2014

Le cerveau et la pensée sont par eux mêmes d’une extrême complexité. Leurs relations le sont plus encore : de la matière d’un organe émane l’immatériel.

LA PENSÉE1

La pensée est un mystère que, depuis des siècles, tentent d’élucider les scientifiques et les philosophes.
La pensée englobe des milliers d’opérations mentales : observer, juger, calculer, mémoriser, se comporter, se poser des questions, imaginer une réponse, se souvenir, mesurer le temps qui passe, choisir une place, un siège, apprécier une œuvre d’art, réfléchir au lendemain… en sont les manifestations. Les neurophysiologistes parlent de processus cognitifs, de cognition plus que de pensée.
La pensée doit-elle s’accompagner de la conscience de soi ? La conscience de soi serait l’un des fondements de l’intelligence humaine et serait l’apanage de notre espèce. Les Hominidés, chimpanzés, gorilles, se reconnaîtraient dans un miroir et, vers la fin de leur deuxième année, l’enfant aussi prend conscience de lui, ce qui ne signifie pas qu’ils aient conscience d’eux-mêmes et de leurs pensée et de celles des autres. Faut-il refuser la qualité de penser à tout phénomène psychique inconscient ? L’inconscient ne serait pas pensée alors que le subconscient peut l’être. Il arrive que nous résolvions inconsciemment des problèmes… et nos rêves sont des témoignages de pensée. Pendant l’éveil, la pensée ne s’arrête pas, la conscience et le cerveau sont toujours actifs.
En ce siècle, de grandes découvertes ont permis d’approcher le mécanisme des fonctions supérieures de l’esprit :
•    Dans les mécanismes des fonctions affectives et mentales : euphorie, tristesse, peur, colère, angoisse, amour, dégoût… intervient le cerveau « hormonal » autant que neuronal. Le cerveau baigne dans le milieu sanguin humoral et hormonal. Il est de plus générateur de neurohormones, de neuromédiateurs qui interviennent au niveau de la transmission synoptique.
•    Les techniques d’imagerie cérébrale, tomographie par émission de positons (TEP) en particulier, permettent d’observer le cerveau en plein travail et de découvrir les liens entre l’activité psychique et les centres cérébraux.
•    L’événement des ordinateurs et du langage informatique a conduit à comparer les activités de la pensée aux opérations des machines de l’intelligence artificielle. L’esprit serait au cerveau ce que le pro¬gramme est à l’ordinateur ?Dans l’explication des mécanismes de la pensée, deux courants s’affrontent : Le symbolisme les décrit comme un emboîtement de modules à l’image des poupées russes. Les symbolistes dit aussi cognitivistes considèrent que les étapes du traitement de l’information succèdent les unes aux autres. Chaque étape est gérée par un module spécialisé. Les modules peuvent s’emboîter les uns dans les autres selon une organisation logique et hiérarchique. La pensée consiste en la manipulation de symboles selon des règles logiques. Pour lire un mot, nous commençons par décoder des traits et des courbes comme une lettre, ensuite d’un ensemble de lettres un son, et enfin d’un ensemble de sons un mot signifiant. Les différentes étapes de traitement sont prises en charge par des systèmes isolés appelés modules. On pourrait localiser chaque module en un point du cerveau. En somme, les symbolistes conçoivent la pensée comme une poupée russe. Si on ouvre une première poupée, on en trouve une autre plus petite représentant un aspect plus simple de la cognition, par exemple la mémoire ; dans cette poupée mémoire se cache une autre poupée… Chaque poupée a sa place dans le cerveau ; elle recevrait l’information de celle qui lui est inférieure.
Le connexionnisme conçoit le cerveau comme un immense réseau de connexions semblables à un filet de pêche et comparable à un ordinateur. Des informaticiens sont allés jusqu’à penser que certains circuits électroniques pourraient être doués de pensée. En fait, les raisonnements ne sont pas reproductibles par des algorithmes. Les connexistes s’opposent aux symbolistes : ils déclarent que l’on ne peut pas étudier la pensée sans tenir compte des contraintes liées à la structure du cerveau. De plus, ils déclarent qu’en raison de la rapidité avec laquelle l’information est traitée alors que l’influx nerveux est lent, il faut postuler un traitement parallèle ; il faut que les différents aspects de l’information soient traités en même temps par différentes unités et que les unités de traitement soient connectées entre elles. Ils conçoivent la pensée comme le résultat de l’activité d’un immense filet de pêche ou d’un énorme réseau constitué par les millions de neurones et les milliards de synapses.
On peut se demander quels sont les domaines de la cognition dans les¬quels les poupées russes et les filets de pêche interviennent. Il y a rapprochement et combinaison admise et non plus opposition entre symbolistes et connexionnistes. La mémoire est construite dans des réseaux interconnectés. Composante essentielle de l’intelligence, elle est « imprimée » dans le cerveau dans des assemblaqes spécifiques, mais remodelables
connexions interneuronoles.
La pensée n’est pas le propre de l’homme .Il est évident que  les animaux ont des états mentaux ; ils ne sont pas de simples machines,comme l’a dit Descartes. Ceux qui réagissent, agitent des tentacules, ferment des pinces ou des mâchoires, jettent du venin… ne le font pas en résultat d’une réflexion mais de mécanismes biologiques automatiques, comme il s’en déclenche en nous : les cris, la pâleur, les pleurs, la fuite… On ne peut pas appeler ces réactions des prémices ! On retient quelques cas de manifestations de capacités cognitives chez les Invertébrés : la pieuvre fait preuve d’intelligence  et, chez les Vertébrés, nombreux sont les exemples : certains Oiseaux, des Cétacés (le dauphin) et des Singes. Jamais on n’observe de processus cognitifs comme le langage, si ce n’est peut-être chez le dauphin : « le delphinois ».
La pensée et le langage. On a pu dire « Pas de pensée sans langage ». Le neurologue Pierre Marie déclara en 1906 que les aplasiques qui ont perdu une partie ou tout de leur capacité langagière ont une diminution marquée de leur capacité mentale. « Quand je ne parle pas je ne pense pas », disait Alphonse Daudet. Cette idée est contestable : les animaux : Singe, chien, dauphin et autres… ne parlent pas mais ils pensent. Les aptitudes psychiques de ces animaux ne sont pas seulement un pro¬gramme instinctif. Ils ont des états mentaux, des stratégies, des capacités d’abstraction. Ils communiquent par cris, mimiques et gestes. Des chimpanzés ont expérimentalement appris à reconnaître un mot qui désigne une chose… Le nouveau-né et le bébé de moins de deux ans pensent et ne parlent pas encore. Ils n’ont pas conscience de leurs actes du moins au sens dans lequel nous l’entendons. Jean Piaget (1896-1980) a observé la genèse de la pensée du nourrisson à l’adolescent (voir page 123). Vers 2 ans, le bébé peut produire de 20 à 100 mots ; il y a de grands écarts individuels. Les sourds-muets mettent leur pensée dans le langage des signes. Si la pensée est liée au langage, elle n’est pas conditionnée par lui ; des pensées non verbales existent, des représentations visuelles, olfactives, auditives… sont des pensées sans qu’il soit nécessaire qu’elles soient verbalisables.
« Peut-on penser sans mot ? » D. Laplane pose la question . Certains aphasiques perdent avec le langage la capacité de penser sauf de façon très élémentaire. D’autres, au contraire, s’adaptent. Le patient aphasique reste un handicapé : il perd parfois une partie de sa somatognosie.
La localisation des fonctions neurologiques motrices, sensitives, sensorielles, est allée en se précisant ; il n’en est rien pour les fonctions psychiques. On ne sait pas dire si, pour différentes variétés de pensées, interviennent des points précis spécialisés ou tout le cerveau ? Les moyens d’exploration du système nerveux actuels, tels les techniques d’imagerie cérébrale, permettent de découvrir la possible localisation de certaines fonctions psychiques.2 Il est tout d’abord intéressant et utile de rappeler les idées émises au sujet d’une hiérarchie possible des centres du cerveau au sommet desquels pourrait se situer un centre supérieur de la pensée.



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