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Le temps du vivant : Le langage des abeilles

> > Le temps du vivant : Le langage des abeilles ; écrit le: 8 juillet 2013 par imen modifié le 7 janvier 2019


 Le langage des abeilles

L’une des plus surprenantes démonstrations des capacités des animaux à jouer avec le temps fut publiée, un peu après la der­nière guerre mondiale, par le naturaliste autrichien Karl von Frisch, qui expliqua comment les abeilles butineuses indiquent 1? leurs congénères l’endroit où elles ont trouvé du pollen. A la suite de patientes observations commencées bien avant la guerre, il apporta la preuve que les abeilles « parlent » à leurs congénères restées à la niche, en dansant. Cette danse, qui se passe soit dans la ruche, soit juste à l’extérieur, sur le seuil, est une sorte de frétillement, qui se fait, soit en rond, soit en « huit », suivant la distance à laquelle se trouve la nourriture et elle est d’autant plus rapide que cette nourriture est plus proche et abondante. On constate aussi que la danse des abeilles buti­neuses a une fréquence qui est en relation directe avec le temps qui s’est écoulé depuis qu’elles ont trouvé le pollen.
Ce qui est tout à fait remarquable, c’est que les butineuses indiquent très précisément la direction dans laquelle il faut aller, en dansant suivant un axe qui correspond, sur la verticale du rayon de la ruche, à un angle bien précis par rapport à la direc­tion du Soleil. Si la danse forme un angle de 40° vers la gauche, cela veut dire que le pollen se trouve à 40° à gauche de la ligne qui relie la ruche au Soleil. Si le Soleil ne brille pas, les abeilles se basent sur son rayonnement en ultra violet ou sur la polarisa­tion de la lumière. Von Frish montra à l’un de ses collègues incrédule comment dansaient les abeilles et lui demanda d’aller, sur ces indications, chercher de l’eau sucrée qu’il avait placée dans la campagne : l’incrédule la trouva sans difficulté.
Les observations et les expériences de von Frisch montrent clairement que les abeilles doivent avoir le sens du temps. « Les abeilles, écrit-il dans ses Mémoires, ont besoin, pour s’orienter, non seulement de points de repère qu’elles ont appris à reconnaître, mais aussi du Soleil, dont elles se servent comme d’une boussole. Quoique sa position change du matin au soir, elles peuvent à tout moment retrouver la direction qui les intéresse. Cela nécessite deux données : la connaissance de l’heure et celle de la position du Soleil à cette heure précise. Grâce à une horloge interne très exacte et à une connaissance fondée sur l’expenence de la course quotidienne du Soleil, ces deux conditions sont remplies. »
Si, après le retour de la butineuse, pendant la nuit, on change a ruche de place, en la mettant dans un environnement complètement différent, et que l’on modifie aussi l’orientation du trou d envol par rapport au Soleil, on s’aperçoit que cela ne trouble pas les abeilles. Elles repartent au matin dans la direction où eues avaient trouvé la veille leur nourriture. Cela signifie qu elles peuvent évaluer le changement de position du Soleil. Ce qui reclame de leur part une estimation par rapport au temps indispensable lorsqu’on veut se servir du Soleil comme d’un compas. Cela se vérifie aussi lorsqu’on donne l’habitude aux abeilles de venir chercher de la nourriture à des heures données : eues ne se trompent jamais, elles arrivent bien au moment fixé même si l’on n’a plus placé de nourriture. Le réflexe, lié à l’horoge interne, fonctionnera pendant plusieurs jours avant que I abeille se lasse de ne rien trouver. Von Frisch fit de nombreuses fois l’expérience : il plaça près de la ruche des plats qui n’étaient remplis d’eau sucrée que de 10 à 12 heures ; il a suffi de peu de temps aux abeilles pour comprendre, et elles ne venaient qu’à ces heures. Si l’on n’avait rien mis dans les plats, elles cher­chaient alentour – mais jamais après 12 heures. Ce n’était pas la faim qui les poussait, puisque la nourriture était régurgitée à leurs congeneres lorsqu’elles rentraient à la ruche. On a plus récemment, transporté des abeilles de New York en Californie ce qui a retardé leur horloge interne de trois heures, et a fait que I angle du Soleil par rapport à leur ruche était différent. D’abord désorientées, les abeilles n’ont mis que trois jours pour s’adapter a leur situation nouvelle, remettre leur pendule à l’heure et comprendre où était le Soleil. Il semble même que les abeilles disposent de ce qu’on appelé une « horloge sociale ». Par exemple des abeilles dressées à chercher de la nourriture à une heure donnée peuvent communiquer cette information à toute la colonie qui l’acquiert en très peu de temps.

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